• Léman Bleu et les turpitudes d’un quatrième pouvoir médiéval

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    Alors que l’Humanité vit un événement sans précédent, à Genève le temps politique reprend ses droits mais de manière Pavlovienne. Le concept de droite et de gauche remonte à Louis XVI et malgré le progrès de la civilisation et de la vie sociale, nos politiciens complaisants jouent le jeu de médias d’un autre temps.

    Alors que je n’ai aucune critique à formuler contre des politiciens qui haranguent leurs militants sur des canaux privés, la légitimité d’une émission sur une chaîne subventionnée me rend perplexe. J’observe une production grand public qui aborde l'actualité non pas avec une lecture faite d’arguments et de contre-arguments mais d’un fil conducteur orienté vers un seul valable point de vue.

    Non content de jouir du privilège de commenter l’actualité, voilà qu’il faut encore s’instruire sur les talents graphiques d’un Ministre qui n’a pas failli sur le fonctionnement des institutions et qui agit en pleine légalité. L’urgence n‘a pas été décrétée par l’exécutif cantonal mais fédéral et cela prévoit que des aménagements extraordinaires soient réalisés afin de favoriser la reprise. Dans ce contexte, comment ouïr les critiques de l’action politique qui se déploie pendant le plein fonctionnement de nos institutions, la capacité des individus et/ou des associations à faire recours et le plein régime du pouvoir judiciaire.

    Je comprends que la refonte des aménagements suscite l’ire d’une partie de nos élus et c’est leur rôle que de le faire savoir. Je peux vivre avec le traitement de cette actualité avec un biais très orientés, même si celui-ci tourne autour d’une vision d’un pouvoir d’essence divine qui légitime le fonctionnement autour d'un seul Conseiller d’Etat, ne laissant pas la clairvoyance au Collège de s’organiser.

    En revanche, je ne comprends pas comment Léman Bleu laisse son journaliste phare qui a connu la joie de l’enseignement, l’ivresse des confidences fédérales et la sueur politique cantonale présenter le plus beau tutoriel pour se perdre en conjecture. Quand un Magistrat en mal de reconquête prend à son compte l’action judiciaire, foule au pied la probité du Ministère public et manipule la presse encourageant la population à se dénoncer. Ce sont les mêmes qui reprochaient le détournement de fonds publics à des fins de campagne.

    En visionnant cette mascarade et afin de combler le temps dévolu à la retransmission de ce rdv de 19h00, j’ai relevé que les participants sont passés d’un sujet à un autre pour enfin déclarer qu’ils étaient incapables de révéler le contexte dans lequel le Président du Conseil d’Etat aurait évoqué la fin de la collégialité, édifiant.

    Les propos ont tourné autour d’une possible manifestation cycliste illégale et mensuelle, du déclassement de l’œuvre pictural de Monsieur Dal Busco d’abord qualifié de chef-d’œuvre Baroque en pollution urbaine, de la notation des Magistrats par trois lourdauds avinés sur la terrasse du Carlton et des pleins pouvoirs à remettre aux mains de l’Oint de la République MCG.

    La seule et vraie subversion de ces 30 minutes de désinformations fût l’éloge de Madame Fontanet immédiatement reléguée au rang de femme insatisfaite qui porte le pantalon, toujours par un modérateur en recherche de contradicteurs.

    Jadis je fus un partisan de la reconquista de l’information par cet exclus du système. Aujourd’hui force est de constater que l’ancien dauphin est pire que le pouvoir qu’il prétendait retoquer. A croire que la subvention n’est que gabelle et l’émission homélie.

    CQFD


    Antonio Gambuzza