30/05/2018

Le PaV, les citoyens et les toits plats

Voilà un sujet intéressant qu’il s’agit de traiter sous un angle pragmatique, en essayant de ne pas froisser les intérêts des uns sans minimiser les besoins des autres.

D’un côté, des universitaires ayant des diplômes donnant droit à des emplois peu rémunérés, des employés qualifiés dans des emplois à temps partiels, des employés sans qualifications, des cadres supérieurs gagnant moins de 100kf/an etc…

Le quotidien de ces personnes n’est pas à plaindre car le monde dans lequel ils s’activent pourvoit à leurs besoins élémentaires et satisfait leurs besoins essentiels tels que la santé ou l’environnement social. Certains ont même trouvé l’Amour pendant que d’autres sont tolérés pour leur soutien public à la limitation des coûts de la santé.

Puisque Genève a (enfin) consenti au financement d'un transport ferroviaire régional, autant que ces nécessaires nécessiteux trouvent un logement abordable plus loin. Cette idéologie ne se construit pas sur la maxime « œil pour œil » mais sur plutôt sur « ce qui est à toi est négociable » et c’est d’autant plus facile que tout le monde ne rêve pas de devenir capitaine d’industrie, millionnaire ou entourés de jet-setters. Beaucoup souhaitent gagner de quoi vivre avec leur famille afin de conserver l’essentiel de la filiation résumé en trois valeurs; solidarité, respect et traditions.

 

De l’autre côté il y des personnes qui ne veulent plus des conventions équilibrée qui régissent la mixité sociale, la diversité des acteurs fonciers et l’accès à la propriété pour celles et ceux qui souhaitent réaliser un rêve devenu éthéré.

Comment pérenniser un rendement excessif et exceptionnel dans l’immobilier genevois sans vous donner l’impression que l’on vous chasse ? En décortiquant la campagne des opposants au PaV, on se rend compte que c’est toujours la stratégie du pire qui est mise en avant. Vous allez perdre votre emploi, on va faire du social mais pas pour vous etc. Comme dans un numéro de prestidigitation, votre attention est détournée de l’objectif principal.

62% de logements sociaux est l’argument affiché sur un fond pâle et fushia afin de vous faire croire que vos rêves de logements ne pourront être réalisés. Pourtant la recette de ce 4/quart est connue ; 25% de HBM (logement sociaux pour très bas revenus) 25% de HM (pour la classe moyenne inférieure) 25% de loyers libres et 25% de PPe.

Le volume de la classe moyenne inférieure étant en constante augmentation, c’est bien la sensibilité du Conseiller d’Etat et sa loyauté au Collège exécutif qui est remise en question par les opposants car dans cet équilibre, on ne peut finalement changer que la répartition des HM, ce qui constitue un enjeu qui pèse au point que les opposants au PaV donnent l’impression d’être en désaccord avec la politique de nos sept sages alors que c’est bien le beurre et l’argent du beurre qui est en ligne de mire.

Au final, le canton a besoin de logement et la loi qui régit les constructions ne peut s’adapter à la taille de ce gigantesque chantier. Les propriétaires fonciers s’opposent au PaV actuel qui prévoit une densité sans doute trop basse, synonyme à leurs yeux de plus-valus trop faibles.

Et dans ce marasme, le Conseiller d’Etat en charge ne se gênera pas de faire appel à des acteurs qui sont prêt à construire rapidement, avec des acteurs locaux de la construction, pour des logements accessibles durablement et un prix plancher qui pourrait s’adapter vers le haut pour les locataires connaissant une évolution positives de leurs revenus, ce qui plante une paille dans l’œil des opposants, quitte à négocier une sortie honorable (et temporaire?) dans les urnes.

 

Antonio Gambuzza

19:24 Publié dans Air du temps, Humeur | Tags : #pav, tdg, #geneva #genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

16/04/2018

Union démocratique genevoise en marche

Personnellement j’octroyais à  M. Stauffer le pouvoir surnaturel de faire le quorum à lui tout seul.

Ses facéties politiques, son discours simple et efficace n’ont pas suffi à convaincre une frange de la population qui semble avoir pris la clé des champs afin de bouder la nouvelle ligue néolibérale pour laquelle le tribun s’est vendu corps et âme. Une ligue pour les personnes hors normes financières mais pour laquelle la finance mondiale ne semble plus vouloir investir en Suissssssssss. Il n’en fallait pas d’avantage, le bouillon des super-riches était trop salé pour la soupe populaire.

 

Malgré un homme qui sait capitaliser sur ses certitudes et se vendre au prix qu’il s’estime, lors de son départ et ses déclarations apaisantes, rien ne paraissait clair; ancien collègue voire un ami, spécialiste de la question genevoise... Voilà une formule plutôt étonnante pour quelqu’un qui a cultivé l’adversité et le passage en force.

 

La recette qui a fait son succès pendant 10 ans avait le vent en poupe, renonçant à sa vie politique à grand renfort de déclaration de presse, le sabordage du MCG était-il vraiment son quitte ou double politique ? Trop intelligent pour ne pas avoir appris de ses précédents échecs, sa candidature au Conseil d’Etat dissimule mal le mélange quasi universel du fric, des affaires et du pouvoir. Ses colistiers l’ont semble-t-il repêché comme un atout pour lancé Genève sur une orbite de République indépendante. Pourrait-on  lui jeter la pierre, quand bien même fusse l’ivresse du pouvoir qui aurait guidé les intentions de notre trublion. Qui n’aurait pas enfourché à nouveau son destrier pour briller sous les feux de la rampe.

 

A combattre sans péril on ne peut vaincre sans gloire dit l’adage. Le plus grand service qu’a pu rendre E.S. à ses anciens colistiers c’est de les avoir combattus, d’avoir perdu et de repartir face à ceux qui paraissait encore pour le maillon faible du parti.

 

A cette heure, quel est son héritage pour les années futures ?
Hors MCG, une respectabilité des militants qui ne cherchent pas de bouc-émissaires à leur problèmes, des leaders de partis qui peuvent enfin conduir leur réflexion au-delà du droit supérieur pour mener à bien une politique territoriale de l’emploi.

 

Intra-muros, Le MCG doit ses gènes dominants à E.S. mais il ne peut se targuer de lui avoir livré son ADN. Comme toute filiation, apparaissent les digressions constituées par de nouvelles personnes donnant un élan intéressant pour ce parti qui surf toujours avec des idées sociales et économiques fortement imbriquées. Au contraire de ce qui a pu être dit, leur manque de lisibilité n’était que le reflet de dissensions internes qui devraient maintenant s’estomper.

 

Ironie du sort, c’est bien des personnes traditionnellement de gauche et déçue par l’absence de fibre sociale d’E.S. qui ont rejoint les rangs de l’Alternative (+7 sièges) alors que la progression du PLR se marque surtout sur le recul de l’UDC (-3 sièges) l’Entente ne reprenant que 2 petits sièges à cette formation désormais rescapée d'un infanticide politique.

 

Durant les 5 années à venir, l'arène démocratique genevoise sera aux soins intensifs. Pour séduire à nouveau, le MCG devra se défaire d’une partie de ses communicants non pas pour moins taper  sur le frontalier mais pour mieux expliquer son volet social et s’il y parvient, qui des Socialistes ou des Verts en feront les frais ?

 

Le discours auto-centré de la formation à la Rose risque de connaitre son chant du cygne à vouloir écarter trop vite son cousin Verts bien mieux disposé à évoquer l'équité financière des entreprises, bien plus adroit sur les questions environnementales et qui peut se targuer de connaitre un volet social plus adapté au territoire genevois clivé par deux rives mais également par une division ville-campagne qui ne se dompte pas.

 

 

Dans la quiétude de voir à nouveau la vie politique touner autour de projets et non de scandales,  je vous souhaite, Monsieur Stauffer, le meilleur des bon vents dans votre siège brésilien, d’où vous pourrez diriger vos sociétés valaisannes.

 

From Geneva with love. 

Antonio Gambuzza

20:13 Publié dans Air du temps | Tags : #ge18, eàg, les verts, les socialistes, pdc, plr, udc, mcg | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

27/03/2018

Ramadan, les jeunes et le transfert de personnalité

Depuis les années 90 et la guerre des Balkans, les musulmans d'Europe continentale ont trouvé une terre d’asile dans nos contrées, ramenant sur le devant de la scène une personnalité de confession identique et née en terre genevoise en 1962.

Charismatique, cadet d’une fratrie de penseurs religieux, cet homme a grandi avec des genevoises et des genevois peu versé dans l'Islam. Il avait découvert depuis sa naissance les mœurs d'une société qui favorisait peu à peu la mixité entre hommes et femmes, une laïcité héritée d’une culture chrétienne qui s'éloignait des dogmes du Vatican, lui-même en pleine réforme.

Il pouvait comparer son quotidien à une société égyptienne qui s'enlisait dans une politique influencée par L’OTAN qui, comme la majeure partie des pays du Proche-Orient, cherchait son indépendance par tous les moyens. Comme tous les adolescents, il a sans aucun doute imaginé des ponts afin de rapprocher son autre pays nu de droits démocratiques populaires à ce monde versé dans le plein emploi, rêvant peut-être d'un Islam progressiste qui se réformerait par voie populaire. En grandissant, le constat d'incompatibilité n'a visiblement pas faibli cette volonté d'être celui qui rapprocherait les mentalités. 

Pendant les années quatre-vingt, la bonne société genevoise toisait le quotidien d’une culture minoritaire qui embrassait déjà sa spiritualité religieuse dans son entier et refusait de la diluer dans le concept du bien-vivre ensemble. M. Ramadan T. découvrait nos mœurs professionnelles dans nos écoles et autres associations. Devancé par son aîné, il fallait bien qu'il s'affirme pour se faire un prénom. A l'origine, son double langage n'était sans doute pas destiné à mener un combat mais rappeler aux gouvernements successifs les besoins de cette communauté ayant enfin un lieu de culte.

Puis les années nonante souvenez-vous, le village global, les bulles spéculatives, les News Techs, les Bio Techs, les start up et la promesse d’un argent facile et légal mais surtout ce conflit ethnique qui a déchiré une région riche de rites cultuels différents. Prenant un rôle de leader, les deux frères ont créé un climat délétère dans l'intégration de cette nouvelle minorité grandissante, dépeignant une société vernaculaire décadente contre laquelle il fallait résister. Cette population chassée depuis un pays où les relations sont régies par un fort rigorisme identitaire s'est particulièrement heurtée face à notre société qui sépare clairement l’influence religieuse des affaires publiques et promeut la famille comme cellule de responsabilité sociale.

C'est dans ce contexte sulfureux que la partie visible des frères Ramadan s'est vue reprocher de tenir un discours incompatible avec le devoirs de réserves que sont tenus d'observer les employés de l'Etat, revendiquant pour les nouveaux arrivant le droit d'accéder à une instruction publique et adaptée. Ils soutenaient depuis l’intérieur de l'Etat et leur milieu religieux des menus adaptés dans les restaurants scolaires pour les jeunes musulmans et des dérogations systématiques pour les cours mixtes de gym et de piscine. A ce titre, leurs propos se sont toujours teintés d’un prosélytisme forgeant l’idée d’une assimilation rendant les lois coraniques prévalentes sur les lois constitutionnelles.

Dans cette société à géométrie variable, ces penseurs cherchaient-ils la continuité de leurs origines en flirtant chacun à leur façon avec les limites de leur culture familiale contre un monde occidental indivisible où l’on accorde une liberté vestimentaire aux étudiants tout en imposant une laïcité visible dans le monde professionnel? Pensant à juste titre qu’un bouc-émissaire ne résoudrait pas tout, les victimes ignorées de Monsieur Ramadan T. furent renvoyées dos à dos avec leur bourreau, lui-même maculé d'une sanction pour manque de réserve, traçant alors la spirale de la folie des grandeurs d'un homme en crise d'identité.

Dans son parcours teinté de zones d'ombres, M. Ramadan T. a clairement négligé la différence entre la contrainte et le consentement, la renommée et le prosélytisme mais surtout, comme beaucoup d’hommes publics avant lui, il a surfé avec la légalité d'un monde qu'il a lui-même décidé de combattre afin de recevoir sa dose quotidienne d’adrénaline.

 

Une vie est jalonné par nos erreurs nos doutes et nos propres démons. Comme toute les personnes de foi, confondre volonté personnelle et celle ordonnée par son créateur est chose fréquente et, les Frères Ramadan ne font pas exceptions. Aujourd’hui, la mise en examen de Tariq dépasse largement les frontières genevoises et l’opprobre qui l'accable rejailli sur les genevoises et les genevois sans distinction de religion ou d'absence de religion. Ce qu’attendent les citoyennes et les citoyens de ce canton n’est pas une chasse aux sorcières, ce qui est exigé est un vrai travail de conscience pour rendre un peu de dignité aux victimes d’abus qu'ils soient sexuels ou d’autorité, afin de leur permettre de faire le deuil d’une partie nécrosée de leur vie mais surtout, un changement de paradigme qui ne tolérera plus les écarts d'un corps enseignant garant de la construction personnelle et professionnelle des futures générations.

La mise au ban de la numéro 2 du DIP sert de disperserions des prédateurs qui sévissent encore dans nos écoles, sans le consentement de l'État mais avec des deniers publics.

 

 Antonio Gambuzza

18:54 Publié dans Air du temps | Tags : romand policier, nouvelle et autres fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |