04/05/2018

Les élections, le vote blanc et l’abstention

Comme chacun le sait, l’abstention fait rage au sein de la population. Si les citoyennes et les citoyens ont commencé par déserter les églises, en 2018 c'est au tour des isoloirs.

On imagine volontiers que l'attente des forces vives de ce canton est de maintenir son confort familial et personnel sans souffrir de l'inflation. Ce paradigme ne rend pas les enjeux plus complexes ou moins explicable.
Bien au contraire, c’est souvent la réponse monolithique des partis qui fédère la population vers l'abstention, le pendant électoral du vote blanc des votations.

Si les réponses données sur des thématiques majeures comme l’aménagement du territoire deviennent un enjeu immédiat que lorsque l’on est la cible d’une modification de zone, d’un changement de statut de son immeuble d’habitation ou encore lorsque l’on recherche désespérément un logement pour son enfant sans pour autant être propriétaire terrien ou héritier d’un empire immobilier, il en va d’un autre discours sur le taux d’imposition.

Sollicité tous les 5 ans, les acteurs de la politique spectacle se parent sans honte de leur manque de vision à long terme sur ce fameux taux pour les entreprises. L’échéance de PF17 qui doit se mettre en place déchire les partis encore engagés dans la campagne.

Si l’Entente nous rappelle que le taux a été négocié avec les Multinationales présentes sur le canton, elle oublie de préciser que la population n’a pas été consultée sur la manière de se mettre en conformité avec le droit de nos partenaires institutionnels. Le premier round a connu un refus net et le second n’est pas encore sous toit.

La population a le droit d’être représentée par des personnes qui ont la délicatesse de ne pas sur-interpréter ses messages. La négociation du taux d’imposition est le premier pas vers les scénarios TTIT qui relèguent les gouvernements sur le banc de touche et voient les entreprises internationales fixer leurs impôts, le contenu enseigné dans les programmes scolaires mais également les conditions-cadres d’emploi ou encore de la qualité nutritionnelles de nos aliments.

Depuis leur tour d’ivoire, nos élus marionnettes poursuivent avec la stratégie du pire, en oubliant soigneusement les possibilités cantonales qui pouvaient se subroger aux obligations fédérales. Le canton de Vaud en demeure l’exemple le plus éloquent. Notre grand voisin helvétique a préparé son changement depuis 2012, date de la première annonce d’harmonisation de la fiscalité par l’OCDE.

Ces partis nous lâchent en pâture par facilité. Les particularités de notre organisation territoriales auraient permis une application progressive de l’imposition des Multinationale et dégressive pour les employeurs vernaculaires. Cette mise en place aurait rassuré les investisseurs mais également les habitants de ce magnifique canton.

De loin, Genève pourrait ressembler à une cité-état. La mégalomanie de certains la vend volontiers comme une république bananière. C’est oublier que Genève est constituée de 45 communes, près de 500'000 habitants, que sur ce nombre, il y a très peu d’illettrés qui possèdent le droit de vote et même dans ce bassin de la population, lorsqu'il ont droit de citer, aucuns ne supportent d’être pris pour un mouton.

Un jour peut-être, un groupement de citoyens reviendra sur la présidence du gouvernement cantonal imposé par la constituante pour réintroduire le tournus annuel. Un autre pourrait décider d’imposer un quorum de validation pour les votations qui régissent la vie de la République, une sorte de pied de nez au vote blanc qui demeure la première promesse démocratique qui rend les fous joyeux.

Et un jour encore plus éloigné, la population cessera de voter pour des loups déguisés en agneaux, comme celui qui ne représente même pas les couleurs pour qui il milite, sans jamais défendre la population active et encore moins celle qui a fait la richesse de ce canton.

 

Antonio Gambuzza

19:26 Publié dans Genève, Humeur | Tags : #pf17, #gevote, #ge18, genève, tdg, ge2018 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

01/12/2017

Le loup, le renard et la belette,

Les femmes victimes de harcèlement sont dans l'œil du cyclone. Non contentes de subir les assauts de mâles en mode charognard, elles se heurtent au code moral de femmes et d'hommes qui voient en leur comportement la cause première de leurs tourments.

Arrive l'affaire Buttet. Que peut-on lire à son sujet dans l'ensemble de la presse romande? Que ce Monsieur ne nie pas sa liaison extraconjugale, il admet implicitement son comportement mais surtout, digne, calme et confiant, il ne changera pas de cap politique et ne se démettra pas de ses mandats électifs reçus en toute confiance par le corps électoral. Sa nouvelle disponibilité lui permettra sans doute d'assumer ses charges personnellement avant de songer au repos du guerrier, ce qui risque d'en surprendre plus d'un mais passons.

Comment les méandres de ce Monsieur ont-elles réussies à m'atteindre ?

J'étais "Ami" sur Facebook avec le très visible et très remuant Pascal Décaillet, jusqu'à un commentaire sur le post qu'il a alloué selon ses termes à une chasse aux sorcières déclenchée par l'affaire Weinstein avec laquelle il défend le nouvel homme adultère valaisan pris en flagrant délit de harcèlement psychologique envers une famille monoparentale avec comme argument massue sa vie privée.

