Le PLR, ses amis politiques et Genève Inc.

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A peine l’encre des journaux s’est évaporé des rotatives pour annoncer l’abandon partiel des charges judiciaires à l’encontre de l’ancien surdoué de la politique genevoise que le comité directeur du nouveau vieux parti avait enfin mis à l’ordre du jour l’exécution de son plan de relance. Comme dans une entreprise, on commence par dégraisser pour répartir les postes en vus entre anciens et nouveaux talents, dans un ordre défini par une formule secrète basée sur le talent visuel, la réussite professionnelle et le partage des valeurs du parti.

Dans cet élan, le comité directeur du PLR a choisi de se recentrer sur ses fondamentaux: 
Petit a, rassurer ses soutiens en revenant à plus de discrétion et de finesse dans la portée de leurs appuis.
Petit b rassurer ses partenaires politiques que le PLR demeure un partenaire fiable.
Petit c, asseoir ses valeurs morales afin de garder son identité sans être identitaire et sans eugénisme. Pour un parti qui cultive la chaleur humaine comme certains manient les idiots utiles, le PLR Genève dépérit peu à peu en voyant ses caciques disparaître dans un profond chant du cygne.

Ce faisant, si pour la fonction de procureur un avocat de métier est souvent préféré à un commis de cuisine, pour une magistrature cantonale ou fédéral, l’élitisme est toujours de mise avec des profils universitaires qui écartent le plus souvent les candidats agrariens.

En 2017, après des décennies de disette fédérale, le comité genevois du PLR a porté la candidature de Pierre Maudet pour remettre sur le métier le libéralisme à la sauce genevoise. Il faut croire que les parlementaires fédéraux ont jugé utile d’élire un médecin et de centrer la politique du pays sur son fleuron biotechnologique.

De ce camouflet personnel et politique, la section PLR genevoise et son champion se sont retrouvés face à face comme dans un lendemain de cuite dans lequel chacun s’est découvert ses secrets les mieux gardés et, d’Oint, le soldat Maudet est devenu un homme puis un problème, comme si cette non-élection relevait de la métaphysique.

La spirale a provoqué l’intervention du PLR Suisse pour demander à sa section genevoise d’exclure P5M et, se faisant, elle lui a laissé le temps judiciaire pour mettre en pratique son injonction contre laquelle le Conseiller d’Etat peut recourir pour donner raison aux critiques politiques et morales faites à son encontre.

Cette publicité sera-t-elle la formule patricienne qui sonnera la résurrection du parti au niveau local? Rien n’est moins sûr car de stratégie, la seule qui aurait permise au souverain genevois de ressortir grandi et de faire croître les valeurs démocratiques aux yeux du monde ne s’est pas déroulée devant nos yeux éblouis de télé-réalités. La réélection du Magistrat dans un scrutin partiel aurait apaisé les travaux institutionnels (parlementaire et judiciaire) et redonné la dimension identitaire du canton.

Au lieu de cela, le PLR genevois continue d'envisager la vie politique du canton comme une multinationale dont les actionnaires ne sont pas la population mais les entreprises, ou bien.

 

Antonio Gambuzza

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