17/09/2018

L'IVG, la contraception et l'île aux enfants.

Comment soutenir les femmes qui souhaitent interrompre une grossesse non désirée?

Par chez nous, la découverte de la reproduction humaine s'appréhende tout au long de la scolarité obligatoire. Hormis quelques escargots de la comprenette, nous savons tous que l'IVG et la pilule du lendemain ne sont pas des moyens de contraceptions.

Depuis 2002, les attaques incessantes viennent toujours des opposants issus du monde religieux. Ils font preuve de stratagèmes et d'arguments fallacieux afin de stigmatiser les mères et les familles recourant à l'IVG, pour l'instant sans succès. Bien que partisan d'un statu quo, je rappellerai ici qu'il ne s'agit pas de condamner ou de juger les uns ou les autres, même si les deux partis présentent leurs phénomènes de foire.

La légalité de l'avortement permet de limiter le risque d'infection, de disposer d'outils efficaces contre les grossesses non désirées, garanti des entretiens confidentiels et factuels mais également des interventions chirurgicales qui protègent la santé des femmes.

L'approche multi-disciplinaires n'explique pas tout. Le coût supporté par les couples et les femmes célibataires complète les arguments du faible recours à l'IVG. Une question demeure; l'infographie de l'article en lien ne présente que des chiffres effectifs et passe sous silence des données plus parlantes comme le parcours scolaires.

Je le rappelle, l'éducation est la clé de voûte d'une société dans laquelle les uns et les autres peuvent cohabiter. Nous ne sommes pas supérieurs les uns des autres et en termes de reproduction nous avons chacun des standards ou des codes bien définis. De cette question pas si anodine je recherche une réponse précise. Quelle est le pourcentage de jeunes femmes ayant suivi un parcours scolaire en établissement privés ont profité de l'anonymat du planning familial ou de la pilule du lendemain pour interrompre une grossesse précoce et non-désirée?

avant de terminer, je souhaite tout de même réagir sur un point. La RTS a diffusé un sujet sur le retour des milieux  anti-IVG en se rendant dans la région Lombarde (Milan) pour montrer des îlots de sépultures dédiées aux déchets hospitaliers issus de l'IVG car en effet, la région de Lombardie a donné son accord pour que les hôpitaux puissent donner (ou vendre) ces restes spécifiques aux associations contre l'IVG.

Si la pratique semble anodine, le sujet montre le témoignage d'une femme qui a reçu une lettre d'exhumation pour un membre de sa famille qu'elle n'a jamais mis en bière. Le sujet ne s'attarde pas sur le ressenti produit par une telle lettre, même si l'on en devine facilement les effets.

Ces associations récupèrent des déchets hospitaliers mais également le nom de leurs anciens propriétaires et la date de l'intervention chirurgicale. Je me demande sur quelle base juridique cela se peut puisque la voûte du citoyen 2.0 est la protection de ses données.

A croire que l'ancienne région élective des Papes a gardé un sens aiguisé de surveillance et de culpabilisation de ses brebis.

Antonio Gambuzza

14/09/2018

Le miroir de l'arrosoir

Pour le nouveau millénaire, Vaud et Genève n'ont pas fusionné mais se sont dotés d'une nouvelle Constitution avec comme même clé de voûte, la Présidence permanente de l'Exécutif. On nous l'avait promis, la représentation institutionnelle demande un mandat plus lisible pour nos partenaires et sera une mesure indispensable sur le long terme. Sans attendre, Genève a emboîté le pas d'un canton de Vaud tourné vers l'avenir dans lequel l'économie est la locomotive du pays Romand.

Dans les deux cantons, cette présidence se gagne au suffrage universel comme si la volonté de se rapprocher un jour était inscrite en filigrane. Dans les deux cantons, cette mesure devait permettre une meilleure représentation extraterritoriale et s'est muée en une très bonne représentation des pouvoirs extérieurs au sein des institutions.

Depuis quelques jours, les voisins de l'arc lémanique ne savent pas s'ils doivent rire ou pleurer tant les affaires distinctes qui frappent la région ébranlent car dans cette histoire, sont souvent évoqués trois volets qui s'enchevêtrent.

a) Sur le plan personnel, le militaire Maudet sera toujours apprécié dans les cercles qui l'ont vu devenir un meneur d'homme remarquable.

b) Sur le plan judiciaire, je souhaite que cela se conclue avec un non-lieu car si sur le fond il n'aurait pas cherché à recevoir un avantage ou à s'enrichir, il devait composer avec des coutumes économiques généralisées qui ne sont pas soluble avec notre micro-culture qui a le mérite de soutenir le dynamisme de la région. Pour preuve, même PM n'a pas su y parvenir.

c) Sur le plan institutionnel en revanche, sa seule appréciation ne pourra suffire à le maintenir en place car le rôle d'un Magistrat est de rassembler et celui d'un Président d'arbitrer. Les circonstances qui ont amené ce psychodrame au devant de la scène publique comme l'absence de culpabilité ne suffiront pas à calmer le jeu et à ce titre, je prends volontiers le pari que sa "vraie" décision deviendra effective après que la justice aura prononcé son acquittement car en restant à la disposition du collège exécutif il fait front sans faillir et il le fait pour son honneur, au prix d'un risque non mesurable pour les futurs candidates et candidats PLR tout en induisant une gouvernance délétère pendant cette période d'errance.

