Antonio Gambuzza

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    Depuis début mars, chacun est devenu virologue, épidémiologiste, éthicien ou simplement névrosé par cet assourdissante incertitude qui plane dans nos prédictions, nos souhaits et nos espoirs. Chacun râle pour une courbe, un chiffre, une absence d’aide mais chacun sait que l’autre en sait moins que soi.

    Pourtant, que le Covid-19 se propage les autorités l’espèrent mais patiemment, afin de permettre le bon fonctionnement des services sanitaires universitaires, régionaux et privés. Sans faire l’apologie de la Lamal, on peut dire que pour le moment notre organisation a permis de contenir l’épidémie. Je ne peux cependant m’empêcher de comparer ce qui n’est pas comparable; les systèmes de santé qui nous entourent et à ce jeu, seule l’Allemagne fait mieux.

    Sans tout connaitre de ce fabuleux pays au régime alimentaire si peu méditerranéen, je constate que c’est l’universalité des soins qui est garanti ainsi qu’une très bonne connaissance des comorbidités de la population avec des patients sous traitements. Cette universalité n'est pas théorique, elle est concrète, sans errance pharmaceutique ni limitation d’accès. Devant le succès du pragmatisme germanique, Monsieur Berset devra-t-il s’opposer aux prochaines modifications de cette Lamal qui nous met à mal? La réponse est Oui, sans équivoque! Une augmentation de nos franchises éloignera la population des soins médicaux.

    L'hypothétique diminution des franchises devra être imposée sans répercussion sur les primes car cette mesure soutien un effet indirect sur les coûts de la santé. Une autre mesure d'économie et de transparence sanitaire; faire supporter les maladie chroniques par l’assurance invalidité. La raison en est très simple, les médecins factureraient le suivi de ces maladies à l’A.I. et non au patient. L’assurance sociale pourrait alors effectuer un contrôle et adapter les remboursements en cas d’abus des professionnels de la santé.

    Dans tous les cas, tous devront trouver les moyens de mettre en place une politique de santé universelle voulue par la Confédération et la population qui s'oppose à la logique de marché prévalante chez les assureurs privés. Aujourd'hui plus que jamais ils semblent avoir la main-mise sur l’ensemble de la chaine sanitaire, enfin par beau temps seulement…

    La gestion de l’après Covid-19 devra faire l’objet d’une sincère introspection en lieu et places des traditionnelles auto-congratulations pourtant méritée par les acteurs demeurés au front. La question de la solidarité internationale devra être remise au centre des priorités car début mars, la condescendance de la RTS a laissé place à une vraie stratégie de communication nationale dans laquelle le pays fait office de bon élève en venant au secours des puissants de l’U.E. mais en délaissant plusieurs régions frontières entre le Valais et les Grisons.

    Même après Armée XXI rien à changé en terme de stratégie. Mu par l'impossibilité de vendre leurs denrées dans leurs marchés intérieurs pour cause de chômage technique et vacuité politique, le sud de l’Europe continue de nous alimenter en produits consommables, .

    La sécurité sanitaire, la santé économique du pays garantie par la durabilité des moyens de productions devront être les deux axes du prochain millénaire, non seulement de nos autorités fédérales mais également des Nations et des conglomérats de Nations.

     

    Antonio Gambuzza

  • Le COVID-19, les élections communales et l’ego

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    J’entends ici et là certains politiciens donner de la voix sur ce que devrait faire le Conseil d’Etat genevois concernant les élections du 5 avril.

    Au premier tour la Ville de Genève comptait 16 candidats et elle en compte encore 12 pour le second. Étonnamment les 8 mieux placés n’appellent pas au report tout en regrettant de ne pas avoir su créer une alliance à deux candidats. On le voit, tout chaloupe entre calcul stratégiques et mesure d’ego.

    A Lancy la droite fait le forcing même si le recul du Conseil municipal présage un maintien des résultats du premier tour. Du reste je n’ai toujours pas compris pourquoi cette même droite ne s’est pas mise en accord pour déclencher une élection tacite. Il y a plus d’écart entre le 3ème candidat et le 4ème tous deux de l’Entente qu’entre le 2ème et le 3ème, séparé par leur famille politique mais issus du sérail des élus sortants. A l’opposé, Vernier verra une lutte acharnée pour une bascule des compétences.

