16/04/2018

Union démocratique genevoise en marche

Personnellement j’octroyais à  M. Stauffer le pouvoir surnaturel de faire le quorum à lui tout seul.

Ses facéties politiques, son discours simple et efficace n’ont pas suffi à convaincre une frange de la population qui semble avoir pris la clé des champs afin de bouder la nouvelle ligue néolibérale pour laquelle le tribun s’est vendu corps et âme. Une ligue pour les personnes hors normes financières mais pour laquelle la finance mondiale ne semble plus vouloir investir en Suissssssssss. Il n’en fallait pas d’avantage, le bouillon des super-riches était trop salé pour la soupe populaire.

 

Malgré un homme qui sait capitaliser sur ses certitudes et se vendre au prix qu’il s’estime, lors de son départ et ses déclarations apaisantes, rien ne paraissait clair; ancien collègue voire un ami, spécialiste de la question genevoise... Voilà une formule plutôt étonnante pour quelqu’un qui a cultivé l’adversité et le passage en force.

 

La recette qui a fait son succès pendant 10 ans avait le vent en poupe, renonçant à sa vie politique à grand renfort de déclaration de presse, le sabordage du MCG était-il vraiment son quitte ou double politique ? Trop intelligent pour ne pas avoir appris de ses précédents échecs, sa candidature au Conseil d’Etat dissimule mal le mélange quasi universel du fric, des affaires et du pouvoir. Ses colistiers l’ont semble-t-il repêché comme un atout pour lancé Genève sur une orbite de République indépendante. Pourrait-on  lui jeter la pierre, quand bien même fusse l’ivresse du pouvoir qui aurait guidé les intentions de notre trublion. Qui n’aurait pas enfourché à nouveau son destrier pour briller sous les feux de la rampe.

 

A combattre sans péril on ne peut vaincre sans gloire dit l’adage. Le plus grand service qu’a pu rendre E.S. à ses anciens colistiers c’est de les avoir combattus, d’avoir perdu et de repartir face à ceux qui paraissait encore pour le maillon faible du parti.

 

A cette heure, quel est son héritage pour les années futures ?
Hors MCG, une respectabilité des militants qui ne cherchent pas de bouc-émissaires à leur problèmes, des leaders de partis qui peuvent enfin conduir leur réflexion au-delà du droit supérieur pour mener à bien une politique territoriale de l’emploi.

 

Intra-muros, Le MCG doit ses gènes dominants à E.S. mais il ne peut se targuer de lui avoir livré son ADN. Comme toute filiation, apparaissent les digressions constituées par de nouvelles personnes donnant un élan intéressant pour ce parti qui surf toujours avec des idées sociales et économiques fortement imbriquées. Au contraire de ce qui a pu être dit, leur manque de lisibilité n’était que le reflet de dissensions internes qui devraient maintenant s’estomper.

 

Ironie du sort, c’est bien des personnes traditionnellement de gauche et déçue par l’absence de fibre sociale d’E.S. qui ont rejoint les rangs de l’Alternative (+7 sièges) alors que la progression du PLR se marque surtout sur le recul de l’UDC (-3 sièges) l’Entente ne reprenant que 2 petits sièges à cette formation désormais rescapée d'un infanticide politique.

 

Durant les 5 années à venir, l'arène démocratique genevoise sera aux soins intensifs. Pour séduire à nouveau, le MCG devra se défaire d’une partie de ses communicants non pas pour moins taper  sur le frontalier mais pour mieux expliquer son volet social et s’il y parvient, qui des Socialistes ou des Verts en feront les frais ?

 

Le discours auto-centré de la formation à la Rose risque de connaitre son chant du cygne à vouloir écarter trop vite son cousin Verts bien mieux disposé à évoquer l'équité financière des entreprises, bien plus adroit sur les questions environnementales et qui peut se targuer de connaitre un volet social plus adapté au territoire genevois clivé par deux rives mais également par une division ville-campagne qui ne se dompte pas.

 

 

Dans la quiétude de voir à nouveau la vie politique touner autour de projets et non de scandales,  je vous souhaite, Monsieur Stauffer, le meilleur des bon vents dans votre siège brésilien, d’où vous pourrez diriger vos sociétés valaisannes.

 

From Geneva with love. 

Antonio Gambuzza

20:13 Publié dans Air du temps | Tags : #ge18, eàg, les verts, les socialistes, pdc, plr, udc, mcg | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

27/03/2018

Ramadan, les jeunes et le transfert de personnalité

Depuis les années 90 et la guerre des Balkans, les musulmans d'Europe continentale ont trouvé une terre d’asile dans nos contrées, ramenant sur le devant de la scène une personnalité de confession identique et née en terre genevoise en 1962.

Charismatique, cadet d’une fratrie de penseurs religieux, cet homme a grandi avec des genevoises et des genevois peu versé dans l'Islam. Il avait découvert depuis sa naissance les mœurs d'une société qui favorisait peu à peu la mixité entre hommes et femmes, une laïcité héritée d’une culture chrétienne qui s'éloignait des dogmes du Vatican, lui-même en pleine réforme.

Il pouvait comparer son quotidien à une société égyptienne qui s'enlisait dans une politique influencée par L’OTAN qui, comme la majeure partie des pays du Proche-Orient, cherchait son indépendance par tous les moyens. Comme tous les adolescents, il a sans aucun doute imaginé des ponts afin de rapprocher son autre pays nu de droits démocratiques populaires à ce monde versé dans le plein emploi, rêvant peut-être d'un Islam progressiste qui se réformerait par voie populaire. En grandissant, le constat d'incompatibilité n'a visiblement pas faibli cette volonté d'être celui qui rapprocherait les mentalités. 

Pendant les années quatre-vingt, la bonne société genevoise toisait le quotidien d’une culture minoritaire qui embrassait déjà sa spiritualité religieuse dans son entier et refusait de la diluer dans le concept du bien-vivre ensemble. M. Ramadan T. découvrait nos mœurs professionnelles dans nos écoles et autres associations. Devancé par son aîné, il fallait bien qu'il s'affirme pour se faire un prénom. A l'origine, son double langage n'était sans doute pas destiné à mener un combat mais rappeler aux gouvernements successifs les besoins de cette communauté ayant enfin un lieu de culte.

Puis les années nonante souvenez-vous, le village global, les bulles spéculatives, les News Techs, les Bio Techs, les start up et la promesse d’un argent facile et légal mais surtout ce conflit ethnique qui a déchiré une région riche de rites cultuels différents. Prenant un rôle de leader, les deux frères ont créé un climat délétère dans l'intégration de cette nouvelle minorité grandissante, dépeignant une société vernaculaire décadente contre laquelle il fallait résister. Cette population chassée depuis un pays où les relations sont régies par un fort rigorisme identitaire s'est particulièrement heurtée face à notre société qui sépare clairement l’influence religieuse des affaires publiques et promeut la famille comme cellule de responsabilité sociale.

C'est dans ce contexte sulfureux que la partie visible des frères Ramadan s'est vue reprocher de tenir un discours incompatible avec le devoirs de réserves que sont tenus d'observer les employés de l'Etat, revendiquant pour les nouveaux arrivant le droit d'accéder à une instruction publique et adaptée. Ils soutenaient depuis l’intérieur de l'Etat et leur milieu religieux des menus adaptés dans les restaurants scolaires pour les jeunes musulmans et des dérogations systématiques pour les cours mixtes de gym et de piscine. A ce titre, leurs propos se sont toujours teintés d’un prosélytisme forgeant l’idée d’une assimilation rendant les lois coraniques prévalentes sur les lois constitutionnelles.

Dans cette société à géométrie variable, ces penseurs cherchaient-ils la continuité de leurs origines en flirtant chacun à leur façon avec les limites de leur culture familiale contre un monde occidental indivisible où l’on accorde une liberté vestimentaire aux étudiants tout en imposant une laïcité visible dans le monde professionnel? Pensant à juste titre qu’un bouc-émissaire ne résoudrait pas tout, les victimes ignorées de Monsieur Ramadan T. furent renvoyées dos à dos avec leur bourreau, lui-même maculé d'une sanction pour manque de réserve, traçant alors la spirale de la folie des grandeurs d'un homme en crise d'identité.

Dans son parcours teinté de zones d'ombres, M. Ramadan T. a clairement négligé la différence entre la contrainte et le consentement, la renommée et le prosélytisme mais surtout, comme beaucoup d’hommes publics avant lui, il a surfé avec la légalité d'un monde qu'il a lui-même décidé de combattre afin de recevoir sa dose quotidienne d’adrénaline.

 

Une vie est jalonné par nos erreurs nos doutes et nos propres démons. Comme toute les personnes de foi, confondre volonté personnelle et celle ordonnée par son créateur est chose fréquente et, les Frères Ramadan ne font pas exceptions. Aujourd’hui, la mise en examen de Tariq dépasse largement les frontières genevoises et l’opprobre qui l'accable rejailli sur les genevoises et les genevois sans distinction de religion ou d'absence de religion. Ce qu’attendent les citoyennes et les citoyens de ce canton n’est pas une chasse aux sorcières, ce qui est exigé est un vrai travail de conscience pour rendre un peu de dignité aux victimes d’abus qu'ils soient sexuels ou d’autorité, afin de leur permettre de faire le deuil d’une partie nécrosée de leur vie mais surtout, un changement de paradigme qui ne tolérera plus les écarts d'un corps enseignant garant de la construction personnelle et professionnelle des futures générations.

La mise au ban de la numéro 2 du DIP sert de disperserions des prédateurs qui sévissent encore dans nos écoles, sans le consentement de l'État mais avec des deniers publics.

 

 Antonio Gambuzza

18:54 Publié dans Air du temps | Tags : romand policier, nouvelle et autres fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

01/12/2017

Le loup, le renard et la belette,

Les femmes victimes de harcèlement sont dans l'œil du cyclone. Non contentes de subir les assauts de mâles en mode charognard, elles se heurtent au code moral de femmes et d'hommes qui voient en leur comportement la cause première de leurs tourments.

Arrive l'affaire Buttet. Que peut-on lire à son sujet dans l'ensemble de la presse romande? Que ce Monsieur ne nie pas sa liaison extraconjugale, il admet implicitement son comportement mais surtout, digne, calme et confiant, il ne changera pas de cap politique et ne se démettra pas de ses mandats électifs reçus en toute confiance par le corps électoral. Sa nouvelle disponibilité lui permettra sans doute d'assumer ses charges personnellement avant de songer au repos du guerrier, ce qui risque d'en surprendre plus d'un mais passons.

Comment les méandres de ce Monsieur ont-elles réussies à m'atteindre ?

J'étais "Ami" sur Facebook avec le très visible et très remuant Pascal Décaillet, jusqu'à un commentaire sur le post qu'il a alloué selon ses termes à une chasse aux sorcières déclenchée par l'affaire Weinstein avec laquelle il défend le nouvel homme adultère valaisan pris en flagrant délit de harcèlement psychologique envers une famille monoparentale avec comme argument massue sa vie privée.

Sans m'attarder sur les affaires pénales et morales en cours, j'ai osé remarquer dans une publication courtoise de 300 caractères qu'un homme politique renonce de facto à sa vie privée dès lors que son comportement affectif n'est pas protégé par le droit de la famille.

On peut ne pas être d'accord avec mon propos et l'on constate très vite que Monsieur Décaillet et moi partageons peu d'avis communs. Sa réaction à mon encontre est ce qu'elle est. Il gère ou fait gérer son compte Fcebook selon son entendement mais qu'elle surprise de constater que ma publication a purement et simplement disparue.

Je ne revendique aucun traitement particulier mais comme Monsieur Buttet, Monsieur Décaillet est un homme public, producteur d'émissions pour un média local subventionné. Son profil Facebook est son affaire, qu'il manipule la liberté d'expression en est une autre. Pourquoi ne pas simplement supprimer cette relation numérique en conservant mon intervention?

L'activité professionnelle de Monsieur Décaillet dépend en grande partie de la redevance. Sa visibilité audiovisuelle n'est possible que grâce à la qualité de ses émissions mais soutenue par son carnet d'adresse. Si son mandat de journalisme n'est pas en lien avec une déontologie supposée ou réelle, il appartient au directoire de Léman Bleu d'évaluer et au besoin de trancher au cas par cas; cette réaction soulève plusieurs questions qui demeurerons sans réponse mais soyons sincère, c'est davantage Monsieur Décaillet qui a besoin de travailler que son employeur d'un tel journaliste. 

Il est bon de rappeler au lecteur que Léman Bleu est un média audiovisuel régionale. Quand le producteur d'une émission n'a pas le poids professionnel d'inviter les personnes que Monsieur Décaillet semble tenir en haute estime, l'attrait médiatique permet à d'autres intervenants de réagir et de proposer une nouvelle approche aux événements du quotidien, ce que les journalistes d'expériences semblent d'avantage nourrir que couvrir.

 

Antonio Gambuzza

19:20 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Tags : pascal décaillet, léman bleu, yannick buttet, #balancetonporc, tdg | Lien permanent | Commentaires (15) | |  Facebook | | | |