covid-19

  • Jour 12, mois 1 an 0 après Sras-Covid   

    Imprimer

    Cela fait quelques jours que la vie reprend son cours dans la métropole. Les chantiers se remettent à vrombir et les rues s’animent de passants pressés à relancer leur activité rémunératrice.

    Pour la plus part, cette activité repose sur les biens et services car l’essentiel de la production est faite ailleurs afin de dégager des marges plus importantes mais également plus fragiles.

    Paul, regarde sa montre et s’étonne de ne pas avancer plus vite. Ce n’est pas les vacances, les touristes ne sont pas encore là et au nez, il lui semble même qu’il y ait moins de trafic. Paul aimait bien la tranquillité de sa rue pendant ces deux mois mais là il doit aller bosser. Le trafic est tellement bloqué que Paul se rend compte du peu de personnes voyageant avec les transports en communs.

    Paul laisse vagabonder ses pensées et repense à l’augmentation du capital de Jeff Bezos. Il repense également à son frère aîné, quinquagénaire et au chômage depuis 18 mois. Il se sent encore bien loti même s’il redoute son prochain anniversaire. Il repense à ces masques venus d’Asie, facile à produire, difficile à éliminer, symbolisant les stigmates de la pandémie.

    Sa crainte est de voir ses impôts augmenter car les aides débloquées par l'état ne seront pas gratuites et tous ces déchets qu’il faudra incinérer constituerons une dépense supplémentaire. Il repense à cette taxe au sac dont certains pays sont frappés. Paul se dit que les masques devraient avoir une taxe de recyclage comme les appareils électroniques mais après c’est le prix du masque qui augmenterait d’autant.

    Décidément, Paul se demande pourquoi il ne s’est pas mis à fabriquer des masques… Ah oui, il n’a pas le capital pour créer sa société, il n’épargne plus depuis au moins dix ans.

    Paul envie vraiment tous ces fabricants de masque. