Antonio Gambuzza

  • Le PLR, ses amis politiques et Genève Inc.

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    A peine l’encre des journaux s’est évaporé des rotatives pour annoncer l’abandon partiel des charges judiciaires à l’encontre de l’ancien surdoué de la politique genevoise que le comité directeur du nouveau vieux parti avait enfin mis à l’ordre du jour l’exécution de son plan de relance. Comme dans une entreprise, on commence par dégraisser pour répartir les postes en vus entre anciens et nouveaux talents, dans un ordre défini par une formule secrète basée sur le talent visuel, la réussite professionnelle et le partage des valeurs du parti.

    Dans cet élan, le comité directeur du PLR a choisi de se recentrer sur ses fondamentaux: 
    Petit a, rassurer ses soutiens en revenant à plus de discrétion et de finesse dans la portée de leurs appuis.
    Petit b rassurer ses partenaires politiques que le PLR demeure un partenaire fiable.
    Petit c, asseoir ses valeurs morales afin de garder son identité sans être identitaire et sans eugénisme. Pour un parti qui cultive la chaleur humaine comme certains manient les idiots utiles, le PLR Genève dépérit peu à peu en voyant ses caciques disparaître dans un profond chant du cygne.

    Ce faisant, si pour la fonction de procureur un avocat de métier est souvent préféré à un commis de cuisine, pour une magistrature cantonale ou fédéral, l’élitisme est toujours de mise avec des profils universitaires qui écartent le plus souvent les candidats agrariens.

    En 2017, après des décennies de disette fédérale, le comité genevois du PLR a porté la candidature de Pierre Maudet pour remettre sur le métier le libéralisme à la sauce genevoise. Il faut croire que les parlementaires fédéraux ont jugé utile d’élire un médecin et de centrer la politique du pays sur son fleuron biotechnologique.

    De ce camouflet personnel et politique, la section PLR genevoise et son champion se sont retrouvés face à face comme dans un lendemain de cuite dans lequel chacun s’est découvert ses secrets les mieux gardés et, d’Oint, le soldat Maudet est devenu un homme puis un problème, comme si cette non-élection relevait de la métaphysique.

    La spirale a provoqué l’intervention du PLR Suisse pour demander à sa section genevoise d’exclure P5M et, se faisant, elle lui a laissé le temps judiciaire pour mettre en pratique son injonction contre laquelle le Conseiller d’Etat peut recourir pour donner raison aux critiques politiques et morales faites à son encontre.

    Cette publicité sera-t-elle la formule patricienne qui sonnera la résurrection du parti au niveau local? Rien n’est moins sûr car de stratégie, la seule qui aurait permise au souverain genevois de ressortir grandi et de faire croître les valeurs démocratiques aux yeux du monde ne s’est pas déroulée devant nos yeux éblouis de télé-réalités. Avec la réélection du Magistrat dans un scrutin partiel aurait apaisé les travaux institutionnels parlementaire et judiciaire et redonner le ton identitaire du canton.

    Au lieu de cela, le PLR genevois continue d'envisager la vie politique du canton comme une multinationale dont les actionnaires ne sont pas la population mais les entreprises, ou bien.

     

    Antonio Gambuzza

  • Jour 12, mois 1 an 0 après Sras-Covid   

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    Cela fait quelques jours que la vie reprend son cours dans la métropole. Les chantiers se remettent à vrombir et les rues s’animent de passants pressés à relancer leur activité rémunératrice.

    Pour la plus part, cette activité repose sur les biens et services car l’essentiel de la production est faite ailleurs afin de dégager des marges plus importantes mais également plus fragiles.

    Paul, regarde sa montre et s’étonne de ne pas avancer plus vite. Ce n’est pas les vacances, les touristes ne sont pas encore là et au nez, il lui semble même qu’il y ait moins de trafic. Paul aimait bien la tranquillité de sa rue pendant ces deux mois mais là il doit aller bosser. Le trafic est tellement bloqué que Paul se rend compte du peu de personnes voyageant avec les transports en communs.

    Paul laisse vagabonder ses pensées et repense à l’augmentation du capital de Jeff Bezos. Il repense également à son frère aîné, quinquagénaire et au chômage depuis 18 mois. Il se sent encore bien loti même s’il redoute son prochain anniversaire. Il repense à ces masques venus d’Asie, facile à produire, difficile à éliminer, symbolisant les stigmates de la pandémie.

    Sa crainte est de voir ses impôts augmenter car les aides débloquées par l'état ne seront pas gratuites et tous ces déchets qu’il faudra incinérer constituerons une dépense supplémentaire. Il repense à cette taxe au sac dont certains pays sont frappés. Paul se dit que les masques devraient avoir une taxe de recyclage comme les appareils électroniques mais après c’est le prix du masque qui augmenterait d’autant.

    Décidément, Paul se demande pourquoi il ne s’est pas mis à fabriquer des masques… Ah oui, il n’a pas le capital pour créer sa société, il n’épargne plus depuis au moins dix ans.

