• L’Assemblée fédérale, le pouvoir et les Calendes grecques

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    On devrait en rire tellement les raisons relevées par la presse helvétique sont divergentes. La composition de l’Exécutif fédéral est de la compétence exclusive de l’Assemblée fédérale. Aucun parti ne peut avoir une majorité absolue et, pour élire ou non une personnalité, cette Assemblée doit trouver une majorité qui se profile dans les caucus de partis.

    La faiblesse de notre Constitution qui éprouverait la stabilité politique de la Suisse serait une élection partielle en cours de législature. Heureusement celle-ci n’est possible que lorsqu’un membre du Conseil fédéral décède ou qu’il soit atteint dans sa santé. La réalité est que les règles sont tacites et sujette à interprétation. Il est devenu coutumier pour nos élus de partir un peu avant ou un peu après, provocant entre chaque élection populaire un brassage partiel de l’Exécutif.

    Les références du passé n’ont rien de commun avec ce qui s’est produit le 11 décembre. En effet, le souvenir des manœuvres PLR/UDC pour éjecter Ruth Metzler et le coup de Jarnac du PDC avec l’éviction de Christophe Blocher. Les élus 2019 ont privilégié la dissociation des changements entre les chambres et l’Exécutif, ce qui relève de leur compétence exclusive, car il est parfaitement normal que l’élection d’un collège se déroule dans la sérénité la plus totale. Entre les anciens et nouveaux élus doivent s’effectuer la transmission des règles et coutumes, afin que les demandes trouvent une réponse efficiente dans la mesure du temps politique.

    Pour autant, Les Verts devaient proposer une candidature et, si dans le lot des remarques de cette Presse toutes ont leur part de vérité, il n’en demeure pas moins que le temps politique des partis compte tout autant et met en avant leur rapport au pouvoir. Le message des Verts est très clair ; le temps de la formule magique a vécu, comme les trente glorieuses et l’époque des guerres empiriques. Si pendant celles-ci le pays s’est épargné les combats, certains citoyens trouvaient un précaire avenir dans les troupes belligérantes marquant sans cesse le premier pas de l’interdépendance entre les peuples.

    Aujourd’hui, Les Verts sortent vainqueur de leur non-élection et à plus d’un titre. Si chacun veut conjuguer économie et écologie, les moyens sont tellement divergents que Les Verts ne pourraient en aucun cas soutenir tous les projets sans se compromettre comme les Socialistes et le transfert de charge de la Confédération vers la population avec la LAMal.

    Alors quoi, tout est vacuité et langue de bois ? pas si sûr ! Madame Amaudruz a ouvert une brèche en rappelant que Les Verts auraient pu briguer le poste de Chancelier ; Bigres une esquive frontale qui pourrait avoir le goût de l'amertume. Pourtant cette proposition est des plus habile car pour donner de l’âme aux projets et du corps aux textes législatifs, quoi de mieux que d’en être le premier auteur.

    Certes il faudrait que le poste soit vacant mais l’espoir est de mise, la durée moyenne des mandats de chancelier est de 7 ans. Après une législature de pression et de combat, Les Verts auront la possibilité de briguer non pas le pouvoir, mais l'expresion de son éminence grise.

     

    Antonio Gambuzza