Air du temps

  • Le peuple, les tensions politiques et les menaces exogènes

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    La déconfiture du mois de mai 2014 demeure dans toutes les mémoires comme la défiance de la population vis-à-vis de l’armée et sa préparation aux affrontements conventionnels.

    Si le programme militaire est de la compétence du parlement fédéral, la stratégie suivi et défendue par les chambres est le reflet de conseils militaires. Ceux-ci, dans leur logique de maintien de la paix reçoivent les objectifs à atteindre via un budget de dépense.

    C’est donc la vision de quelques-uns, pondérant la capacité de défense du pays sur plusieurs décennies avec la progression annuel du PIB. Au milieu de ces intérêts commerciaux se mêle une incroyable stabilité politique européenne et absence de conflits armés sur territoire depuis 205 ans.

    Pendant tout ce temps, la souveraineté territoriale n’a jamais été négligée mais le contexte géopolitique de notre pays a connu plusieurs phases de pauvreté dans laquelle, le corps militaire pouvait compter sur la détermination du plus grand nombre à défendre chèrement sa vie. L’instruction obligatoire des jeunes a rendu l’exercice patriotique plus intellectuel mais c’est surtout l’essor des trente glorieuses qui a permis à notre pays de capitaliser sur sa stabilité politique, sa perpétuelle neutralité et le secret bancaire.

    Il y a un élément sociologique qui s’est également démarqué en regard des autres pays, c’est l’absence de corruption endémique dans notre système économique. Les dessous de tables sont plus fréquents dans l'économie privée sans pour autant être une règle absolue. Le peuple suisse est réputé discret et travailleur, il a toujours placé sa confiance en ses autorités et ses représentants politiques et c'est ce qui ressort depuis l'étranger.

     

    Notre stabilité a pourtant évolué avec la liberté de ton qui a gagné nos voisins européens et, de manière interpénétrée, notre propre liberté de ton a évolué tout comme l’idée de ce qui est possible de ce qui ne l’est pas dans le domaine des croyances individuelles et la compréhension de ce qui est fictif et de ce qui est vrai.

    Toutes les considérations techniques autour du 27 septembre ne font pas tout. La population étouffe sous la bureaucratie et la mesquinerie politique qui utilise comme variable d’ajustement ses prestations sociales.

    Aujourd’hui pourtant il faudrait resserrer les rangs autour la clé de voûte de notre souveraineté. Si l’on souhaite un créer un sursis industriel également mais, ce qui manque pour assurer le OUI, les partisans des avions de combats devraient ajouter un cinquième modèle indéterminé car cet avion inconnu est en réalité une stratégie qui plongerait le pays dans une défense nationale du XXIème siècle.

    En demeurant concentré sur la réponse militaire, ce qui a changé ici c’est justement la volonté politique de débattre du fond et de consulter la population. Si certains appellent à l’achat d’avion de cinquième génération, ils devraient saluer le progrès politique qui voit la consultation des contributeurs des dépenses militaires.

    Depuis février 2020, la population est aux portes d’une crise sanitaire sans précédent avec une gestion déroutante qui voit des indications fédérales et cantonales se percuter dans leurs interprétations. Le discours sur la défense aérienne est devenu caduc tant sa genèse s'est éloignée de l’actualité habituelle.

    Le 27 septembre, c’est donc une union sacrée qui devrait sceller le oui aux nouveaux avions de combats tant l’avenir devenu illisible non par ses menaces mais par la proportion des multiples réponses que nos autorités doivent conduire et penser.

    Sinon, juste pour la forme, le seul avion de cinquième génération n’a qu’un seul moteur alors que le l’oncle Sam assurera le fonctionnement du super Hornet sur son sol jusqu’en 2070. Vous avez dit cornélien ?

     

    Antonio Gambuzza

     

     

  • Jour 12, mois 1 an 0 après Sras-Covid   

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    Cela fait quelques jours que la vie reprend son cours dans la métropole. Les chantiers se remettent à vrombir et les rues s’animent de passants pressés à relancer leur activité rémunératrice.

    Pour la plus part, cette activité repose sur les biens et services car l’essentiel de la production est faite ailleurs afin de dégager des marges plus importantes mais également plus fragiles.

    Paul, regarde sa montre et s’étonne de ne pas avancer plus vite. Ce n’est pas les vacances, les touristes ne sont pas encore là et au nez, il lui semble même qu’il y ait moins de trafic. Paul aimait bien la tranquillité de sa rue pendant ces deux mois mais là il doit aller bosser. Le trafic est tellement bloqué que Paul se rend compte du peu de personnes voyageant avec les transports en communs.

    Paul laisse vagabonder ses pensées et repense à l’augmentation du capital de Jeff Bezos. Il repense également à son frère aîné, quinquagénaire et au chômage depuis 18 mois. Il se sent encore bien loti même s’il redoute son prochain anniversaire. Il repense à ces masques venus d’Asie, facile à produire, difficile à éliminer, symbolisant les stigmates de la pandémie.

    Sa crainte est de voir ses impôts augmenter car les aides débloquées par l'état ne seront pas gratuites et tous ces déchets qu’il faudra incinérer constituerons une dépense supplémentaire. Il repense à cette taxe au sac dont certains pays sont frappés. Paul se dit que les masques devraient avoir une taxe de recyclage comme les appareils électroniques mais après c’est le prix du masque qui augmenterait d’autant.

    Décidément, Paul se demande pourquoi il ne s’est pas mis à fabriquer des masques… Ah oui, il n’a pas le capital pour créer sa société, il n’épargne plus depuis au moins dix ans.

    Paul envie vraiment tous ces fabricants de masque. Quoiqu’il arrive, ils auront réussi à multiplier leurs marges par 10 alors que nous n’aurons même pas réussi à réactiver le réseau de couturières constitué par les paysans de montagne.

    La radio diffuse une émission politique qui oppose deux figures des mouvements de gauche et de droite. A bien y écouter, les deux protagonistes veulent la même chose en défendant des règles économiques différentes. Paul ne fait plus de politique, il doute que le rôle des politiciens est de donner des cours ex cathedra ou d’influencer la population. Plus aucun parti ne fait de vulgarisation, cette tâche est dévolue aux associations qui sont souvent noyautées par les amis de ces mêmes politiciens.  

    Arrivé à son travail, il appelle son chef resté à la maison pour recevoir son planning hebdomadaire. L’équivalent du travail d’une journée doit se faire 5 fois plus lentement. Après la déprime du confinement, le travail devient une épreuve angoissante d’appauvrissement. La seule question qui lui vient en tête est de retrouver un équilibre entre ce qu’il gagne et ce qu'il dépense.

    Amer, il se remémore la dernière discussion qu’il a eu dans un bar avec un ancien collègue inintéressant au possible pour laquelle il lui avait conseillé vivement de se mettre à la politique. 

     

    Antonio Gambuzza

  • Les masques, les liqueurs Hydro-alcooliques et les discordes

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    Tout d’abord, je tiens à saluer ici le sang-froid de nos autorités qui ont endigué une pandémie en activant à temps des mesures sanitaires sans précédent. Depuis le 16 mars, l’ensemble du pays se terre dans une distance sociale soutenu par un arrêt économique quasi total. Je pourrais pondérer leur courage mais la décision s’est faite pendant que le nord de l’Europe balbutiait entre raillerie et calcul migratoire.

    Au bout de trois semaine, une presque normalité quotidienne s’est installée et la compréhension de la situation par chaque citoyen est plus ou moins équivalente. Les files d’attentes dans les magasins de premières nécessités sont respectées car la plus part d’entre nous ont la chance de pouvoir s’organiser pour éviter les cohues habituelles de 17h00.

    Afin de lever les mesures sanitaires en place, certains utilisent les différences observées entre les Nations et mettent en avant une moindre propagation du Covid-19 quand la population porte un masque. Ce que les graphiques ne montrent pas ce sont le nombre d’habitants au m2 et le degré de préparation des Nations mais ce qui me préoccupe, c’est la comparaison faite non pas pour mieux protéger la population mais afin de redémarrer l’activité économique. A cette fin, le port du masque sera utile lors de la prochaine pandémie car la population n’a pas accès à un remède qui lui garantit un retour de la santé qui ferait suite à une convalescence chez soi.

    Après la découverte d’une souche virale, un vaccin est disponible au bout de 4 mois  si l’OMS valide sa production et sa distribution (à partir de 50’) et nous en sommes loin. La seule façon de se prémunir contre cette loterie est donc ce ralentissement observé par l'ensemble des pays consommateurs occidentaux.

    Pourtant, certains sont prêts à vous sacrifier comme les généraux envoyaient les soldats dans les tranchées de Verdun. Le seul point commun que je partage avec eux est que la situation n’est pas tenable. Pour eux c'est la cause et de mon point de vu c'est le remède.

    Les prêts sans intérêts remboursables en 7 ans devront faire place à une déclaration de catastrophe naturelle exceptionnelle et ceci pour plusieurs raisons :

    • L’épidémie n’était pas prévisible (l’avant-dernière en 2015 est restée limitée en Asie).
    • Le caractère pandémique du Covid-19 est décrété par l’OMS depuis le 12 mars 2020.
    • Notre système économique ne permet pas de subventionner la production de bien et de service.
    • Il faut maintenir le savoir-faire et permettre aux entreprises d’investir.
    • Augmenter les charges non-déductibles d’exploitation.

    De plus pour les citoyennes et les citoyens les assurances jouent font de la sémantique entre épidémie et pandémie. Il faut donc les remettre dans le chemin vertueux de la solidarité et de l'exécution de leurs prestations.

    Toute les mesures qui visent à suppléer l’activité économique par de l’emprunt est vouée à ralentir la reprise alors que l’objectif est de la préparer. L’hypocrisie du taux zéro empêche la déduction fiscale du seul avantage de ce véhicule financier alors que la dette est fiscalisée. Cette approche doit changer et des garanties des services de Madame Fontanet doivent assurer les acteurs économiques de la non fiscalisation de ces emprunts.

    Gouverner c’est prévoir et la seule certitude que l’on peut avancer aujourd’hui, ce que le Conseil fédéral ne laissera pas déborder une autre fois.

     

    Antonio Gambuzza