Antonio Gambuzza - Page 3

  • La CPEG, l’illusion de la décroissance et le miroir du Pouvoir

    Imprimer

    Voilà, c’est fait. Le Grand Conseil pose sur le bureau du Conseil d’Etat deux projets de lois dont un combattu par ce même Conseil d’Etat. 

    Je ne donne pas l’ombre d’une chance au projet de loi des syndicats qui mise sur la durée du PAV et la possibilité de créer du logement abordable pour les genevoises et le genevois qui ne choisissent pas de travailler dans l’industrie financière et ses parts salariales variables. 

    Le plus gros défaut du projet des syndicats est la non refonte structurelle de la CPEG aux prétextes divers comme le maintien de la primauté de prestation, une impossibilité de garantir les retraites alors que le Conseil d’Etat promet le statut quo voire de meilleures retraites. 

    Au final, c’est la manière plus que le contenu qui retient l’attention. On observe même un assourdissant silence sur la page Fb des Verts genevois sur ce qui s’est passé.

    Ces détails cachent mal le fossé qui sépare les Députés Verts et les membres dépités des Verts. Observe-t-on une volonté de se démarquer, un écart ponctuel qui ne cicatrisera pas sans marquer les esprits par les uns, ce qui nécessitera un gros effort de communication des autres?

    Comment peut-on s’engager avec les membres de l’Alternative sur un projet novateur et s’embrouiller les bulletins en soutenant le projet du Conseil d’Etat et à quelle fin?
    La séparation des pouvoirs ne permet pas de renvois d’ascenseur entre les deux entités, il me reste les suppositions. 

    Alors quoi? Une volonté de soutenir son magistrat et président du Conseil d’Etat ou simplement une volonté de prendre le virage de la décroissance avec un drift qui surprend tout le monde sauf la députation verte? La jeunesse de cette délégation permet de soutenir cette option.

    Sans prendre de hauteur ou même cacher la violence avec laquelle j’ai reçu cette nouvelle, une leçon de morale s’impose mais surtout un rappel important. La décroissance est une stratégie globale qui appelle des mesures économiques concrètes, subordonnées à une mise en application soutenue par des conditions-cadres légales, politiques et une chronologies qui ne laisse rien au hasard. 

    Envoyer les futurs retraitées et les retraités de la fonction publiques sur l’échafaud de précarité n’a rien d’un acte fort bien au contraire. La députation verte s’est comportée comme les zizous qui accomplissent les vols à l’astuce, l’immunité de la fonction en plus.

    Si l’objectif était l’élitisme du débat public, il est réalisé. Si l’objectif était de soustraire le siège genevois au Conseil National, je me réjouis de prendre part à cette débâcle et si la finalité est de renvoyer l’écologie en dehors des cercles du pouvoirs, la décroissance de l’écologie genevoise précédera la mise en place de l’épuration fiscale du canton et la mise en faillite de l’Hospice Général.


    Antonio Gambuzza

  • La fonction publique, l’avenir économique et l’Hospice Général.

    Imprimer

    Cher Député,

     

    Fin 2018, par ton action, Genève veut assainir la caisse de retraite de sa fonction publique. Début 2020, la fiscalité des entreprises du Canton devra être adaptée. Le Grand Conseil, dans son immense sagesse distille  en patron les moyens qui garantisent le fonctionnement de l’État.

    Sur les cents personnes qui composent le Grand Conseil, combien se soucient d’être les garants d’un état régalien, équilibré respectant la maxime; gouverner c'est prévoir. Cher Député, ta présence au saint des Saints genevois est limitée (généralement à 12 ans) mais tes décisions façonnent la République sur une temporalité parfois séculaire.

    En 2011 déjà, l’échéance sur la fiscalité des entreprises était sur toutes les lèvres. Tes sages prédécesseurs ne l’ont pas solutionné, préférant lancer la patate chaude deux fois, sans nul doute pour imposer le changement par le chantage de l’imminence. Comme lors de chaque plénière, cher Député, tu approuveras ou honniras mais avec ton groupe tu voteras.

    Quelques jours avant la session de décembre 2018 pourtant je te plains; oppressé par ces deux changements fondamentaux que sont la fiscalité des entreprises et sa concurrence directe avec le Canton de Vaud ainsi que la recapitalisation des caisses de retraites de ta fonction publique, reçois tout mon respect.

    Si le choc de la fiscalité impacterait les finances moins de 5 ans, cette instabilité s’étalera sur deux législatures alors que celui des retraites créera un choc encore plus grand et plus durable. En effet, il est très simple de comprendre que les fonctionnaires qui feront valoir leurs droits à la retraite devront s’exiler à l’étranger ou s’inscrire au SPC genevois afin de toucher des aides que ce soit pour les primes maladies ou simplement pour avoir de quoi finir le mois.

    Cher Député, comme toi, j’entends murmurer certains de tes collègues contre la fonction publique, une feuille de calcul d’actuaire à la main, scandant que nous voilà face à des fonctionnaires qui ne méritent pas un tel système surtout quand leur salaire est aussi élevé.

    Mais le revenu d’un employé de la fonction publique et du parapublique n’est-il plus le reflet des coûts exorbitants qu’il faut débourser pour vivre à Genève. Avant de faire de la rhétorique, revois la politique que tu défends de manière à permettre à ces serviteurs du contribuable de vivre décemment dans notre cher canton avec le salaire que tu estimeras suffisant.

    Ne perds jamais de l’esprit que toute autre option le renvoie irrémédiablement à l’Hospice Général et transfert aux futurs contribuables les coûts normalement supportés par sa Fondation de prévoyance.

    Cher député, je te remercie donc de mijoter un menu dans lequel le contribuable paiera son écot de manière juste et suffisante pour qu’il puisse vivre du produit de son travail tout en ne revoyant pas aveuglément le contrat de la fonction publique, ce qui te permettra de contenir l’explosion des coûts du social pour les prochaines années.

    En espérant que ces quelques lignes sauront trouver le chemin de ta raison, je te remercie d’agréer, cher Député, l’expression de ma parfaite considération.

     

    Antonio Gambuzza

  • Maudet d’Arabie, la conquête du Palais Fédéral et la procrastination genevoise

    Imprimer

    Pierre Maudet est au pied du mur et comme dit l’adage, c’est au pied du mur que l’on reconnait le maçon. Quelles options lui reste-t-il pour allonger sa survie politique ? Lâché de toute part, on ne lui retient que des fautes en lien avec la morale politique mais le vieux routier le sait, la morale et la politique ne se rencontrent que lors d’intérêts commun, comme les élections ou la promesse de lendemain qui chantent.

    Pour s'en sortir, que choisirait le premier élu venu ? Pour certains ce serait la démission et pour d’autres le renoncement à se représenter devant le suffrage universel. Lui a choisi l’affrontement. Ses soutiens s’érodent peu à peu et une réaction doit se faire sentir rapidement sans quoi, le point de non-retour populaire sera bientôt franchi.

     

    Vu d’ici, son salut ne peut venir que d’une contre-offensive minutieuse qui consisterait à quitter son parti politique, agir pour le bien commun en menant une charge constante et répétée contre les pratiques qui asservissent le développement de Genève à des groupes organisés de manière féodales ou impérialistes.

    Dénoncer l'hégémonie du département présidentiel afin de revenir au système antérieur qui voyait un tournus au sein du Conseil d’Etat, rendant le pouvoir aux institutions et de fait au peuple genevois.

    De Héraut il deviendrait Chevalier blanc, transcendant le suffrage populaire, transformant ainsi le plomb en vertu tel Winkelried face aux Habsbourgs.

    Dans le même temps, Monsieur Maudet souhaite faire son examen de conscience. Quelque chose me dit que c’est une quête longue et qu’une seule vie ne suffirait pas. Je prends le pari qu'il serait capable de relever ce défi, pour autant qu’il ajoute à son esprit une pincée de remise en question et un soupçon de délégation de compétence.

    De bête politique, il doit se muer en précurseur du renouveau pour sortir des schémas connus et habituels. Dans l’immédiat, le seul deuil qu’il doit porter est celui d’un parcours fédéral sous l’étiquette PLR mais qui sait, à l’inverse des voies du Seigneur, celles du palais fédéral deviendraient à nouveau sondables pour une personne alliant la combativité d’Attila et la sagesse de Siddhârta.

     

    En attendant, les fêtes de Noël approchent. Je vous souhaite d'agréables préparatifs de l'Avant qu’ils lui seront sans nul doute amères et indigestes.

     

    Antonio Gambuzza

    Lien permanent 7 commentaires