    Paul envie vraiment tous ces fabricants de masque. Quoiqu’il arrive, ils auront réussi à multiplier leurs marges par 10 alors que nous n’aurons même pas réussi à réactiver le réseau de couturières constitué par les paysans de montagne.

    La radio diffuse une émission politique qui oppose deux figures des mouvements de gauche et de droite. A bien y écouter, les deux protagonistes veulent la même chose en défendant des règles économiques différentes. Paul ne fait plus de politique, il doute que le rôle des politiciens est de donner des cours ex cathedra ou d’influencer la population. Plus aucun parti ne fait de vulgarisation, cette tâche est dévolue aux associations qui sont souvent noyautées par les amis de ces mêmes politiciens.  

    Arrivé à son travail, il appelle son chef resté à la maison pour recevoir son planning hebdomadaire. L’équivalent du travail d’une journée doit se faire 5 fois plus lentement. Après la déprime du confinement, le travail devient une épreuve angoissante d’appauvrissement. La seule question qui lui vient en tête est de retrouver un équilibre entre ce qu’il gagne et ce qu'il dépense.

    Amer, il se remémore la dernière discussion qu’il a eu dans un bar avec un ancien collègue inintéressant au possible pour laquelle il lui avait conseillé vivement de se mettre à la politique. 

     

    Antonio Gambuzza

  • Léman Bleu et les turpitudes d’un quatrième pouvoir médiéval

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    Alors que l’Humanité vit un événement sans précédent, à Genève le temps politique reprend ses droits mais de manière Pavlovienne. Le concept de droite et de gauche remonte à Louis XVI et malgré le progrès de la civilisation et de la vie sociale, nos politiciens complaisants jouent le jeu de médias d’un autre temps.

    Alors que je n’ai aucune critique à formuler contre des politiciens qui haranguent leurs militants sur des canaux privés, la légitimité d’une émission sur une chaîne subventionnée me rend perplexe. J’observe une production grand public qui aborde l'actualité non pas avec une lecture faite d’arguments et de contre-arguments mais d’un fil conducteur orienté vers un seul valable point de vue.

    Non content de jouir du privilège de commenter l’actualité, voilà qu’il faut encore s’instruire sur les talents graphiques d’un Ministre qui n’a pas failli sur le fonctionnement des institutions et qui agit en pleine légalité. L’urgence n‘a pas été décrétée par l’exécutif cantonal mais fédéral et cela prévoit que des aménagements extraordinaires soient réalisés afin de favoriser la reprise. Dans ce contexte, comment ouïr les critiques de l’action politique qui se déploie pendant le plein fonctionnement de nos institutions, la capacité des individus et/ou des associations à faire recours et le plein régime du pouvoir judiciaire.

    Je comprends que la refonte des aménagements suscite l’ire d’une partie de nos élus et c’est leur rôle que de le faire savoir. Je peux vivre avec le traitement de cette actualité avec un biais très orientés, même si celui-ci tourne autour d’une vision d’un pouvoir d’essence divine qui légitime le fonctionnement autour d'un seul Conseiller d’Etat, ne laissant pas la clairvoyance au Collège de s’organiser.

    En revanche, je ne comprends pas comment Léman Bleu laisse son journaliste phare qui a connu la joie de l’enseignement, l’ivresse des confidences fédérales et la sueur politique cantonale présenter le plus beau tutoriel pour se perdre en conjecture. Quand un Magistrat en mal de reconquête prend à son compte l’action judiciaire, foule au pied la probité du Ministère public et manipule la presse encourageant la population à se dénoncer. Ce sont les mêmes qui reprochaient le détournement de fonds publics à des fins de campagne.

    En visionnant cette mascarade et afin de combler le temps dévolu à la retransmission de ce rdv de 19h00, j’ai relevé que les participants sont passés d’un sujet à un autre pour enfin déclarer qu’ils étaient incapables de révéler le contexte dans lequel le Président du Conseil d’Etat aurait évoqué la fin de la collégialité, édifiant.

    Les propos ont tourné autour d’une possible manifestation cycliste illégale et mensuelle, du déclassement de l’œuvre pictural de Monsieur Dal Busco d’abord qualifié de chef-d’œuvre Baroque en pollution urbaine, de la notation des Magistrats par trois lourdauds avinés sur la terrasse du Carlton et des pleins pouvoirs à remettre aux mains de l’Oint de la République MCG.

    La seule et vraie subversion de ces 30 minutes de désinformations fût l’éloge de Madame Fontanet immédiatement reléguée au rang de femme insatisfaite qui porte le pantalon, toujours par un modérateur en recherche de contradicteurs.

    Jadis je fus un partisan de la reconquista de l’information par cet exclus du système. Aujourd’hui force est de constater que l’ancien dauphin est pire que le pouvoir qu’il prétendait retoquer. A croire que la subvention n’est que gabelle et l’émission homélie.

    CQFD


    Antonio Gambuzza