16/12/2018

La CPEG, l’illusion de la décroissance et le miroir du Pouvoir

Voilà, c’est fait. Le Grand Conseil pose sur le bureau du Conseil d’Etat deux projets de lois dont un combattu par ce même Conseil d’Etat. 

Je ne donne pas l’ombre d’une chance au projet de loi des syndicats qui mise sur la durée du PAV et la possibilité de créer du logement abordable pour les genevoises et le genevois qui ne choisissent pas de travailler dans l’industrie financière et ses parts salariales variables. 

Le plus gros défaut du projet des syndicats est la non refonte structurelle de la CPEG aux prétextes divers comme le maintien de la primauté de prestation, une impossibilité de garantir les retraites alors que le Conseil d’Etat promet le statut quo voire de meilleures retraites. 

Au final, c’est la manière plus que le contenu qui retient l’attention. On observe même un assourdissant silence sur la page Fb des Verts genevois sur ce qui s’est passé.

Ces détails cachent mal le fossé qui sépare les Députés Verts et les membres dépités des Verts. Observe-t-on une volonté de se démarquer, un écart ponctuel qui ne cicatrisera pas sans marquer les esprits par les uns, ce qui nécessitera un gros effort de communication des autres?

Comment peut-on s’engager avec les membres de l’Alternative sur un projet novateur et s’embrouiller les bulletins en soutenant le projet du Conseil d’Etat et à quelle fin?
La séparation des pouvoirs ne permet pas de renvois d’ascenseur entre les deux entités, il me reste les suppositions. 

Alors quoi? Une volonté de soutenir son magistrat et président du Conseil d’Etat ou simplement une volonté de prendre le virage de la décroissance avec un drift qui surprend tout le monde sauf la députation verte? La jeunesse de cette délégation permet de soutenir cette option.

Sans prendre de hauteur ou même cacher la violence avec laquelle j’ai reçu cette nouvelle, une leçon de morale s’impose mais surtout un rappel important. La décroissance est une stratégie globale qui appelle des mesures économiques concrètes, subordonnées à une mise en application soutenue par des conditions-cadres légales, politiques et une chronologies qui ne laisse rien au hasard. 

Envoyer les futurs retraitées et les retraités de la fonction publiques sur l’échafaud de précarité n’a rien d’un acte fort bien au contraire. La députation verte s’est comportée comme les zizous qui accomplissent les vols à l’astuce, l’immunité de la fonction en plus.

Si l’objectif était l’élitisme du débat public, il est réalisé. Si l’objectif était de soustraire le siège genevois au Conseil National, je me réjouis de prendre part à cette débâcle et si la finalité est de renvoyer l’écologie en dehors des cercles du pouvoirs, la décroissance de l’écologie genevoise précédera la mise en place de l’épuration fiscale du canton et la mise en faillite de l’Hospice Général.


Antonio Gambuzza

25/06/2014

Genève et la vallée de la Traz-versée dans la Rade.

Il y a un trop plein de voiture en ville !!! Tout le monde est d’accord pour faire ce constat.

Il s’agit maintenant de savoir si la cause est politique, idéologique et antipopulaire ou une obligation de l’Etat. 

 

Chercher des bouc-émissaires dans les politiques menée par le passer ou revenir tant et plus sur la non construction des P+R sur France ne résoudra pas nos aspirations individuelles en matière de circulation routière. A être historique, il faut se rappeler que le Grand-Conseil ET le Conseil d’Etat sont des bastions de l'Entente, exception faite d'une législature dans les années nonante.

 

Dans le concert des inepties, certains avis expriment, au nom de l’écologie, la déconstruction des aménagements actuels pour remettre la voiture au milieu de la cité, alors que c’est précisément ces aménagements routiers qui rendent l’usage de la voiture plus écolos. Les carrefours sont dimensionnés au respect des normes actuelles de l’OPAIR, favorisant le trafic pendulaire par le rail...

 

L’avenir économique de la région est donc un enjeu qui doit nous préoccuper au-delà de toute apologie partisane vue de la rive gauche. Par exemple, il faut se poser la question de la mobilité économique. La loi fédérale sur le travail qui régit le déplacement domicile-lieux de travail n’offre pas la prérogative étatique d’imposer aux employeurs la mise en place d'une politique d'entreprise en faveur de l’utilisation des transports publics. 

 

L’engorgement de la mobilité ne touche pas que la locomotion motorisée privée. Les transports collectifs sont bondés, les planifications en la matière ont pris quasiment 10 ans de retard tant par la faute de recours idéologiques, de la justice qui traite le bien-être collectif comme un crime pathologique, de politiciens qui apprécient de renvoyer leurs travaux de commissions en commissions (sic).

 

Ce n’est certes pas avec les lunettes de l’écologie que nous allons résoudre le problème de circulation et de construction des traversées mais c’est avec ce double-monocle qu’il faut envisager l’avenir. Dimensionner des infrastructures routières au prétexte que le futur sera plus vert nous verse dans l’apologie du jeu de hasard tant les échéances de ce renouveau est abscons.

  

Actuellement, sans économies dans le programme de l’Etat, aucun investissement de cet ordre n’est possible. Les délégués des partis de l’Entente ont envoyé un signal fort à ce sujet mais c’est surtout dans la campagne que leur position devra s’affirmer.

 

Les opposants historiques à la mobilité individuelle sont majoritairement de l’Alternative. Il faudra que celle-ci casse sa tirelire pour mener cette campagne contre ce vote. Si en passant elle pouvait développer des arguments plus convaincants que ses tirades habituelles sur l’écologie et la lutte des classes...

 

Cette traversée ne doit pas être réalisée dans des conditions inacceptables. Que nos élus remettent la fiscalité du Canton sur le métier et fassent voler en éclat le bouclier fiscal devenu obsolète. Qu'ils assument l’empilement croissant des obligations de l’Etat et des attentes de la population.

 

Qui supporterait de savoir que c’est par la réduction de l’effectif des enseignants que la trémie d’accès sur l’avenue de France serait financée ? Que le système de ventilation dans le tunnel serait installé en lieu et place de la rénovation d’une école primaire ? Que les honoraires des architectes seraient payés par l’abandon des compensations agricoles ? Sans parler de la réduction de la dette, le renforcement de la politique carcérale, de l’augmentation des effectifs policiers etc.

 

Que l’on cesse ce phagocytage des votations populaire afin de rendre la politique genevoise plus lisible et digne d’intérêt, populaire.