• Les principes immuables de la finance VS  l’autoritarisme de la droite genevoise.

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    A ma gauche la loi CPEG (12 228) et à ma droite la loi Fontanet (12 404) réunies sur le ring du suffrage universel dans combat sans disqualification pour le titre de champion genevois de médiocrité.

    Les deux lois souffrent de défauts mais si la loi 12 228 reprend les bases existantes de la primauté de prestation et n’a pas touché aux répartitions des cotisations, c’est que ses auteurs ont parfaitement compris que ce sujet reviendra pendant l'élaboration du règlement d’application ad hoc.

    Une partie de nos députés pensent que ce projet ne tient pas la route car les réformes structurelles qu'ils souhaitent ne sont pas développées selon leur unique modèle économique. Ils ne nient pas que les représentants du personnel sont des collaborateurs instruits, porteur d'une formation reconnue et qu'ils ont embrassé des professions régaliennes du pouvoir administratif. Ils admettent également que le discours de la fonction publique n'est en aucn cas arrogant envers le corps électoral genevois.

    Je ne peux m’empêcher de penser que la droite, dans sa volonté de réforme n’a pas cette qualité de respect. Imposer la primauté de cotisation avec une couverture partielle de la CPEG n’est pas une réforme mais manœuvre  basée sur un effet de levier inexistant.  Si le Député Aellen me prêtait 1'000.- francs, il n'apprécierait pas que je lui rende 800.- en affirmant l'avoir intégralement remboursé.

    Si à Berne les élus fédéraux ont un plan d’assainissement séculier, il semble que certains élus cantonaux cultivent leurs relations avec le personnel de l'administration en mettant la charrue avant les bœufs. Oui, il faut une réforme structurelle mais elle doit intervenir au bon moment.

    Si la primauté de cotisation calcule une rente avec un taux de conversion sur un capital cumulé à 100% avec les intérêts, la primauté de prestation compense la différence entre ce qui est versé (100% des cotisation)  et ce qui est capitalisé (80% des cotisations) par un calcul identique mais en compensant la couverture partielle de la caisse de pension. Pour mémoire, la couverture partielle est une stratégie cantonale et non un fait imputable à la fonction publique.

    Alors nos élus de droite sont-ils malhonnêtes ou simplement enfermés dans une tour d’ivoire où règne des principes éloignés de leurs responsabilités ? La réponse leur appartient et je parie que tous ne seraient pas heureux de voir leurs clients omettre un paiement sur leurs honoraires ou leurs fiduciaires passer à côté d'une déduction.

    Le personnel de l’Etat de Genève ne fait que préserver ses droits (non ses acquis) et garder haute sa garde avant le round d’application de leur loi 12 228 pendant que la droite du Grand conseil fait valoir ses principes, mal venus le cas présent et dénonce une structure étatique dimensionnée pour 1 million d’habitants mais financée par 300'000 contribuables, frontaliers compris.

    Si Genève vit sur un grand pied mal chaussé, ce n’est ni la faute de ses habitants et encore moins celle de sa fonction publique. 

     

    Antonio Gambuzza