05/09/2012

Comment les détails d’une crise annoncée devraient nous motiver à en sortir.

Ça y est c’est quasi officiel. Le pétrole devrait redevenir ce bien de luxe de ses débuts tant il est convoité. Des conflits éclatent aux quatre coins du monde pour avoir le droit de l’extraire du sous-sol. Au-delà des drames humains que ces batailles génèrent, plusieurs questions se posent.

Quel est l’enjeu véritable? Les puits de pétrole se vident, les nouveaux gisements se trouvent à des milliers de mètres sous les océans et autres calottes glacières. Le confort de l’argent gagné dans des filières établies n’explique pas tout.

Le nihilisme face au déséquilibre de notre environnement est sans doute la clé de voûte de cette paresse. La météo de ces derniers jours renforce ce scepticisme car qui dit réchauffement climatique dit forcément plus de chaleur et de soleil. Et c’est pourtant là qu’il faut voir les indices de cette révolution ; moins d’entre-saison avec des températures qui font le yo-yo, des périodes de froid plus intenses et moins longues, des épisodes sporadiques de chaleur plus lourdes et caniculaires.

Si pour le citoyen lambda, la confiancedans les institutions explique l’absence d’opinion exprimée, pour les autres, l’opposition des blocs politiques enlise les solutions et avive les critiques. Loin des discours moralisateurs, les promesses d’économie verte basée sur l’exploitation de matières premières venue en droite ligne des filières de premiers rangs gonflent le greenwashing que tous les groupes industriels tentent d’opérer. L'inauguration d'un pôle cleantech genevois ne changera pas cette réalité

Notre dépendance aux produits quotidiens manufacturés en Asie et fabriqués avec du pétrole raffiné ne nous plonge pas dans un changement immédiat ou échelonné en faveur de la sauvegarde de notre habitat. La recherche de qualité est un argument mais là aussi, les filières d’exploitations sont ancrées dans une logique commerciale qui délaisse le retraitement de nos déchets plastiques. Pourtant, certaines usines les reconvertissent en terreaux, c’est dire…

Il y a pourtant un enjeu qui se profile à un horizon mal défini ; le moteur à eau. Loin des fantasmes, le programme européen CHIC (source TdG) mené à Milan, Oslo, Londres, Bolzano et Brugg, dans le canton d’Argovie, fait circuler des bus propulsés par un moteur à hydrogène conditionné avec de l’air ambiant et de l’eau.

L’eau, ce bien universel, considéré comme inépuisable chez nous alors que bien des populations vivent au rythme des moussons et que d’autres côtoient des sources non potable, va devenir un enjeux commercial de taille mais également une opportunité pour opérer les changements attendus en faveur d’exploitation locale et d’exportation. Et c’est là que le point d’orgue de ce futur conditionné : combien payerons nous le litre de « château la pompe » pour assurer nos besoins vitaux?

 

 Antoine GAMBUZZA

 

08:38 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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