09/09/2017

La retraite, les femmes et le treizième salaire pour les couples mariés

24 septembre 2017, l’enjeu est important. Si l’on ne fait rien, à l’horizon 2030 la caisse AVS sera vide. Le train de mesure soumis au vote populaire permettrait de connaitre les mêmes difficulté à l’orée 2027 déjà. Une question se pose, nous prendrait-on pour des pigeons ?

En réalité, ce train de mesure ne permet pas d’assainir l’AVS mais d’augmenter significativement les rentes des retraités mariés (3’000.-/an au maximum) tout en accordant une compensation aux célibataires. Y aurait-il à Berne une personne suffisamment misogyne pour imaginer que la principale cause de divorce viendrait de l’inégalité entre les couples et les célibataires? Poser la question semble absurde et pourtant, l’augmentation de l’âge de la retraite des femmes n’est pas anodine. Cette révision remet en cause un acquis social important pour les femmes; la non considération de leurs obligations familiales et professionnelles.

Pourquoi nous vend-on le Oui avec comme argument un assainissement alors que les mesures proposées accélèrent la prochaine révision. Que vient faire le deuxième pilier dans cette révision de l’AVS? Pour mémoire les chambres fédérales nous ont gratifié d’une loi qui oblige les fonds de pensions à se capitaliser à hauteur de 80% des rentes versées, mesure prise après le crash de 2007 afin les renforcer face aux risques de crash boursiers. 

Les élus fédéraux ont semble-t-til remarqué que les cantons connaissent des difficultés d’assainissement des caisses publiques de prévoyance. Ne leurs donnent-ils pas un coup de pouce en leur permettant de se recapitaliser sur les cotisations des assurés en abaissant les rentes des futurs retraités? La baisse des rentes du deuxième pilier est une solution acceptable pour le Conseil fédéral simplement parce que les prestations complémentaires sont versées par les cantons. C'est donc un report de charge opéré depuis Berne cette fois combattu par les artisans de la révision précédente.

Depuis 10 ans les marchés financiers semblent offrir des rendements moins importants. Pourquoi imposer aux caisses l’obligation d’investir sur ces véhicules financiers alors qu’il leur est interdit d’être actives dans le crédit à la consommation, d'autant que le remboursement pourrait s’effectuer par prélèvement sur le salaire. 

Personne n’est dupe. Le 24 septembre nous n’assainiront pas l’AVS mais provoquerons une baisse des rentes car si l’on reçoit un peu plus d’un côté (840.-/an minimum et jusqu'à 3'000.-/an pour les couple mariés jusqu'à ce que la mort les séparent) nous perdrons beaucoup de l’autre (800.-/an de rente par tranche de 100’000.- de capital pour tous) sans compter les augmentations de financements directs et indirects.

Si les arguments développés sont fallacieux, ils avancent de nombreux avantages et dissimulent d’innombrable inconvénients, le résultat de cette votation n’empêchera pas le retour en emploi de certains retraités de la classe moyenne, d’’exilés qui priveront la consommation locale de retombées économiques et déchireront des familles entières en fragilisant le développement social de jeunes et d’ados sans parents ni grands-parents.

La Présidente de la Confédération l’a dit, augmenter l’âge de la retraite est une solution pour laquelle l'économie privée n'est pas disposée à faire d'effort. Certes une augmentation des cotisations peut s’envisager mais c’est surtout les restrictions sur le financement de l'AVS et du deuxièmes pilier qui doivent être revues. 

Mais ce travail là n’a pas encore débuté.

 

Antonio Gambuzza

16:02 Publié dans Air du temps | Tags : pv2020, tdg, chvote | Lien permanent | Commentaires (15) | |  Facebook | | | |

22/08/2017

La jeunesse, la guerre et la migration

21 août 2017, le bilan des personnes portant le deuil du terrorisme s’alourdit.

Puisque tout le monde a un avis, je ne vais pas me lancer dans une parabole homérique du pourquoi et du comment. Pendant que certains titrent leur billet Le temps de l’inculture, d’autres se contentent de compter les morts et, drapés dans un ton digne et oppressant, nous commentent l’effervescence des réseaux sociaux sur le sujet. Parfois porté aux nues comme en Tunisie et le premier printemps arabe, ils font l’objet d’une attention si forte qu’il n’est plus nécessaire de s’y abonner pour suivre la fièvre virtuelle de notre société. Une question demeure sans réponse, qui sont ces agités du bocal qui, selon, chargent la foule à bord d’une camionnette où s'exprime leur haine de ce qui est différent.

Dans nos contrées, la religion se vit à l’intérieur. Dans ma contrée laïc, elle n’envahit que très peu l’espace public. A peine une volée de cloche nous dérange le dimanche matin, des croix publiques qui sont davantage un héritage artistique et aucun sanctuaire à la croisée des chemins. Dans les pays du sud, la cohabitation est certainement plus passionnée mais dans ce que l'on nomme le monde occidental, la provocation réside d’avantage sur la mainmise guerrière des échanges économiques et les avancées technologiques qui nous permettent de suivre les conflits armés de notre monde en temps réel.

De la morale supposée ou effective suinte ce tout unique, dont les ripostes désespérées de jeunes en rupture qui s'engagent pour un conflit dans lequel il n’est plus nécessaire de connaitre le démontage de son fusil. Le 11 septembre 2001 nous a appris que les guerriers kamikazes s’embarrassent uniquement de l’essentiel pour commettre leurs exactions alors que pour les contrer il nous faut un arsenal juridique et des moyens logistiques sans précédents.

Sans que cela excuse les attentats, peut-on encore soutenir la politique guerrière occidentale sans se sentir prêt à sacrifier une partie de nos valeurs ? Est-ce encore de l’objectivité lorsque l'on soutenient que nous ne pouvons accueillir la misère du monde alors qu’elle parait être la cendre de notre consumérisme sans limite ? Sans rire, acheter du pétrole aux puissances qui arment notre jeunesse puis se terrer dans un innocent discours de compréhension n'implique pas seulement nos gouvernements mais également ses électeurs majoritaires. 

Si les précédentes guerres des religions ont conduit à ne plus connaître de processions publiques, il venu le temps de rallumer les flammes de la bigoterie afin que toutes les expressions charismatiques et religieuses puissent se sentir indigènes et ne plus être le relais souterrain d’une guerre larvée, sans quoi, même la philosophie devra se chuchoter dans nos demeures afin qu’avance le Temps de l’ignorance.

 

Antonio Gambuzza

07:48 Publié dans Air du temps | Tags : @cambrils, @barcelone, @tdg, @le temps, @le courrier | Lien permanent | Commentaires (495) | |  Facebook | | | |

24/04/2017

L'As de trèfle, le couple et la fille à Papa

Quand les USA propulsèrent Barak Obama à la tête de leur Nation, le fraichement élu président Sarkosy saluait le renouvellement du pouvoir politique nord américain en une décade.

6 mois après les élections américaines post Obama, le milliardaire Trump n'a pas su convaincre le peuple américain malgré une quasi présence absolue dans les médias. À ce titre, notre analyse subjective montre une disparité du temps de présence des candidats au pouvoir suprême de la France Métropolitaine et d'Outre-mer. Subjective car se sachant observé, ce temps de parole est scrupuleusement décompté pour qu'un déséquilibre ne soit reproché ni aux médias et encore moins aux services de l'Etat organisant cette élection cruciale pour l'avenir de 70 millions d'administrés, mais également pour la cohésion européenne et pour sa stabilité économique.

De l'autre côté de l'Atlantique ce sont les États et leurs grands électeurs qui gouvernent alors qu'ici le suffrage universel prédomine. Est-ce parce que les mentalités anglo-saxonnes diffèrent tant de la culture germano-celte de nos latins voisins ou est-ce parce que le pouvoir politique français ne se gouverne plus par son système bicaméral mais par la pérennité de son administration?

Le passage au quinquennat ne permet plus un arbitrage en cours de route de la politique en place. Pendant la durée du mandat présidentiel, les élections législatives adoubent ou aiguillonnent le programme de politique intérieure et économique du pays, d'où l'importance du choix d'un premier ministre ayant la mesure du rôle de l'état.

Si ce changement s'est imprimé en 2007, depuis le 23 avril 2017, les partis politiques ne semblent plus être un gage de réussite. A l'instar des USA, c'est bien la présentation des candidats qui prévaut. La figure de gendre idéal fait toujours recette et, dans une France martyrisée, c'est bien le couple Macron qui a porté l'espoir d'une majorité proportionnée des habitants du vieux pays.

Si le premier parti à en faire les frais est le parti à la Rose, Mr Fillion en demeure pas moins le premier surpris. Quand à Mme Le Pen, elle en découvrira l'amertume saveur le 7 mai 2017 non par effet de ricochet mais tout simplement parce que son idéologie isolationniste ne prévaut que par une résilience colonialiste qui ne s'avoue pas vaincue alors que le changement voulu régionalement n'est pas à l'ordre du jour pour de simples raisons d'intérêts commerciaux.

Prédiction hasardeuse ou pari sur l'émergence d'une refonte de la logique présidentiel voulue par les éminances du système, l'essence de la Vème République se base non sur les partis politiques mais sur la continuité de l'Administration.

Finalement peu importe qui gouverne et quelle odeur émane des liquidités de l'Etat, l'administration gagne, comme la banque au Monopoly.

23:03 Publié dans Air du temps | Tags : #presidentielle2017 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |