02/11/2014

Une fraternité forfaitaire en faveur des uns ou des autres?

Dans le contexte des votations du 30 novembre, il y a comme une bulle spéculative qui cristallise les positions des uns et des autres. 

 

Les militants d’une justice sociale s’appuient sur l’explosion des coûts de l’Hospice Général pendant que les partisans d’une économie ultra-libéral s’engouffrent dans la spéculation à très court terme (de l’ordre du million dans le quart d’heure).

 

A écouter les uns et les autres, chacun essayait de faire croire à l’autre qu’il vient marcher sur ses plate-bandes. Mais la réalité est tout autre; les plus démunis (faible) subissent les choix des plus nantis (fort). Ce principe existait bien avant la venu de l’homme sur terre et survivra à la chute de l’humanité.

 

A entendre les partisans des forfaitaires, nous ne pourrons bientôt plus partager l’espace vital disponible sur le canton entre les catégories de la population. Ils vont jusqu'à museler le débat en accusant leurs contradicteurs de haine envers les ultra-riches. A les entendre, rien ne peut s’élever contre cet argument imparable.

 

Jusqu’il y a peu, nous pouvions encore trouver un point d’équilibre dans le débat mais cette réalité rassurante ne sera bientôt plus qu’un souvenir de cocagne et il s’agit bien de ne pas inverser les responsabilités de chacun.


Si les coûts de l’assistance publique explosent, c’est parce qu’il y a pénurie de travail pour les moins qualifiés (l'âge étant devenu un critère très important). N’était-il pas possible d’investir dans la formation pour conserver cette main-d’oeuvre?


Force est de constater qu'un choix s’est opéré et la décence voudrait que l’on accuse pas les plus fragiles de faire exprès d’être dans la misère et que chaque demande de dignité est un comportement inamicale envers les premiers décideurs de la planète.

 

Si, à titre personnel je suis contre les ghettos que peuvent être Cologny ou Le Lignon, je suis pour que l’on m’explique comment l’on va déplacer notre pauvreté dans le Grand-Genève, comment encourager la classe moyenne à vivre loin de son lieu de travail et se déplacer dans des transports publics performant mais surtout, qui aura la joie d’occuper les logements devenus inabordables et qui aura le privilège de déambuler dans des rues devenus réellement désertes.

 

Le vrai débat n’est pas de savoir si c’est les uns ou les autres qui partiront, mais c’est de savoir jusqu’où les uns ne sont plus responsable des autres.

 

 

 

Antonio Gambuzza

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