05/01/2014

Dieudonné ou pas!

Depuis quelques temps, j’ai une irrésistible envie de faire une analyse sociologique de « la Quenelle ». Non que la gastronomie me tente mais l’art de faire rire de Dieudonné n’est pas mort avec son éviction des médias nationaux français. Il produit, se produit, entretien savamment sa mécanique cérébrale du rire. 

Doué et surdoué, sans faire sa biographie, il séduit encore par ses airs enjôleurs et enragés, sa science des gags en tiroirs et un sens de la provocation hérité des humoristes des années 80. Quand à son geste de ralliement, je n’ai aucune raison de douter sur la sincérité de ses propos; c’est un geste apolitique. Est-ce une manipulation de plus ou est-ce la multiplication de ses combats qui le précèdent comme une traînée de poudre ?

Si je ne puis adhérer à ses idées conspirationnistes, je ne puis non plus épouser celle de ses détracteurs. La chasse aux sorcières est lancée et ses partisans se font mettre à pied voire licencier sans raison. Ce sont des femmes et des hommes qui s’expriment avec un geste qui veut dire « dans ton c.. » et qui porte leurs espoirs d’une vie plus sûre, d’un retour de la croissance et du bien-vivre français. Agir de la sorte envenime une escalade qui mène certains à se faire justice, encourage un ministre de l’Intérieur qui se voit déjà en candidat de la gauche pour la présidentiel de 2017.

En 2005 d’une expression populaire, cet homme de théâtre donne naissance à un geste impopulaire. Un homme qui a su cultiver le renouvellement de son public fait forcément tâche d’huile. Wikipédia nous apprends que le militant, de gauche au début de sa carrière, a glissé à l’extrême-droite depuis 2001, en affirmant que c’est là que s’expriment les vraies valeurs socialistes.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Dieudonné
http://www.huffingtonpost.fr/2013/12/31/quenelle-docteur-...

Comme dans toutes les bassecours où se côtoient les coqs, Dieudonné semble encore avoir une longueur d’avance sur ses détracteurs. Ses réponses vidéo sont une intifada médiatique qui se nourrit du ras-le-bol d’une partie de la population française. Tous attendent des actes politiques égalitaires et fraternels mais voient leur appareil politique être le faire-valoir d’une morale qui se mue au gré des vents. 

Aucun protagoniste de cette nouvelle croisade ne peut porter les couleurs de l’apaisement. Le système politique a pour lui la loi et le réseau, le bouffon du roi son idéal. Victime de son impopularité, une quenelle pourrait être populaire, sauf quand c’est Dieudonné qui l'exprime. 

Dans un monde idéal, nos contrées devraient être les plaines de la réconciliation des peuples. Nous voilà réembarqué sur la transposition des conflits moraux qui galvanisent le monde. Comme le dit cet artiste décrié :  "-tu n’intéresses personne quand tu n’as pas de pouvoir d’achat."

Comme l’argent intéresse bien plus que la politique ou le sexe, c’est donc à celui qui aura la plus grosse; part de marché qui l’emportera. A ce petit jeu, c’est encore David qui l’emportera contre Goliath car le second ne pourra continuer à liguer sa population contre elle-même.


Antonio Gambuzza

17:30 Publié dans Humeur | Tags : dieudonné, théâtre de la main d'or, quenelle | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

30/10/2013

Questions à deux milles wath’s.

Cocorico, le plein-emploi précaire s’en revient à Genève. Précaire car même si le montant dédié à la recherche en faveur du BHP est astronomique, l’horizon temporel et ses retombées pour Genève tempèrent mon euphorie première.

 

De prime abord, le loyer, payé par le Canton, semble se situer dans la fourchette des prix pour un bâtiment de ce type mais qui payera l’entretien courant et exceptionnel ? Pendant que le site continuera d’offrir un rendement confortable à ses propriétaires, c’est la durée de cette modélisation de cerveau humain et le volume d’emplois générés qui m’intéressent. 


A l’époque de Merck-Serono, 1'300 personnes environ travaillaient sur le site alors que les chiffres avec le BHP annoncent 200 chercheurs suisses pendant 2 ans puis, d’ici 2023, des chercheurs allant et venant de toute l’Europe. Leurs séjours et leurs besoins seront pris en charge par qui ? Leurs salaires, versés par leurs employeurs respectifs, n'apporteront aucune manne à notre fiscalité cantonale.

 

Le résultat scientifique de ces recherches reviendra au 135 partenaires engagés, certainement au prorata des montants investis et, il va s’en dire que l’intérêt pour la science fera vite place aux financiers et c’est tant mieux.

