06/10/2013

Le Vert est dans le fruit.

 

Il y a des jours plus doux que d’autres. Ce dimanche serait un dimanche noir si ma confiance en nos institutions était ébranlée. Ancien candidat à cette élection, je suis solidaire de cette volée que Les Verts doivent digérer. Elle ne me réjouit guère et se dessine en traversée du désert. La question qui me taraude est pourquoi ?

Est-ce que Les Verts se prennent une veste prévisible sans réagir ? Est-ce de la naïveté ou un excès d’orgueil ? Je n’imagine pas un instant que des gens universitaire puissent avoir eu le projet de se saborder en favorisant un candidat plutôt qu’un autre. Ce qui ne s’est pas fait en congrès se décide aujourd’hui avec le renoncement de Michèle Künzler.

La symbolique passée, qu’est-ce qui rend cette défaite aussi amère ? Je me risque à quelques pistes :

-       La conjoncture internationale.

La crise aidant, la foi en l’avenir s’est étiolée de manière factuelle. Au final, la crispation pèse sur la certitude de maintenir son emploi ce qui l’aura emporté sur les projets d’envergures qui animent Genève. 

-       Le libre choix du mode de transport.

La possession de la voirie dédiée à la mobilité se fonde sur qui se déplace comment. Actuellement, l’impression de voir celle-ci réservée aux pendulaires est patente au point que les genevoises et les genevois ne partagent pas cette vision. Dès lors, le CEVA donnera un ballon d’air à la mobilité et une planche de salut qui se profilera en faveur de cette formation politique dans dix ans au mieux.

-       Le Grand Genève.

Les Verts sont la première formation politique du canton à mettre ouvertement en avant des Suisses vivant en France voisine. Cette notion s’articule en tiroir avec les problèmes de logements, de mobilité et des soins. La crispation s’en ressent et d’un coup d’un seul, le corps électoral se recentre sur ses fondamentaux. La peur de vivre une épuration économique propulse l’électeur vers ses bourreaux comme la brebis quitte le troupeau et son berger.

 

Et l’avenir dans tout ça ? 

Les blocs de l'Alternative et populistes devront s’échiner à séduire un centre droit qui se profile en arbitre et en force de proposition. Cependant, la gauche devra ne pas céder aux sirènes des victoires d’étapes afin de s’ériger en opposition face aux dégradations des conditions-cadres de l’emploi, du logement et de la mobilité, quitte à voter comme un seul homme avec son alter-égo-franc-tireur qu’est l’UDMCG, quitte à voir ses propositions combattues.

 

Antonio Gambuzza

23:07 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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