07/10/2013

Les raisons internes au parti.

Si je dissèque la volée de bois vert que l’écologie s’est mangée en ce 6 octobre, je m’aperçois que son discours en faveur de thématiques qui ne lui sont pas historiques lui aura été fatal, tout comme ses thèmes de campagnes habituels.

 

La vision financière de nos conseillers d’Etats sortis est très souvent jugée comme étant trop à droite, ce qui nous aura coûté le soutien d’une gauche qui refuse de voir une économie se libéraliser par crainte de ne pas opposer de réponses convaincantes à une complexité économique toujours plus préoccupante.

 

La mobilité aura eu raison de bien des élus verts. Jugés trop dogmatiques, les allégations de nos adversaires sont sans arguments convaincant mais constituent une somme de reproche très importants. Personne n’a su expliquer pourquoi les changements aussi mauvais du réseau de transport public étaient indispensables pendant la durée du chantier du siècle. Dans le bal du report des voix, le coût en est salé. Peu importe d’avoir raison ou tord, ceux-là même qui ont fait durer la guerre des transports n’auront pas remporté cette guerre mais la bataille du développement de notre métropole au cœur de son bassin économique semble avoir quelques soucis à nourrir. 

 

Le discours tiers-mondiste est aussi la raison de ne plus recevoir des voix de droite. En effet, l’immigration de masse, la misère qui frappe à nos portes et dans nos rues, le chômage des jeunes comme des séniors rend ostensiblement les idées fraternelles ringardes et dépassées. Le multikulti est mort sous la promesse de voir des mosquées envahir les nouveaux quartiers ou les repas scolaires se conformer à de nouvelles coutumes.

Ce n’est pas en avivant des relents de haines que je souhaite combattre la montée d’un nouvel obscurantisme religieux. Mais il faut croire que le choc identitaire ne se préoccupe pas de la manière et se borne à justifier sa finalité. A croire que religion et politique sont résolument incompatible dans le landernau genevois.

 

Au final, Les Verts ont un discours qui ne séduit plus non par lassitude mais par la diminution de l’attention portée à celui-ci. Faut-il alors imaginer que le peuple s’est trompé ? Il y a là un  pas que je ne suis pas prêt de franchir. La démocratie ne sort peut-être pas grandie de cet exercice, j'ose espérer que c'est un recul pour mieux reprendre son élan. En ce 6 octobre, le peuple a eu le dernier mot et celui-ci se traduit ainsi :

Ne touche pas à mon emploi ni ma bagnole et retourne faire la loi chez toi !

 

Antonio GAMBUZZA

14:27 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Je pense qu'il s'agit d'un problème qui est lié à la communication des Verts durant la campagne et avant celle-ci.

Quel a été le message des Verts ? Que voulaient dire les affiches sur les bus ou le tout-ménage ?

Il n'y avait clairement pas de message, comme si voter vert était un programme à lui tout seul.

Il ne suffit pas de mettre sur une affiche le bel Antonio même avec des yeux verts pour que cela suffise pour le faire élire.

L'autre problème, tient à la communication de Mme Künzler et de l'incapacité des dirigeants de ce parti à remettre en cause la manière de gouverner de leur Conseillère d'Etat.

Je m'explique. La mise en place du nouveau réseau de trams a fâché beaucoup d'usagers. Certes pas tous, car pour certains avoir un tram 12, toutes les 4 minutes était un progrès. Le problème c'est que Mme Künzler, si elle n'est pas responsable de ce réseau décidé avant son arrivée à l'exécutif, n'a fait preuve d'aucune compréhension à l'égard des usagers. Au contraire, elle a été cassante, en déclarant rapidement que : "les genevois ne sont jamais contents et sont d'éternels râleurs". Cette manière de communiquer a eu pour conséquence de personnaliser le l'insatisfaction des usagers contre Mme Künzler. Alors qu'elle aurait dû dire dès le départ: " je comprends cette insatisfaction, je vais demander aux TPG de réexaminer cette situation et je rappelle que ce n'est pas moi qui ait décidé ce changement". Bref, elle aurait dû se distancer dès le départ des décisions prises avant sa prise de fonction, au risque de rompre la collégialité. Ceci ne lui aurait pas porté préjudice auprès de ses électeurs, au contraire. Or, elle s'est enfermé dans une forme d'autisme et à répété durant 4 ans que le retour d'un tram Carouge- Gare Cornavain était impossible pour finalement annoncer deux semaines avant le scrutin cantonal que c'était tout de même possible.

Ceci a été l'estocade. Les gens se sont rendus alors compte qu'elle n'était pas crédible.

Sur ce point, intervient l'erreur des dirigeants du parti. Ceux-ci doivent absolument durant une législature avoir le courage de rappeler à l'ordre leur Conseiller d'Etat, voir à se distancer selon les cas et surtout avoir le courage de ne pas le représenter sachant que celle-ci allait tirer la liste vers le bas. Si le comité directeur avait su faire preuve d'autocritique et de courage le printemps dernier, il aurait dû demander à Mme Künzler de se retirer et il aurait dû présenter d'autres candidats.

Au lieu de cela, il s'est évertué à faire preuve d'une fidelité qui tenait plus de l'aveuglement coupable. Lorsque l'on fait de la politique avec des sentiments, au bout du compte il est certain que l'on doit sortir ses mouchoirs !

L'erreur du parti des Verts serait justement de renier le travail de David Hiller. Penser qu'un parti plus à gauche aura plus de succès est une erreur. Un parti des Verts aligné et couvert sur le parti socialiste, c'est à terme le risque d'une dillution du parti dans la gauche car rien ne le distinguera.

Des finances saines d'un Etat sont la garantie d'une pérénité de son action sociale. Les Verts doivent se réinventer et doivent aussi garder leur originalité, sinon le parti disparaitra dans 5 ans !

Écrit par : Jérôme Gasser | 08/10/2013

Cher Monsieur Gasser,

Je vous remercie pour votre commentaire éclairé et détaillé. Je reprends votre conclusion à mon compte en y ajoutant que toute association politique connait des hauts plus ou moins heureux et des creux qui sont parfois difficiles à gérer.

La part de responsabilité interne n'est certes pas à négliger mais il fait admettre que les mouvements géopolitiques internationaux influencent sans commune mesure l'échiquier politique genevois. Si l'on y additionne votre analyse dont le mérite est de mettre en perspective une réalité fort difficile à appréhender de l'intérieur, nous regroupons les causes principales à ce camouflet.

Le 10 novembre nous saurons si les ressources actuelles des Verts sont à même de répondres aux attentes de notre république.

Je vous adresse mes salutations les plus courtoises et chaleureuses.

Antonio Gambuzza

Écrit par : Toni | 10/10/2013

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