Sans m'attarder sur les affaires pénales et morales en cours, j'ai osé remarquer dans une publication courtoise de 300 caractères qu'un homme politique renonce de facto à sa vie privée dès lors que son comportement affectif n'est pas protégé par le droit de la famille.

On peut ne pas être d'accord avec mon propos et l'on constate très vite que Monsieur Décaillet et moi partageons peu d'avis communs. Sa réaction à mon encontre est ce qu'elle est. Il gère ou fait gérer son compte Fcebook selon son entendement mais qu'elle surprise de constater que ma publication a purement et simplement disparue.

Je ne revendique aucun traitement particulier mais comme Monsieur Buttet, Monsieur Décaillet est un homme public, producteur d'émissions pour un média local subventionné. Son profil Facebook est son affaire, qu'il manipule la liberté d'expression en est une autre. Pourquoi ne pas simplement supprimer cette relation numérique en conservant mon intervention?

L'activité professionnelle de Monsieur Décaillet dépend en grande partie de la redevance. Sa visibilité audiovisuelle n'est possible que grâce à la qualité de ses émissions mais soutenue par son carnet d'adresse. Si son mandat de journalisme n'est pas en lien avec une déontologie supposée ou réelle, il appartient au directoire de Léman Bleu d'évaluer et au besoin de trancher au cas par cas; cette réaction soulève plusieurs questions qui demeurerons sans réponse mais soyons sincère, c'est davantage Monsieur Décaillet qui a besoin de travailler que son employeur d'un tel journaliste. 

Il est bon de rappeler au lecteur que Léman Bleu est un média audiovisuel régionale. Quand le producteur d'une émission n'a pas le poids professionnel d'inviter les personnes que Monsieur Décaillet semble tenir en haute estime, l'attrait médiatique permet à d'autres intervenants de réagir et de proposer une nouvelle approche aux événements du quotidien, ce que les journalistes d'expériences semblent d'avantage nourrir que couvrir.

 

Antonio Gambuzza

19:20 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Tags : pascal décaillet, léman bleu, yannick buttet, #balancetonporc, tdg | Lien permanent | Commentaires (15) | |  Facebook | | | |

12/06/2016

La Morale et son contraire sont sur un bateau

La Slutwalk. Voilà un évènement qui peine à convaincre les consciences établies. Beaucoup imaginent des féministes mener un combat d'arrière-garde, reprenant les premières luttes des années 60.

Ce mouvement actuel ne va pas plus loin, il pense différemment. Si les militantEs ne revendiquent pas un modèle sociétal égalitaire, elles ne délaissent pas pour autant cet aspect des revendications historiques. Leurs revendications sont bien plus profondes ; elles s'infiltrent dans nos maisons, nos cultures et nos mœurs. 

Rappelez-vous, il y a quatre ans, un collectif de femmes a monté une marche commémorative sur l'écheveau d’une considération très personnel d’un représentant des forces de l’ordre de Toronto envers les victimes de viol.

Révulsées par ce qu'il faut bien appeler une profonde injustice, plusieurs mouvements ont vu le jour dans les capitales du monde occidentales avec le même mot d’ordre ; Insoumission ! 

Selon les subtilités culturelles, elles ont pris plusieurs formes et à Genève, minutieusement, chaque évènement a pris plus d’importance. Ce qui diffère entre la première et la dernière édition, hormis le nombre de participantEs en constante augmentation, est un espace d'expression offert à chaque individu, sans jamais juger ni se juger. 

Lors de l'édition 2016, pendant deux jours, chacunEs a pu se délivrer de ses poids morts au cours de divers ateliers. Pendant ces deux jours, se sont côtoyés des femmes et des hommes indifférenciés dans leurs motivations militantes. Le point culminant étant la Marche, Le Wallk !

Le 11 juin, entre 15h00 et 19h00, les passants ont pu voir l’expression toute personnelle de chacunE ; un homme cultiver l’androgyne similitude de la jeunesse, une femme entretenir le mythe épicène des métiers, une féministe de la première heure chanter contre un patriarcat omniprésent, une jeune femme effeuillée s’identifiant pacifiquement au mouvement Femen, un jeune homme en jupe arborant fièrement un soutien-gorge et toutSe ne souhaitaient alors qu’une seule chose, grossir les rangs civiques de gens ordinaires, afin que soient entendus les revendications des victimes de violences sexuelles.

Cette édition s’est déroulée dans un profond respect des genres et des militantEs. De la musique pour adoucir la rage, de l’eau pour lutter contre la chaleur (et oui il y a eu du soleil pendant la Marche) des slogans, beaucoup d’humour et surtout, la volonté de dire stop à cette banalisation.

L'an prochain, je prendrai mon après-midi afin d'apporter ma pierre à l'édification de ce qui est aujourd'hui un vide abyssal au soutien des victimes d'abus sexuels envers les femmes et les hommes, qu'ils soient mineurs ou majeurs.

 

Antonio Gambuzza

23:38 Publié dans Air du temps, Genève | Tags : slutwalk, genève, tdg, le courrier, le courriers, le temps, femen, ville de genève | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |