Air du temps - Page 16

  • Le nez dans le guidon

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    Ce qui me désole, c’est le manque de créativité. Toutes ces années d’études pour lesquelles il aura fallu, à chaque semestrielle, promettre allégeance à un courant de pensée. Les "matusards" compulsent des données telles que les bancs d’écoles leurs auront montré la voie. A aucun moment, lors de leur mise en pratique ils s’interrogent, chiffres en main. 

    Pourtant, un matin d’automne, je me suis réveillé avec l’idée saugrenue de développer les propos entendu la veille sur La Première: financer le transport collectif par une charge sociale. Avec un accès à l’office cantonal de la statistique, j’ai pu me livrer à l'addition de données, sur le nombre d’abonnements UNIRESO annuels ou mensuels livrés dans le canton, le nombre de personnes inactives ou encore le nombre d’apprentis.

    De manière factuelle, j’ai additionné le tout et, résultat surprenant, pour un coût sensiblement identique, le canton économiserait au bas mot 106 millions de francs pour l'année 2006. Je me suis pourtant gardé d'être trop optimiste car en additionnant tous les chiffres, l’économie aurait pu se monter à presque 150 millions sur une aide totale de 163 millions versée par le canton.

    Dans les faits, des transports collectifs qui s’autofinancent, avec, par effet de domino, une circulation pendulaire moindre et une qualité de l’air qui se stabilise, voire qui s’améliore.

    Alors je suis peut-être idéaliste, mais la responsabilité individuelle passe aussi par le porte-monnaie et, sans vouloir être monomaniaque, je pense que le canton a la responsabilité d’appliqué le libre-choix de transport en tenant compte des effets collatéraux.

    Une assurance transport qui profite au plus grand nombre, ça ne vous rappelle rien ?

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  • Les « à suer rance » sociales ont mals.

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    Sans détour, les assurances sociales qui sont en mains privées ou gérées par des fondations sous tutelle de la loi fédérale souffrent.

    Et les raisons sont multiples. Pour le deuxième pilier, l'investissement dans un portefeuille d’actions est formellement recommandé par la dite loi fédérale mais surtout, le risque est rendu obligatoire. Au lieu de se limiter à définir la stratégie de diversité des risques, la loi contraint les fondations de prévoyances selon un schéma bien établi. De facto, elles sont dans l’obligation d’investir dans le commerce privé avec des fonds publics. Car il faut le savoir, si les caisses se sont faites douchées par la gestion de tiers, eux n’ont pas souffert en percevant leur commission et ne sont pas redevable sur les pertes subies. Alors si pour cette catégorie de personne il est facile de poursuivre leur travail, je suis interloqué par l’attitude de leurs représentants politiques qui se veulent sauveurs de la veuve et l’orphelin en prétextant que c’est avec l’argent du contribuable que l’opération sera conduite. Gros payeur d'impôts, c'est surtout avec le leur!

    Rongé de remords ou touché au cœur de leur amour propre, la médiocrité de la Lamal, voulue par le parlement fédéral et sauvée par Monsieur COUCHEPIN, la voilà mise en défaut par l’aile la plus sociale de notre Entente cantonale. Cette volonté d’organiser le gel du paiement de la péréquation financière masque mal la responsabilité engagée qui pèse sur les trop-payés des cantons abritant les hôpitaux formateurs de notre pays. Le sommet de l’hypocrisie est fondé sur la légalité originelle de la non-rétrocession du trop-perçu car dès l’entrée en vigueur de cette Lamal, il était question de solidarité, valeur fondatrice de la Suisse moderne.

    De nouveau, les pères de notre prospérité étaient doté d’un sens pratique qui met au défi les hypothèses d’universitaires qui, trop souvent, vivent en théorie, pays voisin de l’utopie.

     

                                                                                       Antonio GAMBUZZA

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  • Sécurité dans le nez

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    Aujourd’hui, chaque parti politique se profile sur la sécurité. Intéressant de comparer l'opposition de style de chacun. Ce qui est désolant, c’est que les arguments des uns ne sont plus compris mais relayés de manière trompeuse et déformée, comme si les errances qui pèsent sur  la population était le fait d’un seul parti politique.

    Une poignée de licenciés universitaires jouent avec la sécurité sur la gamme de leur propre peur. Ils confisquent la force de notre démocratie directe en lobotomisant la pensée populaire. Leur crainte de n’être qu’une demi force politique est patente et cette volonté de ramasser deux fois leurs morts confine à la sottise la plus raffinée. 

    Le nivellement par le bas est beaucoup moins vendeur mais ça les rassure… Cela dit, chaque régime démocratique devenu totalitaire a connu une déchéance aussi foudroyante que son ascension. La lumière dont tout le monde parle dans les dictatures éclairées je présume…

    Ce qui me désole plus encore, c’est le fâcheux mimétisme institutionnel dont s’affuble notre république en prenant exemple sur une puissance nationale avoisinante (sic). En effet, quoi de plus inintelligent que de reprendre le régime présidentiel français, antidémocratique au possible, à la majorité confiscatoire et au pouvoir démesuré d'un seul courant de pensée. L'officialisation de notre quotidien en somme... Sauvons-nous la face en gardant voix au chapitre sur les 6 autres ministres? Un pis aller, tout au plus!

    Pourtant, dans l’ombre des grandes déclarations, un petit bout de femme a réussi un tour de force aussi flamboyant que mésestimé. Paris a reconnu l’urgence de nous envoyer des renforts de gendarmerie dans le bassin Annemassien. Efficace ? Il semble que leur venue est couplée a une mission claire; répondre favorablement à la coopération transfrontalière, ce qui sous-entends une amélioration de la communication entre les parquets de l’agglomération. 

    Il faut relever ici que tout fut conduit avant l’acceptation de la nouvelle Constitution genevoise. Et si notre fier et grand voisin accède aujourd'hui à nos requêtes parce que nous connaissons enfin un régime présidentiel, les députés franco-suisse sont les dignes héritiers des agents d’influences américains agissant dans les dictatures non éclairées de leur sud continental. 

    Et si ces binationaux quittaient la scène politique genevoise, quelles seraient les idées dominantes? Et si leur objectif était de consolider leur présence dans une région qui connaît une croissance du PIB faisant écho à leur esprit libéral? Qu’ils soient les bienvenus mais leurs idées combattues! Devons-nous agir en peuple soumis et vaincu, leur offrant les clés de nos institutions et l’âme de nos différences? Sous notre latitude, tant que l’argent suit leur venue, l’honneur est sauf...

     

                                                                           Antonio GAMBUZZA

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