Genève

  • Fazy, les remparts et les pistes cyclables

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    Au départ des armées napoléoniennes, la volonté de modernisme et d’ouverture vers la Suisse avait poussé nos représentants à démolir voire enfouir les traces moyenâgeuses du passé de la cité et de ses communes alliées. 

     

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  • Le Souverain, les bêleurs et les inassouvis commandeurs

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    A Genève, on est Suisse mais de loin. Les genevois, souvent bobos sont à parts. Ici, même les conservateurs sont progressistes et nos élus multiplient les partis pour s’assurer (sans le faire exprès) que tous les courants idéologiques soient représentés.

    Ce petit landernau est le garant du fonctionnement de nos institutions et se projette comme l’organe suprême de l’Etat. Parfois drôles, parfois inattendus, les (d)ébats de nos oints populaires ne sont jamais sans saveurs et, en ce moment, nos princes régents se penchent sur la question de la destitution. La seule question que me vient à l'esprit en lisant les projets déposés est; pourquoi légiférer uniquement pour un membre de l’Exécutif et/ou des juges. Trois objets sont en cours de discussion afin de créer une disposition légale allant dans ce sens.

    Au niveau fédéral, rien ne permet à l’Assemblée de se pencher sur cette éventualité à l’encontre de l’Exécutif et aucun vote de censure n’est prévu à l’encontre les élues et élus des deux chambres. Contre un de ces élus, le vote devrait alors se dérouler dans le canton électif de la personne visée. Cette nouveauté permettrait de rappeler à chaque dépositaire d’une parcelle de pouvoir fédéral que nul n’est au-dessus de son serment.

    A l’échelon inférieur, les quelques cantons qui se sont prononcés sur une procédure en destitution l’ont adopté dans l’urgence, dans le prolongement d'affaires politiques mais surtout sans se préoccuper si une ou un élu du Grand conseil pouvait aussi être visé par un manque de confiance de ses paires. Le principe même de la séparation des pouvoirs et de la légitimité du mandat devrait permettre à tous les échelons de saisir la sagacité populaire afin de garantir le fonctionnement des institutions. Donner le pouvoir de destitution au Grand conseil  va à l'encontre du dit principe et qui ne se justifie pas avec une extension de la mission de surveillance qu'endosse le Législatif.

    Une loi permettant au Grand conseil de destituer purement et simplement un Conseiller d’Etat, même avec une majorité des deux tiers, ne se substitue en rien une représentation populaire, surtout avec une loi qui ne prévoit pas la destitution d’un député.

    Pour l’un comme pour l’autre, une majorité absolue de ce qui deviendrait une Assemblée cantonale (dans laquelle chaque élu possède une seule voix) devrait suffire à renvoyer un élu (juge, cours des comptes, Conseiller d’Etat ou Député) devant le peuple afin que celui-ci lui confirme sa confiance ou lui demande de rendre son tablier.

    En même temps, il n’y a aucune raison d’intervenir dans les prérogatives d’une chambre. L’Exécutif genevois a déjà choisi de remettre en vigueur la présidence tournante afin d’encourager la collégialité entre les élus et garder le cap du travail qui est le leur.

     

    Mesdames et Messieurs les Députés, ces quelques lignes vous sont adressées afin de vous rappeler que votre mission est une charge et non une vocation, que votre rôle est de vous assurer du fonctionnement des institutions et non d’agir par voie de commission parlementaire tel un conclave, puis entériner vos délibérations par un vote formel de votre vénérable séance plénière. Vous substituer à un service RH d’une entreprise purement politique fait migrer notre démocratie vers une aristocratie élective au scrutin populaire.

     

    Antonio Gambuzza

     

     

  • Le PLR, ses amis politiques et Genève Inc.

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    A peine l’encre des journaux s’est évaporé des rotatives pour annoncer l’abandon partiel des charges judiciaires à l’encontre de l’ancien surdoué de la politique genevoise que le comité directeur du nouveau vieux parti avait enfin mis à l’ordre du jour l’exécution de son plan de relance. Comme dans une entreprise, on commence par dégraisser pour répartir les postes en vus entre anciens et nouveaux talents, dans un ordre défini par une formule secrète basée sur le talent visuel, la réussite professionnelle et le partage des valeurs du parti.

    Dans cet élan, le comité directeur du PLR a choisi de se recentrer sur ses fondamentaux: 
    Petit a, rassurer ses soutiens en revenant à plus de discrétion et de finesse dans la portée de leurs appuis.
    Petit b rassurer ses partenaires politiques que le PLR demeure un partenaire fiable.
    Petit c, asseoir ses valeurs morales afin de garder son identité sans être identitaire et sans eugénisme. Pour un parti qui cultive la chaleur humaine comme certains manient les idiots utiles, le PLR Genève dépérit peu à peu en voyant ses caciques disparaître dans un profond chant du cygne.

    Ce faisant, si pour la fonction de procureur un avocat de métier est souvent préféré à un commis de cuisine, pour une magistrature cantonale ou fédéral, l’élitisme est toujours de mise avec des profils universitaires qui écartent le plus souvent les candidats agrariens.

    En 2017, après des décennies de disette fédérale, le comité genevois du PLR a porté la candidature de Pierre Maudet pour remettre sur le métier le libéralisme à la sauce genevoise. Il faut croire que les parlementaires fédéraux ont jugé utile d’élire un médecin et de centrer la politique du pays sur son fleuron biotechnologique.

    De ce camouflet personnel et politique, la section PLR genevoise et son champion se sont retrouvés face à face comme dans un lendemain de cuite dans lequel chacun s’est découvert ses secrets les mieux gardés et, d’Oint, le soldat Maudet est devenu un homme puis un problème, comme si cette non-élection relevait de la métaphysique.

    La spirale a provoqué l’intervention du PLR Suisse pour demander à sa section genevoise d’exclure P5M et, se faisant, elle lui a laissé le temps judiciaire pour mettre en pratique son injonction contre laquelle le Conseiller d’Etat peut recourir pour donner raison aux critiques politiques et morales faites à son encontre.

    Cette publicité sera-t-elle la formule patricienne qui sonnera la résurrection du parti au niveau local? Rien n’est moins sûr car de stratégie, la seule qui aurait permise au souverain genevois de ressortir grandi et de faire croître les valeurs démocratiques aux yeux du monde ne s’est pas déroulée devant nos yeux éblouis de télé-réalités. La réélection du Magistrat dans un scrutin partiel aurait apaisé les travaux institutionnels (parlementaire et judiciaire) et redonné la dimension identitaire du canton.

    Au lieu de cela, le PLR genevois continue d'envisager la vie politique du canton comme une multinationale dont les actionnaires ne sont pas la population mais les entreprises, ou bien.

     

    Antonio Gambuzza