15/09/2015

Le chien, le mécréant et la caravane.

De tout temps, les plus petits communs dénominateurs entre les peuples étaient la prospérité et la dignité. Depuis, entre Lesbos et la Turquie une poignée de décideurs ont mis à prix la valeur d’une vie humaine à 2'000 $. Si chaque culture à sa propre mythologie, celle du Styx semble perdurer par de-delà ses origines et nous rappeler que le monde est divisé inégalement.

Les plus fortunés fuyant le régime schizophrène de l’EI Al Daesch peuvent choisir leur pays d’immigration par une démonstration de leur autonomie financière. Ainsi, les anciens tyrans se réfugient chez leurs anciens alliés. Leurs laquais doivent suivre un autre chemin. En choisissant un pays pour y demander l’asile, ils  font fi des dispositions décidées par 28 Nations et organisent leur fuite afin de retrouver ce qui fait la dignité de l’Homme, le travail.

Voilà leur seul crime, fuir un régime qui décime les ennemis de leur vision du monde sans posséder un carnet d'adresse. Cela suffit à constituer un acte de lâcheté aux yeux des donneurs des leçons de nos contrées d’accueil. Ce sont eux pourtant qui constituent pourtant la frange la plus fragile de nos sociétés. Celle-là même pour qui notre combat contre les inégalités devrait s’accentuer.

Mais leur sort semble ne plus rentrer dans les prérogatives de nos institutions d’entre-aide, accentuant le rejet des uns et des autres. Notre Ministre de l'Action Sociale Mauro Poggia la bien défendu; ce n'est pas les aides qui sont trop élevées mais les salaires qui sont trop bas!

D’autres, donneur de leçon en chef, moins exposé financièrement mais nourrissant un dessein de conquête, soufflent un épais brouillard entre les réfugiés quémandant une protection temporaire et l’habitant pouvant espérer une prise en charge pérenne de sa vie.

Ces leaders sont eux-mêmes empreints de compassion pour les plus fortunés de ces survivants, justifiant doctement leur présence par les retombées indirectes sur notre économie tout en voilant l’aspect spéculatif de leurs investissements participant à l’expansion de leur exode.

L’apologie de cette hypocrisie n’étouffe que ceux qui ont encore l’idée du sens commun. Nous sommes tous chahutés par la conquête de nouveau espace de liberté et de progrès. Chacun d’entre nous est l’artisan de son succès. En voir le sommet est un choix personnel. Mais lorsque au plus haut de l’Etat, les conséquences de nos choix spéculatifs engendre la misère et constater que certain veulent trier la misère m’étrangle plus que le risque de voir mes repères culturels s’effriter.

Je ne privilégierai jamais l’édification d’un monde sur les ruines d’une pensée obscure qui nourrit les différences et non les passerelles entre les peuples. La Genève protestante ne l'est plus depuis longtemps et personne n'en fait un fromage.

  

Antonio Gambuzza

13:29 Publié dans Air du temps, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

Les commentaires sont fermés.