Antonio Gambuzza

  • L’Assemblée fédérale, le pouvoir et les Calendes grecques

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    On devrait en rire tellement les raisons relevées par la presse helvétique sont divergentes. La composition de l’Exécutif fédéral est de la compétence exclusive de l’Assemblée fédérale. Aucun parti ne peut avoir une majorité absolue et, pour élire ou non une personnalité, cette Assemblée doit trouver une majorité qui se profile dans les caucus de partis.

    La faiblesse de notre Constitution qui éprouverait la stabilité politique de la Suisse serait une élection partielle en cours de législature. Heureusement celle-ci n’est possible que lorsqu’un membre du Conseil fédéral décède ou qu’il soit atteint dans sa santé. La réalité est que les règles sont tacites et sujette à interprétation. Il est devenu coutumier pour nos élus de partir un peu avant ou un peu après, provocant entre chaque élection populaire un brassage partiel de l’Exécutif.

    Les références du passé n’ont rien de commun avec ce qui s’est produit le 11 décembre. En effet, le souvenir des manœuvres PLR/UDC pour éjecter Ruth Metzler et le coup de Jarnac du PDC avec l’éviction de Christophe Blocher. Les élus 2019 ont privilégié la dissociation des changements entre les chambres et l’Exécutif, ce qui relève de leur compétence exclusive, car il est parfaitement normal que l’élection d’un collège se déroule dans la sérénité la plus totale. Entre les anciens et nouveaux élus doivent s’effectuer la transmission des règles et coutumes, afin que les demandes trouvent une réponse efficiente dans la mesure du temps politique.

    Pour autant, Les Verts devaient proposer une candidature et, si dans le lot des remarques de cette Presse toutes ont leur part de vérité, il n’en demeure pas moins que le temps politique des partis compte tout autant et met en avant leur rapport au pouvoir. Le message des Verts est très clair ; le temps de la formule magique a vécu, comme les trente glorieuses et l’époque des guerres empiriques. Si pendant celles-ci le pays s’est épargné les combats, certains citoyens trouvaient un précaire avenir dans les troupes belligérantes marquant sans cesse le premier pas de l’interdépendance entre les peuples.

    Aujourd’hui, Les Verts sortent vainqueur de leur non-élection et à plus d’un titre. Si chacun veut conjuguer économie et écologie, les moyens sont tellement divergents que Les Verts ne pourraient en aucun cas soutenir tous les projets sans se compromettre comme les Socialistes et le transfert de charge de la Confédération vers la population avec la LAMal.

    Alors quoi, tout est vacuité et langue de bois ? pas si sûr ! Madame Amaudruz a ouvert une brèche en rappelant que Les Verts auraient pu briguer le poste de Chancelier ; Bigres une esquive frontale qui pourrait avoir le goût de l'amertume. Pourtant cette proposition est des plus habile car pour donner de l’âme aux projets et du corps aux textes législatifs, quoi de mieux que d’en être le premier auteur.

    Certes il faudrait que le poste soit vacant mais l’espoir est de mise, la durée moyenne des mandats de chancelier est de 7 ans. Après une législature de pression et de combat, Les Verts auront la possibilité de briguer non pas le pouvoir, mais l'expresion de son éminence grise.

     

    Antonio Gambuzza

  • L’exécutif fait des râles  

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    Voilà une campagne bouclée. Bien évidemment, des pleurs des rires des victoires et des déceptions. Ce qui ne change pas ; les provocations, les stratégies et les velléités de représentation à notre exécutif.

    Les provocations viennent de partout. De la presse, des partis en place comme de leurs champions. Les journalistes qui, sous couvert de lever un scoop prêchent le faux pour savoir le vrai, cherchent parfois à devancer les stratégies de partis en se fiant à leurs instruments de sondage. Certains vont jusqu’à affirmer que les élus qui ne leur donnent pas tort ont eux-mêmes déclaré les sujets de leurs enquêtes.

    Cela devient même risible car pour se défendre, certains n’hésitent pas à se défendre avec un "ainsi va la vie". Ma nièce de 4 ans est justement dans sa période verbale « c’est la vie » cependant je n’attends pas d’elle une information objective ou une observation conjoncturelle de notre pays au sortie des urnes.

    La réalité du 21 octobre n’est pas de savoir si Les Verts doivent intégrer le Conseil fédéral mais si la future représentation de l’Exécutif adoptée par l’Assemblée fédérale est fondée ou non. Notre système indirect et bicaméral permet des modifications à mesure que le parlement s’adapte aux enjeux politiques et pour garantir une stabilité, connaitre les forces représentatives du pays nous devons…

    Le soir du 2ème tour des élections aux Etats, nous aurons une image précise de la composition politique du pays et seulement ce soir là, les 242 élus pourront alors élire leurs pairs afin de représenter la volonté populaire dans l’arcane administratif qui régit la vie des citoyennes et des citoyens de ce pays.

     

    A Genève, bien que nous observons une inversion des leaders du débat politique, le jeu d’alliance se déroulerait au centre avec le PDC en arbitre à ceci près que le nouvel élu tient plus du jeune cadre dynamique que du militant écologiste, pendant que le PLR devra se positionner pour un renouveau ou le maintien du système traditionnel qui voudrait que l’ancien forme le nouveau. Comme si les élus se réunissaient pour définir une stratégie commune sur des enjeux clivants comme la mobilité, l’aménagement du territoire ou la fiscalité. Ils sont le visage fédéral de notre canton et tiendront leur caucus avec leurs homologues de partis. Ils devront apprendre des uns et des autres pour se retrouver ponctuellement à représenter Genève pendant les coupages de rubans.

    En ce 21 octobre 2019, les électrices et électeurs genevois peuvent se targuer d’avoir une image cantonale en adéquation fédérale mais imaginer une Conseilllère (du sérail) ou un Conseiller fédéral écologiste se ferait au détriment de la stabilité immédiate de la Suisse. Il faut avant tout identifier lequel de nos sept sages est le moins en adéquation avec le renouveau politique. Ensuite, soit refondre la formule magique avec la logique de bloc auquel cas se sont les courants politiques qui doivent se répartir les places leur revenant en plaçant le PDC à droite, soit en totalisant les sièges des deux chambres auquel cas ce sont les partis qui devront renoncer ou gagner une place à cet Exécutif. Peu importe la manière, c'est pendant la session d’automne 2020 que le remplacement devrait se réaliser.

    Ce qui représente la force de notre pays c’est sa stabilité et sa représentativité, les élus les plus anciens devraient s’en rappeler et au bon moment, leur révérence tirer.

     

    Antonio Gambuzza

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  • L'effronterie, Me Poggia et le principe de Peter

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    Me Poggia sur son séant installé ne supporte plus le contrôle parlementaire. Rien de plus normal quand le parti que vous représentez fonctionne de manière verticale.

    Notre chevalier blanc de la santé accompli un travail qui se remarque au point que les lobbys de cette branche ont obtenu l’augmentation des franchises pour gagner une meilleure rente légale, à son nez, à sa barbe et sa lutte contre la Lamal.

    Si son approche de la loi sur la police est pragmatique, ses échanges avec le Président de l’ACGe fructueux, il ne peut balayer d’un revers public de la main les critiques de son organe de contrôle. Puisqu'une coalition d’élus s’opposent à la nomination de son conseiller, il faut alors leur expliquer quels seront les tâches et les objectifs en précisant quels résultats sont attendus.

    La légèreté du ton employé par la Presse laisse à penser que Me Poggia prend la chose par-dessus la jambe et pourtant. Jusqu’à présent il a su se préserver des écarts politiques pour se placer dans la droite ligne du ni de droite ni de gauche.

    Avec la LPol, c’est de droite et de Gauche que se fondera le compromis. On peut donc se demander quelle est son intention première d'embaucher le stratège du désastre de cette loi. Faut-il lisser le terrain de cet universitaire pour son accession à de plus hautes fonctions fédérales, laver son honneur et sa réputation, faire valoir une clause contractuelle du précédent contrat ou pire, une volonté de faire ressortir du contour de cette loi des éléments accablants afin d’enfoncer la tête d’un adversaire politique qui ose encore bouger après sa raclée administrative?

    A vouloir prendre dans son équipe au minumum son égal et flirtant avec le principe de Peter, je souhaite au Magistrat Poggia d’avoir dans les mains autre chose qu’un pétard mouillé car je doute qu’après une déconvenue sur la refonte de la LPol il puisse se représenter à une élection ou même pratiquer librement son art oratoire, hors Revue G’nevoise bien entendu.

     

    Antonio Gambuzza    

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