Chacun tirera les conclusions qui s'imposent mais la Commission de gestion du GC ne pourra pas faire l'économie d'une réflexion sur une modification de notre nouvelle Constitution afin de rendre le rôle présidentiel moins vulnérable. Entre réinventer la roue une énième fois et revenir à une formule qui a fait ses preuves je conclurai ainsi:

Errare humanum est, persverare diabolicum.

 

Antonio Gambuzza

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30/05/2018

Le PaV, les citoyens et les toits plats

Voilà un sujet intéressant qu’il s’agit de traiter sous un angle pragmatique, en essayant de ne pas froisser les intérêts des uns sans minimiser les besoins des autres.

D’un côté, des universitaires ayant des diplômes donnant droit à des emplois peu rémunérés, des employés qualifiés dans des emplois à temps partiels, des employés sans qualifications, des cadres supérieurs gagnant moins de 100kf/an etc…

Le quotidien de ces personnes n’est pas à plaindre car le monde dans lequel ils s’activent pourvoit à leurs besoins élémentaires et satisfait leurs besoins essentiels tels que la santé ou l’environnement social. Certains ont même trouvé l’Amour pendant que d’autres sont tolérés pour leur soutien public à la limitation des coûts de la santé.

Puisque Genève a (enfin) consenti au financement d'un transport ferroviaire régional, autant que ces nécessaires nécessiteux trouvent un logement abordable plus loin. Cette idéologie ne se construit pas sur la maxime « œil pour œil » mais sur plutôt sur « ce qui est à toi est négociable » et c’est d’autant plus facile que tout le monde ne rêve pas de devenir capitaine d’industrie, millionnaire ou entourés de jet-setters. Beaucoup souhaitent gagner de quoi vivre avec leur famille afin de conserver l’essentiel de la filiation résumé en trois valeurs; solidarité, respect et traditions.

 

De l’autre côté il y des personnes qui ne veulent plus des conventions équilibrée qui régissent la mixité sociale, la diversité des acteurs fonciers et l’accès à la propriété pour celles et ceux qui souhaitent réaliser un rêve devenu éthéré.

Comment pérenniser un rendement excessif et exceptionnel dans l’immobilier genevois sans vous donner l’impression que l’on vous chasse ? En décortiquant la campagne des opposants au PaV, on se rend compte que c’est toujours la stratégie du pire qui est mise en avant. Vous allez perdre votre emploi, on va faire du social mais pas pour vous etc. Comme dans un numéro de prestidigitation, votre attention est détournée de l’objectif principal.

62% de logements sociaux est l’argument affiché sur un fond pâle et fushia afin de vous faire croire que vos rêves de logements ne pourront être réalisés. Pourtant la recette de ce 4/quart est connue ; 25% de HBM (logement sociaux pour très bas revenus) 25% de HM (pour la classe moyenne inférieure) 25% de loyers libres et 25% de PPe.

Le volume de la classe moyenne inférieure étant en constante augmentation, c’est bien la sensibilité du Conseiller d’Etat et sa loyauté au Collège exécutif qui est remise en question par les opposants car dans cet équilibre, on ne peut finalement changer que la répartition des HM, ce qui constitue un enjeu qui pèse au point que les opposants au PaV donnent l’impression d’être en désaccord avec la politique de nos sept sages alors que c’est bien le beurre et l’argent du beurre qui est en ligne de mire.

Au final, le canton a besoin de logement et la loi qui régit les constructions ne peut s’adapter à la taille de ce gigantesque chantier. Les propriétaires fonciers s’opposent au PaV actuel qui prévoit une densité sans doute trop basse, synonyme à leurs yeux de plus-valus trop faibles.

Et dans ce marasme, le Conseiller d’Etat en charge ne se gênera pas de faire appel à des acteurs qui sont prêt à construire rapidement, avec des acteurs locaux de la construction, pour des logements accessibles durablement et un prix plancher qui pourrait s’adapter vers le haut pour les locataires connaissant une évolution positives de leurs revenus, ce qui plante une paille dans l’œil des opposants, quitte à négocier une sortie honorable (et temporaire?) dans les urnes.

 

Antonio Gambuzza

19:24 Publié dans Air du temps, Humeur | Tags : #pav, tdg, #geneva #genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |