15/10/2013

Tell est pris aux bas résilles

La culture de la provocation ne fonctionne que sur les autres. Le quotidien le Courrier du 14 octobre 2013 nous apprenait que certains hommes étaient scandalisés par la Marche des Salopes, leur susurrant même un risque pour leur intégrité.

Dans la lecture des idéologies qui ont cours, faut-il y lire les propos d’intégristes de la femme au foyer, plus petit commun dénominateur entre les extrémistes homophones et allophones? Sans doute aucun. 

Pourtant, quand deux cents jeunes femmes revendiquent leur droit d’exister, d’avoir des loisirs et de vivre en sécurité, la lecture binaire de l'échiquier politique vol en éclat. Quel est leur degré de motivation ? Le thermomètre du 12 octobre témoigne de cette dernière à un point tel que toute femme qui voterait pour une politique sécuritaire plus forte le ferait en toute légitimité tant les témoignages recueillis pendant le walk sont bouleversants.

La sécurité n’est pas une affaire de préjugé mais d’anticipation. Et si pour garantir la sécurité de celles qui souhaitent vivre et profiter des loisirs qu’offre notre belle République il faut plus de gendarmes, de police des transports, de médiateurs culturels et de place de prison, alors je crois sincèrement que ce n’est pas le moment de baisser les impôts mais de se donner les moyens de lutter contre le grand banditisme qui s’instille chaque jour sous la forme de larcins à la petite semaine.

Puisque la gauche montre des signes d’impuissances face à la montée de l’insécurité et que la droite préconise carrément des baisses d’impôts et un diminution des prestations, sachant que sur le volet sécuritaire, aucune explosion de coût est à prévoir tant la formation de gendarmes ne permet pas d'endiguer les départs naturels. La droite de la droite elle, s’accorde sur un tir de barrage contre la politique de gouvernance, favorisant les alliances de circonstances et la politique du pire. En effet, comment concilier baisse d'impôt et maintient des prestations?

Une solution se dessine avec la politique des finances de la gauche et un projet sécuritaire viable. Pour le mettre en place il faut, avec les candidats actuels, un Vert, deux Socialistes, deux PDC et deux PLR. Aussi, je me demande si pour la majorité silencieuse et le 69% des voix exprimées le 6 octobre 2013, il ne serait pas préférable de voir une solution du moindre mal émerger le 10 novembre, ralliant une majorité en faveur de nos traditions, de nos emplois et de notre avenir.

 

Antonio Gambuzza

http://www.youtube.com/watch?v=4wNknGIKkoA

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07/10/2013

Les raisons internes au parti.

Si je dissèque la volée de bois vert que l’écologie s’est mangée en ce 6 octobre, je m’aperçois que son discours en faveur de thématiques qui ne lui sont pas historiques lui aura été fatal, tout comme ses thèmes de campagnes habituels.

 

La vision financière de nos conseillers d’Etats sortis est très souvent jugée comme étant trop à droite, ce qui nous aura coûté le soutien d’une gauche qui refuse de voir une économie se libéraliser par crainte de ne pas opposer de réponses convaincantes à une complexité économique toujours plus préoccupante.

 

La mobilité aura eu raison de bien des élus verts. Jugés trop dogmatiques, les allégations de nos adversaires sont sans arguments convaincant mais constituent une somme de reproche très importants. Personne n’a su expliquer pourquoi les changements aussi mauvais du réseau de transport public étaient indispensables pendant la durée du chantier du siècle. Dans le bal du report des voix, le coût en est salé. Peu importe d’avoir raison ou tord, ceux-là même qui ont fait durer la guerre des transports n’auront pas remporté cette guerre mais la bataille du développement de notre métropole au cœur de son bassin économique semble avoir quelques soucis à nourrir. 

 

Le discours tiers-mondiste est aussi la raison de ne plus recevoir des voix de droite. En effet, l’immigration de masse, la misère qui frappe à nos portes et dans nos rues, le chômage des jeunes comme des séniors rend ostensiblement les idées fraternelles ringardes et dépassées. Le multikulti est mort sous la promesse de voir des mosquées envahir les nouveaux quartiers ou les repas scolaires se conformer à de nouvelles coutumes.

Ce n’est pas en avivant des relents de haines que je souhaite combattre la montée d’un nouvel obscurantisme religieux. Mais il faut croire que le choc identitaire ne se préoccupe pas de la manière et se borne à justifier sa finalité. A croire que religion et politique sont résolument incompatible dans le landernau genevois.

 

Au final, Les Verts ont un discours qui ne séduit plus non par lassitude mais par la diminution de l’attention portée à celui-ci. Faut-il alors imaginer que le peuple s’est trompé ? Il y a là un  pas que je ne suis pas prêt de franchir. La démocratie ne sort peut-être pas grandie de cet exercice, j'ose espérer que c'est un recul pour mieux reprendre son élan. En ce 6 octobre, le peuple a eu le dernier mot et celui-ci se traduit ainsi :

Ne touche pas à mon emploi ni ma bagnole et retourne faire la loi chez toi !

 

Antonio GAMBUZZA

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06/10/2013

Le Vert est dans le fruit.

 

Il y a des jours plus doux que d’autres. Ce dimanche serait un dimanche noir si ma confiance en nos institutions était ébranlée. Ancien candidat à cette élection, je suis solidaire de cette volée que Les Verts doivent digérer. Elle ne me réjouit guère et se dessine en traversée du désert. La question qui me taraude est pourquoi ?

Est-ce que Les Verts se prennent une veste prévisible sans réagir ? Est-ce de la naïveté ou un excès d’orgueil ? Je n’imagine pas un instant que des gens universitaire puissent avoir eu le projet de se saborder en favorisant un candidat plutôt qu’un autre. Ce qui ne s’est pas fait en congrès se décide aujourd’hui avec le renoncement de Michèle Künzler.

La symbolique passée, qu’est-ce qui rend cette défaite aussi amère ? Je me risque à quelques pistes :

-       La conjoncture internationale.

La crise aidant, la foi en l’avenir s’est étiolée de manière factuelle. Au final, la crispation pèse sur la certitude de maintenir son emploi ce qui l’aura emporté sur les projets d’envergures qui animent Genève. 

-       Le libre choix du mode de transport.

La possession de la voirie dédiée à la mobilité se fonde sur qui se déplace comment. Actuellement, l’impression de voir celle-ci réservée aux pendulaires est patente au point que les genevoises et les genevois ne partagent pas cette vision. Dès lors, le CEVA donnera un ballon d’air à la mobilité et une planche de salut qui se profilera en faveur de cette formation politique dans dix ans au mieux.

-       Le Grand Genève.

Les Verts sont la première formation politique du canton à mettre ouvertement en avant des Suisses vivant en France voisine. Cette notion s’articule en tiroir avec les problèmes de logements, de mobilité et des soins. La crispation s’en ressent et d’un coup d’un seul, le corps électoral se recentre sur ses fondamentaux. La peur de vivre une épuration économique propulse l’électeur vers ses bourreaux comme la brebis quitte le troupeau et son berger.

 

Et l’avenir dans tout ça ? 

Les blocs de l'Alternative et populistes devront s’échiner à séduire un centre droit qui se profile en arbitre et en force de proposition. Cependant, la gauche devra ne pas céder aux sirènes des victoires d’étapes afin de s’ériger en opposition face aux dégradations des conditions-cadres de l’emploi, du logement et de la mobilité, quitte à voter comme un seul homme avec son alter-égo-franc-tireur qu’est l’UDMCG, quitte à voir ses propositions combattues.

 

Antonio Gambuzza

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