30/10/2013

Questions à deux milles wath’s.

Cocorico, le plein-emploi précaire s’en revient à Genève. Précaire car même si le montant dédié à la recherche en faveur du BHP est astronomique, l’horizon temporel et ses retombées pour Genève tempèrent mon euphorie première.

 

De prime abord, le loyer, payé par le Canton, semble se situer dans la fourchette des prix pour un bâtiment de ce type mais qui payera l’entretien courant et exceptionnel ? Pendant que le site continuera d’offrir un rendement confortable à ses propriétaires, c’est la durée de cette modélisation de cerveau humain et le volume d’emplois générés qui m’intéressent. 


A l’époque de Merck-Serono, 1'300 personnes environ travaillaient sur le site alors que les chiffres avec le BHP annoncent 200 chercheurs suisses pendant 2 ans puis, d’ici 2023, des chercheurs allant et venant de toute l’Europe. Leurs séjours et leurs besoins seront pris en charge par qui ? Leurs salaires, versés par leurs employeurs respectifs, n'apporteront aucune manne à notre fiscalité cantonale.

 

Le résultat scientifique de ces recherches reviendra au 135 partenaires engagés, certainement au prorata des montants investis et, il va s’en dire que l’intérêt pour la science fera vite place aux financiers et c’est tant mieux.

 

Sans entrer dans les spéculations sur les salutaires applications futures, il me semble que la liberté de commerce vantée par nos élites reçoit un sérieux coup de canif. Songez un instant que « les cherches-erreurs » des universités européennes seront rétribués par de l’argent public, que la Confédération Helvétique a débloqué 4,4 milliards de francs pour soutenir ce projet et que les médicaments futurs seront remboursés par les caisses maladies, sans oublié le loyer. J’ai de quoi nourrir certaines interrogations, pas vous?

 

Mais d’imaginer que cela fasse le bonheur notre Conseil d’Etat, il y a un pas que je franchis sobrement. Si l’échéance de 2023 permet d’organiser une montée en puissance de nos infrastructures, je doute fort que les objectifs affichés en 2010 soient oubliés. Le développement des activités « bio/clean  techs » portaient tous les espoirs d’une diversification durable de notre tissu économique, jusqu’au départ de Merk-Serono. Une dernière question pourtant; est-ce que les loups ont laissé s'affaiblir leur proie? 

 

Ce projet est pourtant une formidable opportunité. Il renforce la position de la région dans ses compétences et démontre que l’excellence ne peut se toucher qu’en étant ouvert sur le monde, en sublimant ses complexités.


Si le prestige n’apporte pas de ressource, il nous appartient de poursuivre cette alchimie qui voit la matière grise se transformer en or. Pour se faire, le futur Conseil d’Etat devra travailler pour l'avenir en soutenant également de jeunes entreprises, en participant à l’élaboration de leurs développements et au financement de leur mise en production industrielle, intérêts financiers à la clés pour ce dernier chapitre.

 

 

 

Antonio Gambuzza

22:09 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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