01/12/2017

Le loup, le renard et la belette,

Les femmes victimes de harcèlement sont dans l'œil du cyclone. Non contentes de subir les assauts de mâles en mode charognard, elles se heurtent au code moral de femmes et d'hommes qui voient en leur comportement la cause première de leurs tourments.

Arrive l'affaire Buttet. Que peut-on lire à son sujet dans l'ensemble de la presse romande? Que ce Monsieur ne nie pas sa liaison extraconjugale, il admet implicitement son comportement mais surtout, digne, calme et confiant, il ne changera pas de cap politique et ne se démettra pas de ses mandats électifs reçus en toute confiance par le corps électoral. Sa nouvelle disponibilité lui permettra sans doute d'assumer ses charges personnellement avant de songer au repos du guerrier, ce qui risque d'en surprendre plus d'un mais passons.

Comment les méandres de ce Monsieur ont-elles réussies à m'atteindre ?

J'étais "Ami" sur Facebook avec le très visible et très remuant Pascal Décaillet, jusqu'à un commentaire sur le post qu'il a alloué selon ses termes à une chasse aux sorcières déclenchée par l'affaire Weinstein avec laquelle il défend le nouvel homme adultère valaisan pris en flagrant délit de harcèlement psychologique envers une famille monoparentale avec comme argument massue sa vie privée.

Sans m'attarder sur les affaires pénales et morales en cours, j'ai osé remarquer dans une publication courtoise de 300 caractères qu'un homme politique renonce de facto à sa vie privée dès lors que son comportement affectif n'est pas protégé par le droit de la famille.

On peut ne pas être d'accord avec mon propos et l'on constate très vite que Monsieur Décaillet et moi partageons peu d'avis communs. Sa réaction à mon encontre est ce qu'elle est. Il gère ou fait gérer son compte Fcebook selon son entendement mais qu'elle surprise de constater que ma publication a purement et simplement disparue.

Je ne revendique aucun traitement particulier mais comme Monsieur Buttet, Monsieur Décaillet est un homme public, producteur d'émissions pour un média local subventionné. Son profil Facebook est son affaire, qu'il manipule la liberté d'expression en est une autre. Pourquoi ne pas simplement supprimer cette relation numérique en conservant mon intervention?

L'activité professionnelle de Monsieur Décaillet dépend en grande partie de la redevance. Sa visibilité audiovisuelle n'est possible que grâce à la qualité de ses émissions mais soutenue par son carnet d'adresse. Si son mandat de journalisme n'est pas en lien avec une déontologie supposée ou réelle, il appartient au directoire de Léman Bleu d'évaluer et au besoin de trancher au cas par cas; cette réaction soulève plusieurs questions qui demeurerons sans réponse mais soyons sincère, c'est davantage Monsieur Décaillet qui a besoin de travailler que son employeur d'un tel journaliste. 

Il est bon de rappeler au lecteur que Léman Bleu est un média audiovisuel régionale. Quand le producteur d'une émission n'a pas le poids professionnel d'inviter les personnes que Monsieur Décaillet semble tenir en haute estime, l'attrait médiatique permet à d'autres intervenants de réagir et de proposer une nouvelle approche aux événements du quotidien, ce que les journalistes d'expériences semblent d'avantage nourrir que couvrir.

 

Antonio Gambuzza

19:20 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Tags : pascal décaillet, léman bleu, yannick buttet, #balancetonporc, tdg | Lien permanent | Commentaires (15) | |  Facebook | | | |

12/06/2016

La Morale et son contraire sont sur un bateau

La Slutwalk. Voilà un évènement qui peine à convaincre les consciences établies. Beaucoup imaginent des féministes mener un combat d'arrière-garde, reprenant les premières luttes des années 60.

Ce mouvement actuel ne va pas plus loin, il pense différemment. Si les militantEs ne revendiquent pas un modèle sociétal égalitaire, elles ne délaissent pas pour autant cet aspect des revendications historiques. Leurs revendications sont bien plus profondes ; elles s'infiltrent dans nos maisons, nos cultures et nos mœurs. 

Rappelez-vous, il y a quatre ans, un collectif de femmes a monté une marche commémorative sur l'écheveau d’une considération très personnel d’un représentant des forces de l’ordre de Toronto envers les victimes de viol.

Révulsées par ce qu'il faut bien appeler une profonde injustice, plusieurs mouvements ont vu le jour dans les capitales du monde occidentales avec le même mot d’ordre ; Insoumission ! 

Selon les subtilités culturelles, elles ont pris plusieurs formes et à Genève, minutieusement, chaque évènement a pris plus d’importance. Ce qui diffère entre la première et la dernière édition, hormis le nombre de participantEs en constante augmentation, est un espace d'expression offert à chaque individu, sans jamais juger ni se juger. 

Lors de l'édition 2016, pendant deux jours, chacunEs a pu se délivrer de ses poids morts au cours de divers ateliers. Pendant ces deux jours, se sont côtoyés des femmes et des hommes indifférenciés dans leurs motivations militantes. Le point culminant étant la Marche, Le Wallk !

Le 11 juin, entre 15h00 et 19h00, les passants ont pu voir l’expression toute personnelle de chacunE ; un homme cultiver l’androgyne similitude de la jeunesse, une femme entretenir le mythe épicène des métiers, une féministe de la première heure chanter contre un patriarcat omniprésent, une jeune femme effeuillée s’identifiant pacifiquement au mouvement Femen, un jeune homme en jupe arborant fièrement un soutien-gorge et toutSe ne souhaitaient alors qu’une seule chose, grossir les rangs civiques de gens ordinaires, afin que soient entendus les revendications des victimes de violences sexuelles.

Cette édition s’est déroulée dans un profond respect des genres et des militantEs. De la musique pour adoucir la rage, de l’eau pour lutter contre la chaleur (et oui il y a eu du soleil pendant la Marche) des slogans, beaucoup d’humour et surtout, la volonté de dire stop à cette banalisation.

L'an prochain, je prendrai mon après-midi afin d'apporter ma pierre à l'édification de ce qui est aujourd'hui un vide abyssal au soutien des victimes d'abus sexuels envers les femmes et les hommes, qu'ils soient mineurs ou majeurs.

 

Antonio Gambuzza

23:38 Publié dans Air du temps, Genève | Tags : slutwalk, genève, tdg, le courrier, le courriers, le temps, femen, ville de genève | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

16/02/2016

Le Monopoly, les Députées et le suicide fiscale

L’Europe décide seule de son avenir et de sa diplomatie. Rien de plus normal qu'un Etat ou un conglomérat de Nations détermine par quelle forme s'expriment ses relations commerciales, politiques et diplomatiques avec le reste du monde.

Il n’empêche que pour la petite Suisse et ses niches fiscales, 2016 et le règlement européen CE/883 apportent une pression nouvelle et rétroactive en guise d’étrennes (Le Temps du 23.12.2015 et la TdG électronique du 24.12.2015).

Nouvelle ? Pas tant que ça ! Le règlement CE/883 est entrée en vigueur le 1er mai 2010. Il apparait clairement que les organisations patronales sous l’impulsion (sic) du Conseil fédéral ont préféré jouer la montre plutôt qu’anticiper. De l’aveu même du Département Fédérale des Finances daté du 29 avril 2015, c’est parce que l’UE voulait s'adapter au système d’imposition helvétique qu’en 2004 déjà celle-ci durcissait son règlement entériné 4 ans plus tôt.

En 2008 (re sic), suite au refus international des propositions fiscales helvétiques, le Conseil fédéral engageait une réflexion sur notre système d’imposition différencié entre les multinationales et les entreprises locales. Espérant adoucir les effets d'une fiscalité agressive envers les entreprises locales employant des frontaliers percevant des revenus des deux côtés de la frontière, c'est en 2012 que le projet RIE III (votation du 28 février 2016) fut mis sous toit par notre parlement fédéral.

A Genève, C'est à cette date que la droite élargie a engagé le bouclier fiscal protégeant les hauts revenus et les grandes entreprises. Les PME et autres petits patrons n'ayant plus qu'à "crevoter" dans leur coin, sous les charges de l'administration française. Dans son immense mansuétude, les Députés genevois auraient-ils pu proposer la création d'un fond remboursable à destination des PME en difficulté?

Alors la "surprise" annoncée est due à quoi? Une mauvaise communication du syndicat patronal, de la différence d'échelle fiscale entre une PME et une holding, l'indépendance de certains patrons ou tombons nous encore dans la rhétorique de la droite qui nous vante la création d'emploi occupé par des européens ou une ligne éditorial des médias qui nous surprendra toujours pas son manque d'objectivité?

Le plus aberrant dans tout cela est de constater que si la dette se creuse, c'est n'est pas à cause d'une hausse des dépenses ou une action de déstabilisation extérieure à nos frontières, non. C'est par une réponse tardive de notre élite, agitée par une volonté de revoir entièrement les recettes sans projet clair pour les dépenses, le tout sous des modifications annoncées, validée et mise en application depuis 15 ans par nos "voisins" commerciaux.

Antonio GAMBUZZA

 

18:53 Publié dans Genève | Tags : rie 3, tdg, accords bilatéraux, ue | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |