22/08/2017

La jeunesse, la guerre et la migration

21 août 2017, le bilan des personnes portant le deuil du terrorisme s’alourdit.

Puisque tout le monde a un avis, je ne vais pas me lancer dans une parabole homérique du pourquoi et du comment. Pendant que certains titrent leur billet Le temps de l’inculture, d’autres se contentent de compter les morts et, drapés dans un ton digne et oppressant, nous commentent l’effervescence des réseaux sociaux sur le sujet. Parfois porté aux nues comme en Tunisie et le premier printemps arabe, ils font l’objet d’une attention si forte qu’il n’est plus nécessaire de s’y abonner pour suivre la fièvre virtuelle de notre société. Une question demeure sans réponse, qui sont ces agités du bocal qui, selon, chargent la foule à bord d’une camionnette où s'exprime leur haine de ce qui est différent.

Dans nos contrées, la religion se vit à l’intérieur. Dans ma contrée laïc, elle n’envahit que très peu l’espace public. A peine une volée de cloche nous dérange le dimanche matin, des croix publiques qui sont davantage un héritage artistique et aucun sanctuaire à la croisée des chemins. Dans les pays du sud, la cohabitation est certainement plus passionnée mais dans ce que l'on nomme le monde occidental, la provocation réside d’avantage sur la mainmise guerrière des échanges économiques et les avancées technologiques qui nous permettent de suivre les conflits armés de notre monde en temps réel.

De la morale supposée ou effective suinte ce tout unique, dont les ripostes désespérées de jeunes en rupture qui s'engagent pour un conflit dans lequel il n’est plus nécessaire de connaitre le démontage de son fusil. Le 11 septembre 2001 nous a appris que les guerriers kamikazes s’embarrassent uniquement de l’essentiel pour commettre leurs exactions alors que pour les contrer il nous faut un arsenal juridique et des moyens logistiques sans précédents.

Sans que cela excuse les attentats, peut-on encore soutenir la politique guerrière occidentale sans se sentir prêt à sacrifier une partie de nos valeurs ? Est-ce encore de l’objectivité lorsque l'on soutenient que nous ne pouvons accueillir la misère du monde alors qu’elle parait être la cendre de notre consumérisme sans limite ? Sans rire, acheter du pétrole aux puissances qui arment notre jeunesse puis se terrer dans un innocent discours de compréhension n'implique pas seulement nos gouvernements mais également ses électeurs majoritaires. 

Si les précédentes guerres des religions ont conduit à ne plus connaître de processions publiques, il venu le temps de rallumer les flammes de la bigoterie afin que toutes les expressions charismatiques et religieuses puissent se sentir indigènes et ne plus être le relais souterrain d’une guerre larvée, sans quoi, même la philosophie devra se chuchoter dans nos demeures afin qu’avance le Temps de l’ignorance.

 

Antonio Gambuzza

07:48 Publié dans Air du temps | Tags : @cambrils, @barcelone, @tdg, @le temps, @le courrier | Lien permanent | Commentaires (495) | |  Facebook | | | |