La CPEG, l’illusion de la décroissance et le miroir du Pouvoir

Imprimer

Voilà, c’est fait. Le Grand Conseil pose sur le bureau du Conseil d’Etat deux projets de lois dont un combattu par ce même Conseil d’Etat. 

Je ne donne pas l’ombre d’une chance au projet de loi des syndicats qui mise sur la durée du PAV et la possibilité de créer du logement abordable pour les genevoises et le genevois qui ne choisissent pas de travailler dans l’industrie financière et ses parts salariales variables. 

Le plus gros défaut du projet des syndicats est la non refonte structurelle de la CPEG aux prétextes divers comme le maintien de la primauté de prestation, une impossibilité de garantir les retraites alors que le Conseil d’Etat promet le statut quo voire de meilleures retraites. 

Au final, c’est la manière plus que le contenu qui retient l’attention. On observe même un assourdissant silence sur la page Fb des Verts genevois sur ce qui s’est passé.

Ces détails cachent mal le fossé qui sépare les Députés Verts et les membres dépités des Verts. Observe-t-on une volonté de se démarquer, un écart ponctuel qui ne cicatrisera pas sans marquer les esprits par les uns, ce qui nécessitera un gros effort de communication des autres?

Comment peut-on s’engager avec les membres de l’Alternative sur un projet novateur et s’embrouiller les bulletins en soutenant le projet du Conseil d’Etat et à quelle fin?
La séparation des pouvoirs ne permet pas de renvois d’ascenseur entre les deux entités, il me reste les suppositions. 

Alors quoi? Une volonté de soutenir son magistrat et président du Conseil d’Etat ou simplement une volonté de prendre le virage de la décroissance avec un drift qui surprend tout le monde sauf la députation verte? La jeunesse de cette délégation permet de soutenir cette option.

Sans prendre de hauteur ou même cacher la violence avec laquelle j’ai reçu cette nouvelle, une leçon de morale s’impose mais surtout un rappel important. La décroissance est une stratégie globale qui appelle des mesures économiques concrètes, subordonnées à une mise en application soutenue par des conditions-cadres légales, politiques et une chronologies qui ne laisse rien au hasard. 

Envoyer les futurs retraitées et les retraités de la fonction publiques sur l’échafaud de précarité n’a rien d’un acte fort bien au contraire. La députation verte s’est comportée comme les zizous qui accomplissent les vols à l’astuce, l’immunité de la fonction en plus.

Si l’objectif était l’élitisme du débat public, il est réalisé. Si l’objectif était de soustraire le siège genevois au Conseil National, je me réjouis de prendre part à cette débâcle et si la finalité est de renvoyer l’écologie en dehors des cercles du pouvoirs, la décroissance de l’écologie genevoise précédera la mise en place de l’épuration fiscale du canton et la mise en faillite de l’Hospice Général.


Antonio Gambuzza

Les commentaires sont fermés.