29/10/2013

1:12 provisionnel

Le village global. Ce merveilleux marché au dumping de compétence et salarial a vu le jour dans les années 90. Imaginé par les multinationales afin de mieux cerner leur clients et toujours mieux infiltrer le micro-local, la gestion de leur logistique s'est centralisée sur un serveur américain, avec des opérateurs informatiques indiens et des unités de productions basées dans la province de Shanghai, à plus ou moins 2'000 kilomètres près.

L’économie robotisée a su se placer dans la course au profit et, générant de juteuses marges bénéficiaires, a su tenir la dragée haute aux fonds souverains et autres régents de l’industrie énergétique et pétrolière.

Ces derniers avaient une redoutable raison pour expliquer aux bédouins l’écart de train de vie entre un Cheick et eux; la providence céleste ! Ici, la liberté de commerce et la promessse d'un monde meilleur a fait tourner les têtes. Le village global, purement virtuel, s’est taillé la part du lion pendant vingt belles années. Puis un jour, clap de fin…

Sous le sceau de la pensée locale, la Jeunesse Socialiste déposa une initiative fédérale afin de limiter l’écart entre managers d’entreprises et salariés. Pensant séduire et se référant aux plus pauvres, elle ne choisit pas comme gain de référence le salaire médian mais le plus bas dans l'entreprise.

Quoi que l’on en pense, admettons un instant que cette initiative passe la rampe. La loi d’application saura inclure de telles exceptions salariales qu’elle en perdrait tout son sens. Si les négociations devaient échouer, les postes les moins rémunérés, c'est à dire l'entié du personnel de production, serait alors externalisé afin de ne garder dans l'entreprise de référence que les postes à hautes valeurs ajoutées. Pour une multinationale, rien de plus facile que de créer des secteurs autonomes dans lesquels les salaires se "pyramideraient" à moins de 1:1,5.

 

De deux choses l’une ; soit nous appliquons cette initaitve telle qu'elle est proposée et les multis n’auront qu’à plier bagages, soit le Conseil Fédéral l’édulcore au point que nous aurons alors mérité notre qualificatif de paradis fiscal ce qui, politiquement, ne peut s'établir dans un cas comme dans l'autre.

Lorsque la défaite aura sonné le glas d'un idéal de justice sociale, j'espère sincèrement que la force de Gauche aurons compris que les working poors et autres ménages subventionnés locaux ne votent pas pour devenir encore plus pauvres. Leur préférence va à celui qui parle le plus fort, pour se faire entendre jusqu’en Asie du Sud Est s’il le faut.

 

Antonio Gambuzza

09:20 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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