21/05/2014

Les tpg, le Grand-Genève et les blocs identitaires.

La députée, le député genevois, les papables candidats à occuper ce poste ou celui de secrétaire général de l’ONU (ci-après les députés) reviennent en permanence à leur fondamentaux, au discours bien huilé appris en caucus politique. Ce qui est incroyable, c’est la vitesse avec laquelle l’étalage des limites de leur rôle s’affiche. 

Cette ductilité, mainte fois relevée dans les médias locaux ne cesse de ronger la sérénité d'une frange de la population, à tout le moins la mienne. Lorsque j’étais étudiant, une rédaction de qualité devait comporter du sens, de l’argumentaire et peu d’erreur de français. De nos jours, la qualité première de nos députés est de produire des textes sans erreur de syntaxe et s’exprimer sans erreurs d'élocution. L’intérêt général de la population est complètement écarté et les mots sont devenus vides de sens. 

Pis, se gaussant devant l’étalage des difficultés dans lesquelles se retrouve la régie publique de transport genevois (ci-après tpg), je relève le caractère pisse-froid de leur motivation ; se servir avant de servir.

Au lieu d'être force de proposition comme le demande la nouvelle loi, ils envisagent de ne pas baisser les tarifs. Alors que le sens même du texte approuvé par le souverain est de maintenir un service de qualité, ils se rabattent sur la menace de coupes dans les prestations. Plutôt que de se remettre en question sur le taux de couverture des produits financiers, les voilà partis en conjecture sur la possibilité de faire la sourde oreille. Mais le summum que j’ai pu lire, c’est la volonté de connaitre les résultats d’une étude sur les priorités de la clientèle des transports collectifs alors que la plus récente et la plus probante pour le bassin genevois est parue le 18 mai 2014 dans les urnes!

Je m'attriste à penser que la population a le gouvernement qu’elle mérite, prompte à répéter tel le répond de la messe et la bouche en cœur, que le populisme de droite n’est pas anti-frontalier mais pro-genevois. Je fais l’amer constat de ne plus me reconnaitre dans une politique cantonale qui a oublié ce que signifie les mots compromis, moindre mal, service publique et économie d’échelle. L’enjeu est de flatter son électorat, celui de son partenaire et de tourner en rond, tel le mantra d'un moine tibétain vivant en ermite et se flattant d'être aussi changeant que le temps.

Bientôt, dans 20 ans, lorsqu'il n'y aura plus personne à transporter, je pourrai d’avantage m'indigner. Lorsque, comme dans les années septante, les régies nous offriront les trois premiers mois de loyer tant le taux de vacance sera élevé, il sera temps de mener une politique tournée vers son voisin mais pour quel avenir? 

 

Antonio Gambuzza

21:34 Publié dans Air du temps, Humeur | Tags : 18 mai 2014, tpg, françois longchamp, luc barthassat, grand conseil genevois | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |