16/02/2016

Le Monopoly, les Députées et le suicide fiscale

L’Europe décide seule de son avenir et de sa diplomatie. Rien de plus normal qu'un Etat ou un conglomérat de Nations détermine par quelle forme s'expriment ses relations commerciales, politiques et diplomatiques avec le reste du monde.

Il n’empêche que pour la petite Suisse et ses niches fiscales, 2016 et le règlement européen CE/883 apportent une pression nouvelle et rétroactive en guise d’étrennes (Le Temps du 23.12.2015 et la TdG électronique du 24.12.2015).

Nouvelle ? Pas tant que ça ! Le règlement CE/883 est entrée en vigueur le 1er mai 2010. Il apparait clairement que les organisations patronales sous l’impulsion (sic) du Conseil fédéral ont préféré jouer la montre plutôt qu’anticiper. De l’aveu même du Département Fédérale des Finances daté du 29 avril 2015, c’est parce que l’UE voulait s'adapter au système d’imposition helvétique qu’en 2004 déjà celle-ci durcissait son règlement entériné 4 ans plus tôt.

En 2008 (re sic), suite au refus international des propositions fiscales helvétiques, le Conseil fédéral engageait une réflexion sur notre système d’imposition différencié entre les multinationales et les entreprises locales. Espérant adoucir les effets d'une fiscalité agressive envers les entreprises locales employant des frontaliers percevant des revenus des deux côtés de la frontière, c'est en 2012 que le projet RIE III (votation du 28 février 2016) fut mis sous toit par notre parlement fédéral.

A Genève, C'est à cette date que la droite élargie a engagé le bouclier fiscal protégeant les hauts revenus et les grandes entreprises. Les PME et autres petits patrons n'ayant plus qu'à "crevoter" dans leur coin, sous les charges de l'administration française. Dans son immense mansuétude, les Députés genevois auraient-ils pu proposer la création d'un fond remboursable à destination des PME en difficulté?

Alors la "surprise" annoncée est due à quoi? Une mauvaise communication du syndicat patronal, de la différence d'échelle fiscale entre une PME et une holding, l'indépendance de certains patrons ou tombons nous encore dans la rhétorique de la droite qui nous vante la création d'emploi occupé par des européens ou une ligne éditorial des médias qui nous surprendra toujours pas son manque d'objectivité?

Le plus aberrant dans tout cela est de constater que si la dette se creuse, c'est n'est pas à cause d'une hausse des dépenses ou une action de déstabilisation extérieure à nos frontières, non. C'est par une réponse tardive de notre élite, agitée par une volonté de revoir entièrement les recettes sans projet clair pour les dépenses, le tout sous des modifications annoncées, validée et mise en application depuis 15 ans par nos "voisins" commerciaux.

Antonio GAMBUZZA

 

18:53 Publié dans Genève | Tags : rie 3, tdg, accords bilatéraux, ue | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

20/10/2015

La troisième force, l'Entente et le sourd-muet.

Le second tour des élections sénatoriales de la République et Canton de Genève et ses travers moraux promet quelques joutes verbales des plus exquises. Forte de sa victoire, la droite élargie a ouvert les festivités.

Non content de surargumenter, leurs effets de manche continuent de nous distraire. Par exemple, nous entendons dans un même souffle le PLR conditionner un deuxième siège UDC au Conseil fédéral et nous dire combien il serait regrettable qu'une formation minoritaire représente leurs intérêts à la Chambre haute de notre parlement.

Depuis 1848, l'Assemblée fédérale à comme mission première d'élire notre Exécutif fédéral. L'équilibre de notre parlement ne peut être garanti par un seul parti. C'est pourquoi la pluralité des courants nous permet d'assurer un équilibre saint et serein afin de garantir un avenir à l'ouvrier ou au capitaine d'entreprise.

Au National, Genève a propulser l'image de son exécutif cantonal à cette fin. Chaque formation gouvernementale de notre République a remporté sa part de représentation. Mais, l'ivresse du pouvoir déclenche chez le vieux parti un élan que seul son cousin de l'Entente peut réfréner.

Pourtant, il n'est pas inutile de rappeler que la volonté de nos concitoyens est de préserver une nation forte et indépendante, tout ce que le PLR ne garanti pas, en soutenant la réforme de l'armée ou en galvaudant la souveraineté de notre migration.

Fort d'un candidat aguerri aux arcanes électorales, le vieux parti prétend que la gauche ne mérite qu'une place aux états et désigne naturellement quel candidat adverse il faut préférer.

Je l'admets sans détour, je suis séduit par la maitrise des affaires politiques du PLR, je suis pétri de fierté par l'électeur helvétique qui se démène pour que son confort se maintienne à un niveau respectable mais durable, mais je suis encore plus admiratif par la capacité des tribuns prolétaires à s'éloigner des craintes de leur électorat.

Dans un dernier souffle opportuniste, il serait utile de se rappeler que pour pour défendre la classe moyenne il faut soutenir l'action positif de l'économie ET les intérêts des personnes non-actives. 

Les 7 élus de la droite élargie sont parfaitement compétant pour garantir les attentes économiques et migratoires de Genève. Face à un parlement résolument à droite, il faudra tout le talent des 4+(2) élus de l'Alternative pour influencer et soutenir le développement social et durable de notre canton.

 

Antonio Gambuzza

 

22/04/2015

Comment expliquer la défaite des Vert’Libéraux

Je m’étonne de voir comment un parti cristalise l’intérêt de la télé-locale Léman Bleu. N'étant pas télévore, je doute qu’une telle couverture médiatique a été offerte au PBD ou au PEV.

Ce jeu médiatique mérite que je m’y attarde. Pourquoi moi me direz-vous ? Peut-être que c’est mon intérêt pour la politique, sûrement mon vœu de voir l’écologie triompher de notre model économique, mais c’est certainement parce que j’ai côtoyé ce parti dans l’hémicycle municipale de Plan-les-Ouates. 

En écoutant le vice président suisse des Vert’Libéraux (1min 23sec), tout est la faute au quorum qui plombe les partis émergents. Je m’attarde sur ce terme barbare qui signifie que pour siéger, le corps électoral doit accorder 7% de ses suffrages à un candidat ou à un parti avant de l'adouber d'un droit de représentation.

Je trouve intéressant de reporter ses échecs sur son environnement, d’autant que c’est bien là son cheval de bataille. Des partis émergents, il y en avait un en 2005 qui se nommait MCG. En 12 ans, ce parti est parvenu à truster les diverses strates de la politique genevoise. Le président du PLR s’en amuse et renchérit même sur la reprise en main de la politique communale par sa formation pour évoquer la déroute des Vert'Lib.

Alors quoi ! Ce parti ne serait pas assez Républicain pour l’Electeur ? Est-ce la personnalité des candidats ? Est-ce que les déboires fédéraux de ses caciques sont restés dans les mémoires ? Est-ce l’absence de vraies priorités dans leur discours ? Est-ce  leur stratégie basée avant tout sur une couverture médiatique ou tout simplement la somme de toutes les raisons qui n’ont pas comme origine l’environnement politique genevois ?

Je débutais mon post en affirmant que j’avais siégé avec ce groupe. Je peux vous affirmer que d’émergeant, ses représentants n’ont que le prénom. C’est même pour cela que la présidence fédérale du parti a jeté son dévolu sur un homme aux ambitions politiques affirmées, qui a su les convaincre que son éviction de l'Exécutif communal dans lequel il a fait l'unanimité contre lui était en fait la conséquence d’une incompréhension des électeurs. Il n’en a pas fallu d'avantage pour lancer dans la valse genevoise d'autres personnalités tout aussi ambitieuses et proches du pouvoir.

Lorsque j’entends le président genevois affirmer que c’est l’avenir du parti cantonal qui est menacé, c’est surtout de sa présidence qu’il est question. Il n’y a que le principal interressé qui fait semblant de ne pas s’en apercevoir.

 

Antonio Gambuzza

22:31 Publié dans Genève, Humeur | Tags : les vert'libéraux, isabelle chevalley, sue putallaz, martin baülme, léman bleu. | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |