11/11/2013

Blues sentimental pour une Genève trop silencieuse

Dans la course au Conseil d’Etat, en quoi Monsieur Poggia mérite plus d’être élu que Monsieur Apothéloz ? L’écart de voix qui les sépare est infime et, sans remettre en cause le vote de ce dimanche, je vous propose un exercice qui se nomme « nous sommes toujours plus intelligent après ».

L’unisson qui règne au parti citoyen n’est plus à démontrer. Dès lors, il faut donc chercher les raisons de son succès dans les détails. Comme je n’ai aucune accointance avec ce mouvement, je vous laisse vous faire votre chasse que diable! 

 

L’Alternative a décidé de mener campagne auprès de sa base en se reposant sur les résultats des autres années et sa capacité de séduction. Elle s’est donc concentrée sur une communication auprès de journaux engagés pour copieusement dédaigner les journaux populaires, tout le contraire de son fossoyeur.

Monsieur Apothéloz est un homme d’action. De là, penser qu’il n’est pas un homme de terrain et de campagne, l’amalgame ne semble pas loin et pourtant ; lui sait que pour toucher le cœur des gens il faut leur parler auprès de leurs sentiments. A tors ou à raison, ses amis politiques l’ont accusé plus d’une fois de faire cavalier seul. Pourtant, au premier tour il tutoya largement sa colistière AET, sans doute par ses encarts personnel et financés par ses soins dans le quotidien de boulevard ET gratuit romand. 

Respecter les marges est ineptes et antipolitique. La politique c’est dépasser les marges et les acquis, c’est voir plus loin pour réaliser ses rêves du bien commun et, pour avoir respecté un code de conduite, l'Alternative a perdu l’occasion d’être une vraie force politique. Cette mollesse aura-t-elle eu raison de son engagement? Qui peut le savoir...

 

Le sort en est jeté pour quatre ans et demi. Verrons-nous un Vert aux affaires sociales et un avocat à la mobilité ? Nous avons élus des personnes qui s'intéressent à ce qui coûte, pourvu que ça leur rapporte. Je peine à être optimiste et rien ne sera plus semblable demain, que nos jours précédents. 

 

Antonio Gambuzza

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30/10/2013

Questions à deux milles wath’s.

Cocorico, le plein-emploi précaire s’en revient à Genève. Précaire car même si le montant dédié à la recherche en faveur du BHP est astronomique, l’horizon temporel et ses retombées pour Genève tempèrent mon euphorie première.

 

De prime abord, le loyer, payé par le Canton, semble se situer dans la fourchette des prix pour un bâtiment de ce type mais qui payera l’entretien courant et exceptionnel ? Pendant que le site continuera d’offrir un rendement confortable à ses propriétaires, c’est la durée de cette modélisation de cerveau humain et le volume d’emplois générés qui m’intéressent. 


A l’époque de Merck-Serono, 1'300 personnes environ travaillaient sur le site alors que les chiffres avec le BHP annoncent 200 chercheurs suisses pendant 2 ans puis, d’ici 2023, des chercheurs allant et venant de toute l’Europe. Leurs séjours et leurs besoins seront pris en charge par qui ? Leurs salaires, versés par leurs employeurs respectifs, n'apporteront aucune manne à notre fiscalité cantonale.

 

Le résultat scientifique de ces recherches reviendra au 135 partenaires engagés, certainement au prorata des montants investis et, il va s’en dire que l’intérêt pour la science fera vite place aux financiers et c’est tant mieux.

 

Sans entrer dans les spéculations sur les salutaires applications futures, il me semble que la liberté de commerce vantée par nos élites reçoit un sérieux coup de canif. Songez un instant que « les cherches-erreurs » des universités européennes seront rétribués par de l’argent public, que la Confédération Helvétique a débloqué 4,4 milliards de francs pour soutenir ce projet et que les médicaments futurs seront remboursés par les caisses maladies, sans oublié le loyer. J’ai de quoi nourrir certaines interrogations, pas vous?

 

Mais d’imaginer que cela fasse le bonheur notre Conseil d’Etat, il y a un pas que je franchis sobrement. Si l’échéance de 2023 permet d’organiser une montée en puissance de nos infrastructures, je doute fort que les objectifs affichés en 2010 soient oubliés. Le développement des activités « bio/clean  techs » portaient tous les espoirs d’une diversification durable de notre tissu économique, jusqu’au départ de Merk-Serono. Une dernière question pourtant; est-ce que les loups ont laissé s'affaiblir leur proie? 

 

Ce projet est pourtant une formidable opportunité. Il renforce la position de la région dans ses compétences et démontre que l’excellence ne peut se toucher qu’en étant ouvert sur le monde, en sublimant ses complexités.


Si le prestige n’apporte pas de ressource, il nous appartient de poursuivre cette alchimie qui voit la matière grise se transformer en or. Pour se faire, le futur Conseil d’Etat devra travailler pour l'avenir en soutenant également de jeunes entreprises, en participant à l’élaboration de leurs développements et au financement de leur mise en production industrielle, intérêts financiers à la clés pour ce dernier chapitre.

 

 

 

Antonio Gambuzza

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15/10/2013

Tell est pris aux bas résilles

La culture de la provocation ne fonctionne que sur les autres. Le quotidien le Courrier du 14 octobre 2013 nous apprenait que certains hommes étaient scandalisés par la Marche des Salopes, leur susurrant même un risque pour leur intégrité.

Dans la lecture des idéologies qui ont cours, faut-il y lire les propos d’intégristes de la femme au foyer, plus petit commun dénominateur entre les extrémistes homophones et allophones? Sans doute aucun. 

Pourtant, quand deux cents jeunes femmes revendiquent leur droit d’exister, d’avoir des loisirs et de vivre en sécurité, la lecture binaire de l'échiquier politique vol en éclat. Quel est leur degré de motivation ? Le thermomètre du 12 octobre témoigne de cette dernière à un point tel que toute femme qui voterait pour une politique sécuritaire plus forte le ferait en toute légitimité tant les témoignages recueillis pendant le walk sont bouleversants.

La sécurité n’est pas une affaire de préjugé mais d’anticipation. Et si pour garantir la sécurité de celles qui souhaitent vivre et profiter des loisirs qu’offre notre belle République il faut plus de gendarmes, de police des transports, de médiateurs culturels et de place de prison, alors je crois sincèrement que ce n’est pas le moment de baisser les impôts mais de se donner les moyens de lutter contre le grand banditisme qui s’instille chaque jour sous la forme de larcins à la petite semaine.

Puisque la gauche montre des signes d’impuissances face à la montée de l’insécurité et que la droite préconise carrément des baisses d’impôts et un diminution des prestations, sachant que sur le volet sécuritaire, aucune explosion de coût est à prévoir tant la formation de gendarmes ne permet pas d'endiguer les départs naturels. La droite de la droite elle, s’accorde sur un tir de barrage contre la politique de gouvernance, favorisant les alliances de circonstances et la politique du pire. En effet, comment concilier baisse d'impôt et maintient des prestations?

Une solution se dessine avec la politique des finances de la gauche et un projet sécuritaire viable. Pour le mettre en place il faut, avec les candidats actuels, un Vert, deux Socialistes, deux PDC et deux PLR. Aussi, je me demande si pour la majorité silencieuse et le 69% des voix exprimées le 6 octobre 2013, il ne serait pas préférable de voir une solution du moindre mal émerger le 10 novembre, ralliant une majorité en faveur de nos traditions, de nos emplois et de notre avenir.

 

Antonio Gambuzza

http://www.youtube.com/watch?v=4wNknGIKkoA

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