 

Sans entrer dans les spéculations sur les salutaires applications futures, il me semble que la liberté de commerce vantée par nos élites reçoit un sérieux coup de canif. Songez un instant que « les cherches-erreurs » des universités européennes seront rétribués par de l’argent public, que la Confédération Helvétique a débloqué 4,4 milliards de francs pour soutenir ce projet et que les médicaments futurs seront remboursés par les caisses maladies, sans oublié le loyer. J’ai de quoi nourrir certaines interrogations, pas vous?

 

Mais d’imaginer que cela fasse le bonheur notre Conseil d’Etat, il y a un pas que je franchis sobrement. Si l’échéance de 2023 permet d’organiser une montée en puissance de nos infrastructures, je doute fort que les objectifs affichés en 2010 soient oubliés. Le développement des activités « bio/clean  techs » portaient tous les espoirs d’une diversification durable de notre tissu économique, jusqu’au départ de Merk-Serono. Une dernière question pourtant; est-ce que les loups ont laissé s'affaiblir leur proie? 

 

Ce projet est pourtant une formidable opportunité. Il renforce la position de la région dans ses compétences et démontre que l’excellence ne peut se toucher qu’en étant ouvert sur le monde, en sublimant ses complexités.


Si le prestige n’apporte pas de ressource, il nous appartient de poursuivre cette alchimie qui voit la matière grise se transformer en or. Pour se faire, le futur Conseil d’Etat devra travailler pour l'avenir en soutenant également de jeunes entreprises, en participant à l’élaboration de leurs développements et au financement de leur mise en production industrielle, intérêts financiers à la clés pour ce dernier chapitre.

 

 

 

Antonio Gambuzza

22:09 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

18/10/2013

A moi, l’arrière-garde !

En lisant mon quotidien électronique favori, j’apprends que des femmes de gauche ET de droites refusent en chœur l’initiative des familles de l’UDC. 

Si je m’en tiens au texte de loi proposé et selon celles en vigueurs dans les cantons, il n’y aurait aucun avantage pour un parent de rester sans emploi après la scolarisation de son enfant.

 

Si j’étends ma réflexion au revenu universel, qui rassemble en sa faveur bon nombre de parlementaires de gauche, je nourri quelque perplexité sur leur rejet de cette initiative. A droite en revanche, les contradictions sont toujours coutumières.

 

Le prétexte le plus inattendu vient de Mme Claudine (j’adore ce prénom) Esseiva, secrétaire des femmes PLR. Elle affirme que l’on ne peut défiscaliser un revenu qui n’existe pas. Pour le contribuable que je suis, défiscaliser consiste à sortir un montant payé à un tiers de son revenu imposable alors que pour elle, c’est carrément le revenu.

 

Je lis dans les commentaires recueillis par la TdG  que Mme Amaudruz, candidate au Conseil d’Etat, soutien sans condition le développement des crèches. Mais ne soutien-t-elle pas non plus une baisse de la fiscalité pour les entreprises et les hauts-revenus ? Son avis en faveur des crèches s'appuie sur quelle ressource financière ? Une taxe sur les voitures ou un péage urbain sur le pont de la rade ? La question est lancée !

 

Mme Chevaley témoigne avantageusement au nom d'une droite modérée et nous rappelle que Mr Blocher comparait les femmes dont le choix est de rester en emploi à des coucous, nichant dans le nid de ses voisins alors que Mme Roth Bernasconi nous révèle que le combat féministe ne supporte pas du tout ce qui aurait trait à un retour aux fourneaux de la ménagère.

 

Je tente de rester rationnel mais je constate un profond malaise dans l’esprit de nos décideurs. Les hommes, grands absents de cette enquête en pensent quoi? Si je prends la plume, c’est pour relever combien il est difficile qu’un avantage pour la majorité des citoyennes et citoyens soit accepté par l’élite de notre Nation. Il y a toujours une raison pour que cette majorité paye et ferme son clapet!

 

Si le 24 novembre cette initiative passe la rampe, le peuple n’aura pas plébiscité la droite de la droite, il aura saisi l’opportunité d’améliorer son quotidien. Et si elle ne passe pas il aura mérité alors son qualificatif de mouton.

 

 

Antonio GAMBUZZA

 

12:35 Publié dans Air du temps, Humeur | Tags : udc, plr, roth-bernasconi, esseiva, amaudruz, les verts, les socialistes, tdg | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |