11/12/2018

La fonction publique, l’avenir économique et l’Hospice Général.

Cher Député,

 

Fin 2018, par ton action, Genève veut assainir la caisse de retraite de sa fonction publique. Début 2020, la fiscalité des entreprises du Canton devra être adaptée. Le Grand Conseil, dans son immense sagesse distille  en patron les moyens qui garantisent le fonctionnement de l’État.

Sur les cents personnes qui composent le Grand Conseil, combien se soucient d’être les garants d’un état régalien, équilibré respectant la maxime; gouverner c'est prévoir. Cher Député, ta présence au saint des Saints genevois est limitée (généralement à 12 ans) mais tes décisions façonnent la République sur une temporalité parfois séculaire.

En 2011 déjà, l’échéance sur la fiscalité des entreprises était sur toutes les lèvres. Tes sages prédécesseurs ne l’ont pas solutionné, préférant lancer la patate chaude deux fois, sans nul doute pour imposer le changement par le chantage de l’imminence. Comme lors de chaque plénière, cher Député, tu approuveras ou honniras mais avec ton groupe tu voteras.

Quelques jours avant la session de décembre 2018 pourtant je te plains; oppressé par ces deux changements fondamentaux que sont la fiscalité des entreprises et sa concurrence directe avec le Canton de Vaud ainsi que la recapitalisation des caisses de retraites de ta fonction publique, reçois tout mon respect.

Si le choc de la fiscalité impacterait les finances moins de 5 ans, cette instabilité s’étalera sur deux législatures alors que celui des retraites créera un choc encore plus grand et plus durable. En effet, il est très simple de comprendre que les fonctionnaires qui feront valoir leurs droits à la retraite devront s’exiler à l’étranger ou s’inscrire au SPC genevois afin de toucher des aides que ce soit pour les primes maladies ou simplement pour avoir de quoi finir le mois.

Cher Député, comme toi, j’entends murmurer certains de tes collègues contre la fonction publique, une feuille de calcul d’actuaire à la main, scandant que nous voilà face à des fonctionnaires qui ne méritent pas un tel système surtout quand leur salaire est aussi élevé.

Mais le revenu d’un employé de la fonction publique et du parapublique n’est-il plus le reflet des coûts exorbitants qu’il faut débourser pour vivre à Genève. Avant de faire de la rhétorique, revois la politique que tu défends de manière à permettre à ces serviteurs du contribuable de vivre décemment dans notre cher canton avec le salaire que tu estimeras suffisant.

Ne perds jamais de l’esprit que toute autre option le renvoie irrémédiablement à l’Hospice Général et transfert aux futurs contribuables les coûts normalement supportés par sa Fondation de prévoyance.

Cher député, je te remercie donc de mijoter un menu dans lequel le contribuable paiera son écot de manière juste et suffisante pour qu’il puisse vivre du produit de son travail tout en ne revoyant pas aveuglément le contrat de la fonction publique, ce qui te permettra de contenir l’explosion des coûts du social pour les prochaines années.

En espérant que ces quelques lignes sauront trouver le chemin de ta raison, je te remercie d’agréer, cher Député, l’expression de ma parfaite considération.

 

Antonio Gambuzza

19:24 Publié dans Genève | Tags : rffa, cpeg, plr, udc, pdc, les verts, les socialistes, a gauche toute, contribuables, pf17 | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Je ne comprends pas trop le sens de votre interpellation. Est-ce pour nous préparer à sauver (recapitaliser) une énième fois la caisse de pension des fonctionnaires ? Je ne pense pas que vous devriez vous faire trop de souci. On va bien trouver le moyen de sauver tout ça et les fonctionnaires ne se verront contraints ni à l'exil ni à la portion congrue des prestations complémentaires.
En revanche, je sais déjà que la mienne de retraite (de non fonctionnaire), ne me permettra pas de vivre à Genève (le coût des primes, des loyers…) et que je ne couperai pas à l'exil. Mais qui s'en soucie ?

Écrit par : Nina | 12/12/2018

Bonjour Nina, merci pour votre commentaire.

Mon billet interpelle sur la généralisation de la pauvreté. Si la recapitalisation fût une douloureuse propre à la gestion des caisses de la Ville et de l'État, cette lois vise à la rendre plus résistante aux risques financiers qu'une autre loi en vigueur expose les fondations de prévoyances.

La logique voudrait que l'on change la loi mais nos parlementaires préfèrent garantir des marchés importants pour l'industrie de la finance (pardon pour la pique).

Ce même pouvoir politique a une influence limitée sur les salaires du secteur privé. Au sortir des trente glorieuses, les écarts entre secteur public et privé ont créé des inégalités de traitements qui ont appelé aux mesures de soutient actuelles.

Il s'agit donc de ne pas se tromper de combat et de plonger toute la classe moyenne dans la pauvreté en élevant cette dernière sans cesse dans les hauts revenus (plus de 150'000.- en 2018 et de garantir des retraites dignes uniquement pour les hauts revenus.

Écrit par : Antonio | 12/12/2018

Non madame ce sont les simples citoyens qui vont devoir partir pas les fonctionnaires!

Écrit par : Dominique Degoumois | 12/12/2018

Ne vous méprenez pas, les scandales qui frappent le monde politique sont réservés à une caste supérieure. Les employés de la fonction publique sont des citoyens comme les autres.

Le but est d'éviter un transfert de charge de la CPEG vers l'Hospice Général afin de maintenir un niveau de prestation suffisant pour les deux parties.

Écrit par : Antonio | 12/12/2018

Je pense que le cas grec devrait nous faire réfléchir, aujourd'hui c'est tout le pays qui est plongé dans la misère, fonctionnaires compris! (contenu supprimé par l'éditeur)

Écrit par : Dominique Degoumois | 12/12/2018

C'est exactement le projet de loi du Conseil d'État.

Cela commence par une mise sur la touche de la majorité de la population afin de garantir le système de croissance. Il y a 20 ans, il fallait 100'000.- pour vivre décemment à Genève et aujourd'hui il en faut 200'000.-.
L'avis de taxation est devenu le permis de rester en terre helvétique.

Baisser les retraites de la fonction publique revient à étouffer la capacité d'action future de l'Hospice Général ce qui conduira à une future baisse générale des prestations car l'État ne pourra pas suivre. Ne devenons pas les athéniens de la Suisse.

Écrit par : Antonio | 13/12/2018

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