    Au final, je suis très fier de ma commune, Plan-Les-Ouates. Les candidats à l’Exécutif communal ont pris acte du résultat sorti des urnes et se sont prononcés pour un retrait de leur candidature au 2ème tour, les uns après les autres, sur le plateau de Léman Bleu. Suite à leur Assemblée générale, les Socialistes de Plan-les-Ouates ont pris acte de la préférence électorale pour leur colistier Vert Mario Rodriguez et on soutenu sa candidature unique pour les élections du 5 avril. Merci à eux de vivre la politique à la mesure du quotidien.

    Le Conseil fédéral à quant à lui annoncé que les mères (ou les pères) devant rester à demeure pour animer la vie de famille seront également prise en charge. Une mesure historique dans la considération du travail domestique.

     

    Antonio Gambuzza

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  • L’économie, le Covid 19 et la mauvaise foi

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    Petit tremblement de terre dans les médias télévisés locaux lors de l’intervention du magistrat genevois de l’Economie. Hormis les messages controversés des « hateurs » habituels, les opportunistes en campagne électorale et les rares défenseurs du ministre sur la page Fb de Léman Bleu, la grande majorité des commentaires concernaient les rentes à vie des élus exécutifs et plus particulièrement celle du magistrat désormais honni.

    Sur ce dernier sujet, l’historique de la rente va de pair avec le devoir de réserve et récompensent également une disponibilité de tous les instants pendant une durée d’au moins huit ans. Aussi saugrenu que cela paresse, cela implique l’interdiction de vendre des carnets d’adresse ou des informations classifiées, bref, on récompense la discrétion méritée de nos anciens élus.

    Néanmoins, PM a légitimité et même stratégiquement intérêt à intervenir et faire savoir que le gouvernement garde un contact étroit avec les acteurs qui font vivre 1mio de personnes dans la région. Alors effet d’aubaine sans aucun doute mais c'est bien la psychose ambiante qui le remet au centre de la vie politique.

    N’y a-t-il donc pas une mauvaise foi aussi détestable tant des uns en regard de l’attitude supposée arrogante de l’intéressé? La question cardinale n’est pas de débattre sur son action mais d’entendre que les présidents des faîtières de notre tissu économique recherchent des leviers d'action pour limiter les effets de cette situation inattendue.

    Essoré à 12'000 tours par minute par le pouvoir judiciaire (comme tout citoyen) notre ministre tente une remontada politique dans laquelle il déploie des trésors de bienveillance et d’altruisme.

    Alors je me permets ici deux ou trois réflexions à son attention et ses détracteurs car il est impératif de se souvenir que :

    • Nous ne sommes pas un corps constitué mais un corps électoral
    • Qu’il faut venir avec un bilan et non des intentions
    • Que cette situation est sans précédent (loi de 2016)
    • Que la psychose ambiante n’est pas immanente du Conseil d’Etat
    • Que même Genève doit encaisser le choc et réagir

    Personnellement je préfère les bilans d'actions concertées aux annonces. Même si l’amplification du canal médiatique peut se révéler un formidable accélérateur, il n'en demeure pas moins  une option de dernier recours.

    Concernant cet épisode de la vie politique genevoise, la tâche du ministre Maudet sera favorisée par son talent opérationnel même si l’interview était trop longue et que les réponses étaient trop détaillées. Mais ce qui a attisé les réactions c’est le mot d’ordre; celui-ci a renforcé l’antipathie des trolls. Aucune référence aux évènements en cours et pour cause, il n'y avait rien à entendre sur le changement de business model de la République. Fini les cadeaux et les échanges de prestations qui ont accompagné pendant longtemps les négociations commerciales. Les mentalités actuelles appellent à une attitude de moines trappistes, mêlant bénéfices, éthique et la volonté de redistribuer le produit de l’impôt dans la qualité de vie quotidienne, parfois jugée superflue par le citoyen-électeur-payeur-receveur.

     

    Antonio Gambuzza 

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