24/11/2017

@Balancetonporc, les hommes et l'armistice

Depuis le début du soulèvement numérique des femmes, mon genre m'a fait prendre un pas de recul. Non pas pour leur murmurer ce qui doit être dit ou ce qui doit être fait. Mais j'ai également fait un pas en avant, celui de la prise de conscience.

Un pas, la bonne distance pour épauler et prendre part à leur combat. Dans un sens comme dans l'autre, ce n'est qu'un pas. Une mesure qui sépare le respect des libertés d'expression et la sournoiserie de l'obscurantisme patriarcal.Quand une amie s'ouvre sur ses combats et ses fêlures, je prends conscience qu'elle a survécu au côté sombre de la passion, à la transparence des sentiments amoureux, elle continue d'être celle que je connais avec sa pudeur, ses espoirs et son quotidien.

Mes compagnons de routes masculins souffrent-ils d'autisme pour ne pas se rendre compte que celles qui prennent la parole pourraient être de leur famille? Pensent-ils vraiment que l'opprobre doit rester du côté des victimes? Si je comprends ce réflexe pavlovien, je me doute également que ce n'est pas la bonne solution.

La nature des réseaux sociaux permet de créer un buzz alors que la profondeur et la dimension des maux exprimés demeurent cristallisés dans leur cocons. Le regard de certaines femmes est déjà un écueil stigmatisant mais que dire de celui des hommes? Non pas les anciens puceaux qui se virilisent devant le moindre bas nylon mais ceux qui ont la bonne fortune d'avoir une famille et de s'être acheté une Rolex avant leur cinquante ans.

Comme anonyme, je me permets de soutenir les actions militantes de femmes qui décident par elles-mêmes de prendre la parole sur un sujet qui dépasse le code moral de la reproduction. En tant qu'anonyme toujours je me permets de pondre ces quelques lignes pour leur exprimer mon soutien de tous les instants car oui, je pense que les codes doivent bouger au cas par cas mais également de manière globale.

Si une majorité des électeurs décidaient que le parlement devait comporter un équilibre représentatif des genres afin de faire avancer notre société sans oublier personne, j'écouterai toujours attentivement celles et ceux qui oppose une fin de non-recevoir car les meilleurs arguments viendront toujours issus de leur réponses verbales et émotionnelles.
Mais pour les obtenir, il faut les susciter.

Mais quand les hommes publics prennent la parole, leurs propos sont révélateurs. De la part de Monsieur Zemmour, je n'attends pas de mélopées en faveur de l'émancipation des femmes en général. Mais quand j'entends Monsieur Joey Starr comparer la révolte des femmes occidentales sur leurs conditions professionnelles et personnelles, je souhaite que le second degré avec lequel j'ai toujours appréhendé ses textes ne devienne pas une confession intime.

Pour mémoire, il y a autant de comparaison avec #balancetonpoprc que le nom de son groupe NTM. Pourtant cet artiste multiple se positionne sur la question avec comme paradigme la délation de son voisin à un occupant qui envoie six pieds sous terre la personne dénoncée sans autre forme de procès. La campagne de communication subit déjà la pression de son environnement, n'inversons jamais les rôles. La seule comparaison symétrique avec les actes de guerre sont la fin d'une occupation et un accord de paix. 

 

Antonio Gambuzza

19:05 Publié dans Air du temps, Humeur | Tags : franceinter, #balancetonporc, tdg, #weinstein, patriarcat | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |