Hodgers, des panneaux et du béton

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Diable, la révolution de palais n’a pas pris. Notre système de souveraineté populaire aura mis du temps pour écarter les écueils juridiques et les lois contestable. Non que la volonté des Conseillers d’Etat ne soit pas ferme mais elle s’affirme dans un équilibre triangulaire ceint des électeurs et des élus mais également du courant politique de l’instant. La sensibilité environnementale s’exprime depuis la fin des années soixante mais elle a longtemps véhiculé des à priori rétrogrades et anti capitaliste.

sans titre-3388.jpgSans faire le débat de ce qui est préférable entre le tout numérique et le tout papier, voilà un Magistrat issu des rangs de l’Alternative qui a vogué avec succès vers la plus haute fonction politique de notre canton sans jamais renoncer à son militantisme ou à son engagement politique pour lequel il a su prendre la mesure de sa portée concrète.

Je lis ici et là que c’est un bétonneur. Ce qualificatif n’a jamais été aussi vrai. Il bétonne les projets de manière à lever les recours ou les rendre non suspensif comme au quartier de l’Etang. Il soutient les projets de construction qui jugulent le développement économique du canton afin loger les personnes qui devraient occuper les postes de travail avec comme objectif de diminuer sur le long terme les déplacements pendulaires. Corolaire de cette politique, il bétonne les finances cantonales des années à venir tout en soutenant les plans de mobilité décidé dans le Plan Directeur Cantonal voté alors qu’il siégeait à Berne.

Alors oui, ses détracteurs ont raisons, il bétonne. Il bétonne son action dans la durée et cette qualité est un avantage indéniable. même si dans son propre camp, on peut lui reprocher de soutenir une politique de croissance, imposer des mesures impopulaires au prétexte de vouloir changer le monde dans un environnement géoéconomique basé sur le PIB relève du suicide politique.

Indépendamment de sa couleur politique, l’action d’un Magistrat influence pour plusieurs décennies notre quotidien. Sur le principe de la séparation des pouvoirs, l'actuel Président du Conseil d’Etat a pondéré son action bien d’avantage que lors de sa première législature prenant de cours celles et ceux qui pensaient que par sa stature il s’impose comme le chef.

Etonnamment, il répond aux sollicitations des journalistes qui s’étonnent des affaires qui secouent la république. Sans langue de bois, il les évoque laissant planer le doute quant à son esprit de collégialité alors que c’est surtout les articles à sensations qui mettent à mal le fonctionnement de l’Etat. Plus que pour un autre Magistrat, permettre au 4ème pouvoir de s’exprimer est pour Antonio Hodgers le signe d’une bonne santé démocratique.

Comme pour les 6 autres magistrats, les intérêts supérieurs de la République priment sur les intérêts privés. Chacun le vit avec sa sensibilité et son parcours mais personne ne pourra dire que Monsieur Hodgers que chaque élection remporté, il aura poursuivi son chemin sans tenir compte de ses responsabilités.

Une question me taraude pourtant, où vous arrêterez-vous Monsieur Hodgers ?

 

Antonio Gambuzza

Commentaires

  • Ce n'est pas la croissance qui est mal, mais ses conséquences sur le présent et futur. Il y a tellement de places de travail qu'il faut faire venir en masse des frontaliers. Ce n'est donc pas un argument.

    L'humain, sa qualité de vie, devrait être la seule préoccupation, et non une croissance absurde qui a pour but non de baisser le chômage, mais d'augmenter le nombre de frontaliers. Tant mieux pour eux, pour les vaudois.
    Mais pour les genevois, c'est la qualité de vie qui s'effrite dans une ville qui détruit son passé pour l'économie.

    Hodgers a oublié les fondamentaux. Le développement doit satisfaire l'humain sinon les maladies comme la délinquance et autres ravages sociales vont grandir.
    Sa vision est celle d'un technocrates qui voit les habitants principalement comme des statistiques et non des humains.

    Hodgers a des qualités, c'est certains, mais cela reste un intellectuel qui n'arrive pas descendre au niveau de l'humain, comme quasi tous ses collègues, pour la malheurs des genevois.

    Il n'est pas bétonneurs pour l'avenir de Genève, il l'est parce qu'il applique avec la vigueur technocratique une idéologie contradictoire de la croissance maximum avec la densification.
    L'écologiste qu'il est, comme beaucoup, considère l'humain comme nuisible, et ne se soucie guère de l'impact sur la santé physique comme psychique.

    Hodgers a des qualités, mais ils ne les mets pas aux services du bien-être des citoyens.

  • Je ne peux que vous donner raison sur votre analyse sociologique à ceci près que les postes à pourvoir sont plus nombreux que les actifs recensés sur le canton, d'où les conséquences pendulaires que l'on vit.

    Si je reprends votre très juste argument sur les nuisances, il ne faut pas oublier que chaque déplacement est nuisible pour un riverain, un voisin ou même un biotop.

    L'action politique de nos Magistrats est de créer des conditions-cadres. Par souci de collégialité, celles issues des rangs écologistes ressemblent, vu de l'extérieur, à quelqu'un qui actionne un frein à main sur une embarcation à la dérive... C'est fort regrettable mais ce fameux triangle magique est une contrainte que M. Hodgers semble avoir apprivoisé.

    Contre toute attente, la dernière partie de votre commentaire est une attaque qui se contredit elle même. Quel dommage pour l'échange d'idée!

  • Le grand atout de Hodgers est qu`il vient d`une famille ou l`on sait ce qu`est la démocratie et ou l`on a prouvé que l`on était capable de se battre pour elle. C`est peut-etre avant tout cela qui le rend différent de beaucoup de politiciens qui n`ont jamais les pieds hors de leur petit ego trois pieces cachemire tout-confort.

  • Merci aux Verts destructeurs du patrimoine, comme le dit clairemenet cet article:

    "SOS Patrimoine Contre l'enlaidissement de Genève monte à nouveau aux barricades. Le combat est singulier. La droite est pour la conservation du site et les Verts en faveur du béton."

    https://www.bilan.ch/opinions/etienne-dumont/labattage-des-arbres-a-commence-aux-allieres-la-maison-du-tir-a-larc-va-suivre

    Cette superbe maison historique est désormais détruite, alors qu'on avait proposé de l'intérgrer au projet de construction en faisant une bibliothèque ou une maison de quartier! Mais non il a fallu la raser intutilement pour la remplacer par du béton:

    https://www.facebook.com/contrelenlaidissement/

  • Une alliance était souhaitée sur ce point et sans contrepartie?

    Agiter des associations pour esquiver les engagements politiques sont des farces et des effets de manches qui ne prennent plus. Sans compter que la loi fédérale sur l'aménagement du territoire et son règlement d'application demande une densification autour des pôles de transports en commun.

    Pour que cette magnifique bâtisse soit sauvée il aurait fallu faire tomber les masques et proposer de vraies négociations. Comme toujours, anonymat et épouvantail prévalent, même dans la critique et la contradiction.

  • Le compromis n`est pas toujours possible, l`important étant de choisir en fonction du bien public. Alors que l`espace constructible est si rare en ville de Geneve, aurait-il été intelligent de garder a tout prix un vieux batiment en vertu d`une architecture un peu originale, quitte a en faire un autre musée de ci ou de ca que personne n`irait visiter? En fait, n`a-t-on pas politisé ce qui était du domaine de l`urbanisme?

  • de plus, sans présenter l'état sanitaire et les prévisions de santé des îlots de verdures urbains, il est facile de laisser les privés ou les associations gérer leur espace jusqu'à ce drame

    https://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/Un-grand-arbre-s-effondre-sur-la-chaussee-17169030

  • Oui, c'est éminemment ce qui se produit depuis le démantèlement des fortifications de la Ville. Un ouverture progressive de l'économie et un contrôle de son expansion territoriale.

  • Si la préservation du patrimoine et des arbres centenaires genevois n'a pas d'importance pour vous, c'est votre droit, mais de là à faire des "déclarations" du genre:

    "Agiter des associations pour esquiver les engagements politiques sont des farces et des effets de manches qui ne prennent plus"

    c'est indigne et démontre que vous n'avez pas le moindre argument valable.

    Répétez cela  à Madame le Professeur Dr Leïla el-Wakil de l'Université de Genève, elle sera enchantée de vous répondre.

    https://www.tdg.ch/editorial/btir-geneve-genevois/story/16404480

  • Vous évoquez le manque d'arguments alors que vous agissez et commentez sous couvert d'anonymat en vous servant de références écrites par d'autres.

    Cette parcelle doit être densifier afin de créer de la cohésion dans un projet global. La compensation d'arbres remarquables est prévue par la loi et vous pourrez vous époumoner tant et plus, celles et ceux qui ont fait barrage en espérant gagner 10 ans par quérulence politique en sont pour leur dépend.

    Il semble que vos amis et vous appréciez les partis girouettes qui vont dans un sens selon la volonté prépondérante de l'instant. Vous auriez dû prévoir que Les Verts genevois, dans leur immense majorité, sont fidèles à leurs idées et dans ce projet soutiennent l’abattage d'arbre positivement compensé avec de vraies zones de nature élaborées faisant sens pour la vie en générale et non pour le privilège de quelques-uns.

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