14/09/2018

Le miroir de l'arrosoir

Pour le nouveau millénaire, Vaud et Genève n'ont pas fusionné mais se sont dotés d'une nouvelle Constitution avec comme même clé de voûte, la Présidence permanente de l'Exécutif. On nous l'avait promis, la représentation institutionnelle demande un mandat plus lisible pour nos partenaires et sera une mesure indispensable sur le long terme. Sans attendre, Genève a emboîté le pas d'un canton de Vaud tourné vers l'avenir dans lequel l'économie est la locomotive du pays Romand.

Dans les deux cantons, cette présidence se gagne au suffrage universel comme si la volonté de se rapprocher un jour était inscrite en filigrane. Dans les deux cantons, cette mesure devait permettre une meilleure représentation extraterritoriale et s'est muée en une très bonne représentation des pouvoirs extérieurs au sein des institutions.

Depuis quelques jours, les voisins de l'arc lémanique ne savent pas s'ils doivent rire ou pleurer tant les affaires distinctes qui frappent la région ébranlent car dans cette histoire, sont souvent évoqués trois volets qui s'enchevêtrent.

a) Sur le plan personnel, le militaire Maudet sera toujours apprécié dans les cercles qui l'ont vu devenir un meneur d'homme remarquable.

b) Sur le plan judiciaire, je souhaite que cela se conclue avec un non-lieu car si sur le fond il n'aurait pas cherché à recevoir un avantage ou à s'enrichir, il devait composer avec des coutumes économiques généralisées qui ne sont pas soluble avec notre micro-culture qui a le mérite de soutenir le dynamisme de la région. Pour preuve, même PM n'a pas su y parvenir.

c) Sur le plan institutionnel en revanche, sa seule appréciation ne pourra suffire à le maintenir en place car le rôle d'un Magistrat est de rassembler et celui d'un Président d'arbitrer. Les circonstances qui ont amené ce psychodrame au devant de la scène publique comme l'absence de culpabilité ne suffiront pas à calmer le jeu et à ce titre, je prends volontiers le pari que sa "vraie" décision deviendra effective après que la justice aura prononcé son acquittement car en restant à la disposition du collège exécutif il fait front sans faillir et il le fait pour son honneur, au prix d'un risque non mesurable pour les futurs candidates et candidats PLR tout en induisant une gouvernance délétère pendant cette période d'errance.

Chacun tirera les conclusions qui s'imposent mais la Commission de gestion du GC ne pourra pas faire l'économie d'une réflexion sur une modification de notre nouvelle Constitution afin de rendre le rôle présidentiel moins vulnérable. Entre réinventer la roue une énième fois et revenir à une formule qui a fait ses preuves je conclurai ainsi:

Errare humanum est, persverare diabolicum.

 

Antonio Gambuzza

18:58 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook | | | |

Commentaires

1) Nous n'avons pas besoin d'un président permanent. La confédération s'en passe, la Ville aussi. Présidence tournante, c'est très bien.
2) Il a persévéré dans le mensonge plusieurs années.
3) Moins vulnérable? Comme le président français?
4) J'admire votre optmisme quant à son innocence...

Écrit par : Daniel | 14/09/2018

Daniel,

C'est justement mon propos de revenir à une présidence tournante.

Points 2 et 4 tout est lié à son aura et son ambition. Pour mémoire, il était le mieux élu de la précédente législature mais c'est le droit d'aîné et la fin de carrière de F. Longchamp qui l'ont privé de la Présidence.

Point 3Vous trouvez le Président français vulnérable?

Écrit par : Antonio | 15/09/2018

Bravo Mille fois M. Daniel et M. Antonio Gambuzza pour votre idée géniale d un Présidence tournante que j ai lue par hasard sur ce blog.

Néanmoins, elle serait difficile à appliquer par qui vous savez.

Un nouveau changement de la constitution dans ce sens voire via un référendum populaire genevois, n est il pas le bon et le seul moyen...? Je dis cela, je ne dis rien...venant d un citoyen lambda, moi donc...

Me permettez vous de faire circuler cette option en vous citant sauf avis autre ou contraire de votre part ou est-il trop tôt?

Bien à Vous.
Charles 05

Écrit par : Charles 05 | 15/09/2018

Merci pour votre enthousiasme.
L’élan peut venir également du peuple mais ceta affaires devraient prendre racine dans l’action de nos élus.

Volontiers pour la diffusion, merci d'avance ;)

Écrit par : Antonio | 15/09/2018

"C'est justement mon propos de revenir à une présidence tournante."
Alors nous sommes d'accord sur ce point.

"Points 2 et 4 tout est lié à son aura et son ambition. Pour mémoire, il était le mieux élu de la précédente législature mais c'est le droit d'aîné et la fin de carrière de F. Longchamp qui l'ont privé de la Présidence."
Grâce à certaines voix de la "gauche", mais jamais la mienne. Je n'aime pas les bonapartistes au petit pied.

"Point 3Vous trouvez le Président français vulnérable?"
Non, puisque sauf haute-trahison, il est à l'abri de toute poursuite pénale pendant la durée de son mandat. D'où son: "Qu'ils viennent me chercher"...

Et maintenant, si on se penchait sur le fond de l'affaire. Merci aux Suisses alémaniques:
https://www.srf.ch/news/schweiz/neue-vorwuerfe-an-pierre-maudet-die-brisanten-bau-plaene-von-maudets-freunden

Voir aussi les autres documents sur ce lien plus bas sur la page.

Le gros problème sont les inconditionnels de pm qui insultent ceux qui demandent sa démission en les traitant de chiens, de chacals, de vautours tout en niant ou excusant ses mensonges. Aucune décence, aucune dignité comme leur "maître à penser". Et bien entendu ces chantres de la morale du mensonge, logiques avec eux-mêmes, censurent mes propos.

Écrit par : Daniel | 15/09/2018

Le gros problème sont les inconditionnels de pm qui insultent ceux qui demandent sa démission en les traitant de chiens, de chacals, de vautours tout en niant ou excusant ses mensonges. Aucune décence, aucune dignité comme leur "maître à penser". Et bien entendu ces chantres de la morale du mensonge, logiques avec eux-mêmes, censurent mes propos.

Je m'intéresse moins à ce volet car l'opinion est propre à chacun et nous ne trouverons pas de compromis, même après un long échange. Et puis que veut dire la gauche ou la droite? Une telle élection se gagne grâce à sa capacité de fédérer les suffrages chez tous les électeurs.

Sur la Présidence et le régime qui l'accompagne, l'expérience romande démontre l'incompatibilité avec une démocratie directe et souligne les traditions des investisseurs à flétrir peu à peu non seulement la fonction mais également la mission. A ce niveau d'investissement, ils se connaissent et se partagent le gâteau de manière à ce que les offrent ne se cannibalisent pas.

Le volet immobilier de l'affaire genevoise va faire prendre un retard important au développement du site et la justice va devoir enquêter plus longuement. A bien y regarder, le maintien de PM à son poste pourrait être interprété comme un soutien aux investisseurs actuels. Les nouvelles mesures écartent-elles toutes influences? Le maintien des relations avec les communes me fait douter.

Écrit par : Antonio | 15/09/2018

Que mon propos soit clair; PM est le bouc-émissaire d'un changement voulu par des Constituants qui ont mis en place une solution théorique qui ne tenait pas compte de la réalité.

Avec une présidence tournante, les intérêts des investisseurs n'auraient pas eu à solliciter autant un seul homme qui lui-même n'aurait pas eu de raison d'accorder une écoute active.

Peut-être faut-il attendre la fin de cette affaire et le deuil de PM pour qu'il propose lui-même cette possibilité.

Écrit par : Antonio | 16/09/2018

@M. Antonio Gambuzza, vous dites:(...) PM est le bouc-émissaire d'un changement voulu par des Constituants qui ont mis en place une solution théorique et qui ne tenait pas compte de la réalité(...)

C est bien juste sauf le terme "bouc-émissaire"qui pourrait dire aussi "Victime d une faille des autres". PM n a pas cherché volontairement ni tombé involontairement dans une "faille" dans la constitution. Moi, citoyen lambda, invité pour un coût de 50 000.- payés par sa majesté, je me poserais beaucoup beaucoup de questions et je m inquiéterais même (Déjà, d une part je n irais pas et d autre part sa majesté et copains ne m inviteraient jamais de la vie et c est réglé....) :)

Et ses explications déroutantes (parfois louches sur une affaire suspecte d être louche) qui ne tiennent pas la route genre fake news d un amateur qui s est tiré plusieurs balles dans les deux pieds, c est la faute à qui?

Bien à Vous.
Charles 05

Écrit par : Charles 05 | 16/09/2018

Charles 05,

Sur le volet judiciaire, vos propos sont implacables et je laisse la justice suivre son cours.

Sur le volet institutionnel, PM est bien le bouc-émissaire puisqu'il n'était pas constituant. Sur ce point, le GC et sa commission de gestion auraient intérêt à se saisir de cette réflexion sans attendre la fin de l'enquête judiciaire car le monde économique continue de tourner et survit au renouvellement de nos institutions.

Écrit par : Antonio | 16/09/2018

@M. Antonio Gambuzza,

Merci pour votre réponse.

L idée d une présidence tournante est très bonne et à laquelle avec admiration j ai donné mon humblissime avis.

Néanmoins, rien n empêchera un président actuel tournant donc non permanent d être invité aux frais du prince durant sa "présidence" ou après voire des invitations tournantes!. Le topo serait le même si le/les concerné/s ne tient pas compte de la morale politique au minima, le risque d une corruption active ou passive et/ou l insouciance dont le moins pire est la naïveté.

A la décharge partielle (?) de M. PM, il n est pas exclu qu il y a eu une bonne part de naïveté de sa part. T out d abord, dans l acception de ce voyage et surtout dans ses explications équivalentes selon sa pensée à celles d un élève de l école primaire accusé d avoir tout bêtement"cassé le pot de fleur" de sa classe acheté à 12.- F.S. au Souk/Bazar Du Coin!

Cependant, pour ce niveau d une éventuelle naïveté, ça nous fait peur quand on est président "permanent" (ou ultérieurement tournant) du CE de l Etat et de la République de Genève!

Bien à Vous.
Charles 05

Écrit par : Charles 05 | 16/09/2018

Charles 05

C'est là toute la finesse (et non candeur) de la réflexion. Une présidence tournante est moins intéressante pour les investisseurs car année après année il faut recommencer les efforts de lobbyisme.

La personne qui occupe ce poste à moins de tentations et doit composer avec le microcosme genevois plutôt que de dépendre d'investissements qui génèrent des profits hors sol.

Écrit par : Antonio | 16/09/2018

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