18/02/2013

La démesure, l’argent et les autres.

Alors que chacun affutes ses arguments sur l’initiative Minder, voilà que les idées s’échauffent autour du revenu que touchera Mr VASELLA pour ne pas travailler 6 ans durant.

Contractuellement, les traders et autres employés sont soumis à une part variable de leurs revenus. Il est donc possible que des employés gagnent plus que leur boss. Alors ce qui choque les partisans du NON ne réside pas dans le montant qui sera versé au futur retraité mais bien l’inféodation de Novartis aux stratèges d'Economiesuisse.

Dans quelques jours se déroulera l’assemblée générale du géant de la pharma. Afin de parvenir à la décharge des comptes, cette information devait filtrée avant cette échéance afin que les actionnaires puissent prendre leur décision en pleine connaissance de cause. C’est l’oublier ?

En réalité, ce qui doit vraiment leur faire mal, c’est la somme investie, comme si cette campagne stoppait le cours du monde. Penser que Novartis a fait un enfant dans le dos d’Economiesuisse c’est accorder à cet organe de promotion économique la surface d’influence qu’elle souhaiterait s’arroger; le petit poucet menacerait l'ogre, on croit rêver.  

C’est donc un sursaut d’orgueil qui alimente le débat et, à celles et ceux qui clament déjà la victoire du OUI, je leur rappelle que le match n'est terminé que lorsque l'arbitre siffle la fin de la rencontre. Les arguments retords de la classe politique en faveur d'un statu quo pourraient influencer certains indécis, ceux-là même qui préfèrent remettre leur choix dans le pari d'une bonne météo.

Ce qui plombe la gouvernance politique n’est pas les mensonges des uns face aux rêves des autres mais le manque d’autocritique. L’on peut bien rire de l’éventuel retour del Cavaliere en Italie mais la personnification du débat rend la critique affable. 

Voter pour Berlusconi ou suivre les recommandations d’Economiesuisse est la garantie de poursuivre dans la voie du mensonge, de la politique des petits copains mais surtout de l’emprise d’une minorité sur nos économies et nos retraites. Il y a d’un côté celles et ceux qui nous font miroiter le retour des beaux jours si la ceinture des ménages se serre toujours un peu plus et les autres… 

Au final, nous entretenons une société gagnée par la gangrène endémique de vieux modèles d'affaires et maintenu en vie par la grâce de soins intensifs que certains voudraient rendre pérenne. L'acharnement thérapeutique doit cesser et cela commence le 3 mars. 

Antonio GAMBUZZA

http://www.dailymotion.com/video/xxl4jf_le-parachute-dore-de-daniel-vasella_fun#.USJtmqU__Mo

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16/02/2013

2013, année balèze.

Symptomatique de notre mode de vie, la pression des gros industriels sur leurs fournisseurs ne produit pas toujours le résultat escompté.

Acte 1. Au final, Nestlé s’est fait rouler dans la farine par un conglomérat d’acheteurs en tous genres qu’il fallait rémunérer, dans chaque pays, comme des salariés à haute valeur ajoutée. Mais dans cette histoire se dégage la volonté de s’enrichir sur le dos des consommateurs et, dans cette guerre commerciale, la logique de croissance a rendu l’opération d’achat trop onéreuse. Pour que chacun y gagne son pain, c’est la qualité du produit qui baisse.

Acte 2. La tromperie ne porte pas sur un produit impropre à la consommation mais bien sur les marges et la chimie des ingrédients. Cela pourrait même être échafaudé par un concurrent afin de regagner des parts de marchés et décrédibiliser le leader mondial de la nourriture industrielle…

Entracte. Cet épiphénomène nous permet d’oublier que notre monde change. Non pas qu’il devient meilleur, non. Il change car le Pape démissionne afin de protester contre l’hégémonie des hommes sur le corps de l’église, que les pourfendeurs du secret bancaire sont ses anciens adeptes les plus encenseurs alors qu'ils le livrent aujourd'hui sur l’autel de l’internationale économique, il change en nous faisant croire que notre développement personnel sera le moteur d’un monde meilleur, comme si ce qui nourri l’instinct de survie était en passe d’être éradiqué. Un génial coup de maître car le bluff et la ruse resteront les fondamentaux d’une espèce humaine pas si éloignée du règne animale.

Final. La naïveté de nos universitaires de montagnes est presque touchante et, c’est le cœur léger qu’ils se dirigent à l’abattoir, nous conduisant vers une réalité pas si lointaine dans laquelle nous devrons parcourir le monde pour gagner notre pain.  

Epilogue. In fine, c’est le discours des décroissants qui se renforce car il est possible de faire aussi bien, avec moins d’intermédiaires et un contrôle probant entre le producteur et le consommateur. Un marché global fait de productions locales… Est-ce si illusoire ?

Antonio GAMBUZZA

11:15 Publié dans Air du temps, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

11/02/2013

Non, non, non et non. Oui alors?

Selon les partisans du non, la loi sur la révision de l’aménagement du territoire inspire la méfiance, la défiance, le centralisme et la ruine du pays. Mais comment diable une Conseillère fédérale PDC ose-t-elle propulser le pays dans le giron de l’ancienne Place Rouge ? A quand les défilés militaires du 1er aout sur la place fédérale… Et nos chers amis valaisans toujours aussi prompts à se poser en victime d’une loi qui leur serait encore plus défavorable que la Lex Weber. Alors à qui profite la LAT ?

Tout d’abord, au citoyen qui ne veut pas payer plus cher son loyer ou celui qui souhaite acquérir un logement sans endetter sa famille jusqu’à la troisième génération. Cette loi oblige les cantons qui ne possèdent pas assez de terrains constructibles, par exemple Genève, à en prévoir en suffisance et à les densifier. Concrètement, les projets de nouveaux quartiers devront prévoir un indice d’utilisation du sol suffisamment élevé afin de diminuer le nombre de logements en souffrances, ce qui provoquera la diminution du prix du logement. 

Bref, il s’agi de tuer la poule aux œufs d’or.

Et les cantons qui disposent de terrain en réserves, au hasard le Valais, doivent faire en sorte de ne pas en déclasser plus que nécessaire. Selon certaines études, il y aurait dans ce canton de quoi construire pour les 50 prochaines années sans déclasser de terrain supplémentaire. L’utilisation de la liberté cantonale permet aux investisseurs d'acheter des terrains avant que toute promotion soit étudiée, acquérant très bas et faisant une très bonne opération à la revente. Cette loi stabiliserait les prix, obligeant les promoteurs à construire moins fastueux, rendant parfois les terrains déclassés à la zone agricole. Et la différence sera forcément profitable à l’acquéreur. 

Bref il s’agit de tuer la poule aux œufs d’or. 

Antonio GAMBUZZA

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