15/11/2013

Mauro et Antonio "Nel' Bosco"

Le 10 novembre 2013, le corps électoral genevois s’est choisi un exécutif pour 4 ans et demi. Pour la première fois, deux « secondos » et un migrant de première génération, quasi la moitié du Conseil d’Etat, ont accédé en même temps au sein Graal du pouvoir politique cantonal. Trois hommes au destin bien distinct qui ont su élever le débat et gagner le suffrage des électrices et électeurs.

Ils ont connu les années les plus difficiles de notre pays pour les migrants ; permis saisonnier pour certains, régime de requérant d’asile pour d’autres, mouvement Schwarzenbach, xénophobie populaire et provocations gratuites. Est-ce que le syndrome de Stockholm expliquerait l’amour patriotique de ces trois enfants de l’école publique ?

Je ne vous surprendrai pas en vous faisant la démonstration que c’est l’assimilation et l’intégration qui ont convaincu ces hommes au destin divers de se retrouver à la tête de cabinets professionnels libéraux, puis de se lancer en politiques. Ce 10 novembre 2013, ils ont démontré, aux naturalisés ou non, qui ont l’ambition d’accéder aux plus hautes sphères décisionnelles, qu’elles soient professionnelles ou politiques, que la Suisse est un pays où la réussite vient du travail, de l’intégration des mœurs et non de l’oisiveté revendicative.

Alors pourquoi une telle volonté de gravir les échelons politiques ? Il leur appartient de répondre mais il faut croire que l’intérêt n’est ni financier, ni holistique. L’attrait du pouvoir n’est pas non plus une explication car tous savent que c’est la collégialité qui prime.

Tous ont eu la chance de bénéficier d’une éducation universitaire. Lorsqu’ils interviennent en public, c’est toute la maîtrise de cette éducation qui s’exprime. Le corps électoral ne pouvait que s’émerveiller devant tant de réussite.

Ensuite, chacun d’entre-deux, au long de leur parcours ont su reconstruire les mêmes cocons qui les ont vu grandir. La stabilité personnelle ne trouve pas son point d’équilibre dans le jugement d’autrui mais dans les fondements de notre personne et la qualité de notre vie privée.

Enfin, malgré des propos hors sujets ou servile reportées dans la presse et les réseaux sociaux, tous ont gardé le cap et n’ont guère jugé utile de louvoyer dans leur propos face aux attaques gratuites, créant même parfois le buzz contre leur volonté. Chacun d’entre eux a convaincu avec caractère, sans jamais donner l’impression de perdre ses moyens ou d’alléguer de fausses informations à l’endroit de leurs concurrents.

 

Je retiendrai de cette élection une saveur historique pour la première législature de notre Constitution 2012. Aux côtés de quatre genevois vernaculaires, dont un homme aux valeurs terriennes, l’école publique est donc majoritaire et, à eux comme aux autres, ils restent 4 ans et 5 mois pour confirmer la pleine confiance des électrices et électeurs du bout du lac.

 

Antonio Gambuzza

 

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11/11/2013

Blues sentimental pour une Genève trop silencieuse

Dans la course au Conseil d’Etat, en quoi Monsieur Poggia mérite plus d’être élu que Monsieur Apothéloz ? L’écart de voix qui les sépare est infime et, sans remettre en cause le vote de ce dimanche, je vous propose un exercice qui se nomme « nous sommes toujours plus intelligent après ».

L’unisson qui règne au parti citoyen n’est plus à démontrer. Dès lors, il faut donc chercher les raisons de son succès dans les détails. Comme je n’ai aucune accointance avec ce mouvement, je vous laisse vous faire votre chasse que diable! 

 

L’Alternative a décidé de mener campagne auprès de sa base en se reposant sur les résultats des autres années et sa capacité de séduction. Elle s’est donc concentrée sur une communication auprès de journaux engagés pour copieusement dédaigner les journaux populaires, tout le contraire de son fossoyeur.

Monsieur Apothéloz est un homme d’action. De là, penser qu’il n’est pas un homme de terrain et de campagne, l’amalgame ne semble pas loin et pourtant ; lui sait que pour toucher le cœur des gens il faut leur parler auprès de leurs sentiments. A tors ou à raison, ses amis politiques l’ont accusé plus d’une fois de faire cavalier seul. Pourtant, au premier tour il tutoya largement sa colistière AET, sans doute par ses encarts personnel et financés par ses soins dans le quotidien de boulevard ET gratuit romand. 

Respecter les marges est ineptes et antipolitique. La politique c’est dépasser les marges et les acquis, c’est voir plus loin pour réaliser ses rêves du bien commun et, pour avoir respecté un code de conduite, l'Alternative a perdu l’occasion d’être une vraie force politique. Cette mollesse aura-t-elle eu raison de son engagement? Qui peut le savoir...

 

Le sort en est jeté pour quatre ans et demi. Verrons-nous un Vert aux affaires sociales et un avocat à la mobilité ? Nous avons élus des personnes qui s'intéressent à ce qui coûte, pourvu que ça leur rapporte. Je peine à être optimiste et rien ne sera plus semblable demain, que nos jours précédents. 

 

Antonio Gambuzza

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