L’économie, le Covid 19 et la mauvaise foi

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Petit tremblement de terre dans les médias télévisés locaux lors de l’intervention du magistrat genevois de l’Economie. Hormis les messages controversés des « hateurs » habituels, les opportunistes en campagne électorale et les rares défenseurs du ministre sur la page Fb de Léman Bleu, la grande majorité des commentaires concernaient les rentes à vie des élus exécutifs et plus particulièrement celle du magistrat désormais honni.

Sur ce dernier sujet, l’historique de la rente va de pair avec le devoir de réserve et récompensent également une disponibilité de tous les instants pendant une durée d’au moins huit ans. Aussi saugrenu que cela paresse, cela implique l’interdiction de vendre des carnets d’adresse ou des informations classifiées, bref, on récompense la discrétion méritée de nos anciens élus.

Néanmoins, PM a légitimité et même stratégiquement intérêt à intervenir et faire savoir que le gouvernement garde un contact étroit avec les acteurs qui font vivre 1mio de personnes dans la région. Alors effet d’aubaine sans aucun doute mais c'est bien la psychose ambiante qui le remet au centre de la vie politique.

N’y a-t-il donc pas une mauvaise foi aussi détestable tant des uns en regard de l’attitude supposée arrogante de l’intéressé? La question cardinale n’est pas de débattre sur son action mais d’entendre que les présidents des faîtières de notre tissu économique recherchent des leviers d'action pour limiter les effets de cette situation inattendue.

Essoré à 12'000 tours par minute par le pouvoir judiciaire (comme tout citoyen) notre ministre tente une remontada politique dans laquelle il déploie des trésors de bienveillance et d’altruisme.

Alors je me permets ici deux ou trois réflexions à son attention et ses détracteurs car il est impératif de se souvenir que :

  • Nous ne sommes pas un corps constitué mais un corps électoral
  • Qu’il faut venir avec un bilan et non des intentions
  • Que cette situation est sans précédent (loi de 2016)
  • Que la psychose ambiante n’est pas immanente du Conseil d’Etat
  • Que même Genève doit encaisser le choc et réagir

Personnellement je préfère les bilans d'actions concertées aux annonces. Même si l’amplification du canal médiatique peut se révéler un formidable accélérateur, il n'en demeure pas moins  une option de dernier recours.

Concernant cet épisode de la vie politique genevoise, la tâche du ministre Maudet sera favorisée par son talent opérationnel même si l’interview était trop longue et que les réponses étaient trop détaillées. Mais ce qui a attisé les réactions c’est le mot d’ordre; celui-ci a renforcé l’antipathie des trolls. Aucune référence aux évènements en cours et pour cause, il n'y avait rien à entendre sur le changement de business model de la République. Fini les cadeaux et les échanges de prestations qui ont accompagné pendant longtemps les négociations commerciales. Les mentalités actuelles appellent à une attitude de moines trappistes, mêlant bénéfices, éthique et la volonté de redistribuer le produit de l’impôt dans la qualité de vie quotidienne, parfois jugée superflue par le citoyen-électeur-payeur-receveur.

 

Antonio Gambuzza 

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