22/04/2015

Comment expliquer la défaite des Vert’Libéraux

Je m’étonne de voir comment un parti cristalise l’intérêt de la télé-locale Léman Bleu. N'étant pas télévore, je doute qu’une telle couverture médiatique a été offerte au PBD ou au PEV.

Ce jeu médiatique mérite que je m’y attarde. Pourquoi moi me direz-vous ? Peut-être que c’est mon intérêt pour la politique, sûrement mon vœu de voir l’écologie triompher de notre model économique, mais c’est certainement parce que j’ai côtoyé ce parti dans l’hémicycle municipale de Plan-les-Ouates. 

En écoutant le vice président suisse des Vert’Libéraux (1min 23sec), tout est la faute au quorum qui plombe les partis émergents. Je m’attarde sur ce terme barbare qui signifie que pour siéger, le corps électoral doit accorder 7% de ses suffrages à un candidat ou à un parti avant de l'adouber d'un droit de représentation.

Je trouve intéressant de reporter ses échecs sur son environnement, d’autant que c’est bien là son cheval de bataille. Des partis émergents, il y en avait un en 2005 qui se nommait MCG. En 12 ans, ce parti est parvenu à truster les diverses strates de la politique genevoise. Le président du PLR s’en amuse et renchérit même sur la reprise en main de la politique communale par sa formation pour évoquer la déroute des Vert'Lib.

Alors quoi ! Ce parti ne serait pas assez Républicain pour l’Electeur ? Est-ce la personnalité des candidats ? Est-ce que les déboires fédéraux de ses caciques sont restés dans les mémoires ? Est-ce l’absence de vraies priorités dans leur discours ? Est-ce  leur stratégie basée avant tout sur une couverture médiatique ou tout simplement la somme de toutes les raisons qui n’ont pas comme origine l’environnement politique genevois ?

Je débutais mon post en affirmant que j’avais siégé avec ce groupe. Je peux vous affirmer que d’émergeant, ses représentants n’ont que le prénom. C’est même pour cela que la présidence fédérale du parti a jeté son dévolu sur un homme aux ambitions politiques affirmées, qui a su les convaincre que son éviction de l'Exécutif communal dans lequel il a fait l'unanimité contre lui était en fait la conséquence d’une incompréhension des électeurs. Il n’en a pas fallu d'avantage pour lancer dans la valse genevoise d'autres personnalités tout aussi ambitieuses et proches du pouvoir.

Lorsque j’entends le président genevois affirmer que c’est l’avenir du parti cantonal qui est menacé, c’est surtout de sa présidence qu’il est question. Il n’y a que le principal interressé qui fait semblant de ne pas s’en apercevoir.

 

Antonio Gambuzza

22:31 Publié dans Genève, Humeur | Tags : les vert'libéraux, isabelle chevalley, sue putallaz, martin baülme, léman bleu. | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

21/04/2015

Le propre de l’homme est de réfléchir avant d’élire

Le propre des nouveaux partis est de trouver une solution face à leur signe indien.

Si les Verts chutent inexorablement, c’est justement parce qu’ils n’ont pas accordé assez d’importance à la tolérance. Depuis le temps, ils devraient peser le pour et le contre de la parité au sein de leur représentation politique. Qui souhaite s’engager dans un mandat électif pour des raisons de genre? Ces dernières années, hormis Les Socialistes, aucun parti n'a souhaité collaborer avec une personne présente pour des raisons dogmatiques.

Qu’un homme ne puisse se présenter pour raison de surnombre est déjà un drame démocratique. Mais qu’une femme ne puisse se convaincre que sa place est due à ses compétences s’apparente à un déni pur et simple. Pourtant, dans ce parti les sections communales ont encore le choix de présenter leurs candidats. Malgré cela, leur communication politique reste floue. Ce que je constate, c’est que les sections qui ont fait le pari de présenter une liste sans accorder d’importance à cette parité ont fait mieux que résister.


Le MCG a d’autres chats à fouetter. Lui qui se gargarisait de son écho auprès de la population et chacun y est allé de sa docte explication quand à sa vertigineuse ascension qui devait s’atténuer en 2015. Même les plus optimistes se sont trompés en leur accordant le crédit d’une croissance continue qui aurait vu l’Entente fusionner en un seul parti dans les dix ans. Se faisant, la douceur de l’analyse journalistique n’a pas suffit. La TdG qui titrait : "le MCG stoppé net" masquait mal la réalité. Ces élections furent une Bérézina auquel personne ne s’attendait.

Le comité directeur du parti préfère même tancer la Tribune de Genève plutôt que d’analyser la cruauté des propos tenus pendant sa campagne électorale. Avec le résultat des municipales 2015, ils doivent envier la performance cantonale de leur cousin de la Lega.

Leur vile accusation envers le quotidien genevois pourrait être un énième effet de manche mais il se pourrait que certains tribuns tentent de créer de toute pièce l’infrastructure médiatique qui assurerait une ligne éditoriale ne souffrant d’aucune censure. En auront-ils les moyens ?


L’UDC, premier parti de Suisse ne parvient pas à se faire une place dans les communes et dans la République. L’analyse politique se voudrait plus difficile tant son petit frère MCG attire les raisons pavloviennes d'épanouissement du mouvement agrarien. Pourtant, c’est bien parce que les intolérants de tous bords se retrouvent dans la ligne économique de l’Entente que ce parti peine à convaincre l’économie rurale. Aussi sympathique que peuvent être ses leaders et ses représentants, c’est bien la vacuité de leur programme genevois qui fait défaut au point qu'il me semble inopportun d'évoquer le signe indien. 


Quand aux partis émergents tel que le PBD, les Vert’libéraux et autres PEV, c’est sans doute leur idéologie et le charisme de leurs dirigeants qui leur occasionne un dégât d’image. L’Electeur préfère se détourner de leur discours. 

Antonio Gambuzza 

 

27/01/2015

Le papillon et ses effets

Le 7 janvier 2015, deux hommes qui ne souhaitaient pas vivre longtemps ont attenté à notre quiétude quotidienne en abattant 11 personnes dans les locaux d'un journal satirique.

Après un émois planétaire, la normale n'a pas tardé à reprendre le dessus, tout d'abord avec des centaines de rassemblements pour une liberté d'expression en recul face au dieu dollar, puis, par les manifestations de soutien d'une lecture littérale d'un texte millénaire qui a prouvé comme d'autres textes avant lui que ce qui est édifié au nom d'une force invisible, n'est pas un catalyseur de Paix entre les peuples.

27 janvier 2015, un peuple à l'agonie décide de tourner le dos à l'escalade des conflits et renvois les survivants d'une idéologie d'un passé pas si éloigné, en portant au devant de leur scène politique un homme issu d'un programme tourné vers le bien-être direct de la population, qui il a eu l'intelligence de s'associé avec des financiers qui ne soutiennent pas l'austérité imposée par une Europe tournée vers les marchés émergents.

Si les résultats de ce choix démocratique se mesureront dans quelques mois, les attentes ne se font pas prier pour prendre le dessus des préoccupations du futur gouvernement Grec. Les ministres en charge de la dette internationale de ce pays ont pourtant déjà évoqué l'impossibilité de réduire le remboursement d'une dette contractée pour avoir voulu respecter les closes de leur pacte de stabilité. Edifiant!

Le recul de l'Aube dorée est en soit une victoire et, le pire des scénarios pourrait être le début d'une remise en question de l'inertie du programme "monnaie unique" de ce parlement européen. Les conséquences en cascade seront un démantèlement de ce qui fait de l'Europe politique un état centralisé et totalitaire et la chute des pays satellite dont la Suisse fait partie.

Une certitude, notre économie va devoir développer des trésors d'innovation pour ne pas totalement sombrer et les forces vives de notre pays devront accepter d'être au coeur d'une tempête financière. Les discours va-t-en-guerre des superpuissances ne calmeront pas les ardeurs d'employés rompus au management agressif, qui vont sans doute devoir marcher sur la tête de leur propre famille pour préserver les dettes qu'ils auront contracté lors de taux d'intérêts historiquement bas...

La seule certitude que je nourris est que chacun de nous est le parent de son propre bourreau. 

Antonio Gambuzza