Fazy, les remparts et les pistes cyclables

Imprimer

Au départ des armées napoléoniennes, la volonté de modernisme et d’ouverture vers la Suisse avait poussé nos représentants à démolir voire enfouir les traces moyenâgeuses du passé de la cité et de ses communes alliées. 

 

207 ans après les premiers départs, le sentiment d’envahissement est nuancé selon que l’économie permet d’intégrer la population vivant sur place et parfois ceux qui sont indispensables au bon fonctionnement d’une saine économie.

Sur ces 207 ans, 130 ont vu la population travailler dans les champs environnants de la Savoie ou être une étape pour les voyageurs économique. L’essor d’après-guerre a permis une bascule incontrôlée des déplacements et Genève a tiré parti d’une situation qui avait débuté par la promulgation du secret bancaire, suivi de la montée de la guerre froide et ses trente glorieuses, soutenu par un savoir-faire établi qui tranchait avec l’instabilité politique de la majeure partie du monde.

Depuis l’après-guerre donc, Genève s’adapte à ses nouvelles prérogatives de pôle économique et parfois, dans les travées du palais fédéral, se fait entendre par la voix timide de ses représentants politiques sur les enjeux du déplacement pendulaire et de ses conséquences économiques. Comme alors, quand de concert les fortifications s’effondrèrent avec la bénédiction du pouvoir fédéral, la requalification de la chaussée se dessine, parfois se teste, mais surtout elle permet de donner un ton envers nos partenaires confédérés et un autre, plus modéré, auprès de nos partenaires étrangers.

Décembre 2019 a vu une pierre angulaire être scellée entre les trois régions que sont la Romandie, l’Ain et la Haute-Savoie, afin de redéfinir les déplacements des personnes et des services. Si les autoroutes de nos voisins pourraient s’inscrire dans l’évitement des hameaux et villes, les transports publics font cruellement défauts et, pour atténuer l’appétit des sociétés autoroutières qui prévaut dans la planification régionale des déplacements ne peut que passer par un désaccord.

Après avoir connecté Genève et Annecy, notre grand voisin souhaite relier par une voie rapide Evian à Étrembière. L’exécutif sortant de la Ville de Genève a porté l’affaire en justice sur sol français afin de non pas d’obtenir gain de cause mais accélérer le dialogue politique. En réalité l’Agglomération genevoise ne peut grandir que si Annemasse se hisse en pôle de transport ferroviaire pour la France comme Lausanne l’est pour la Romandie mais également que les pendulaires vaudois reportent leur déplacement sur l'offre ferroviaire.

Ce n’est qu’à ce prix que nous, habitants de notre canton, verrons une justice fiscale chichement s’équilibrer en subventionnant moins le transport ferroviaire national compensé par le volume d’utilisateurs et symboliquement diminuer l’évaporation fiscale que constituent les pendulaires Romands.

Pour les communautés de communes de notre grand voisins, nos mêmes plaintes concernant les mouvements dans les hameaux et les villes devraient remonter non pas vers le Groupement Transfrontalier mais vers le pouvoir parisien afin d'adapter les moyens logistiques et humains de leurs déplacements professionnels en faisant plus et mieux pour le transport en commun et les billets combinés.

 

Antonio Gambuzza

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

Optionnel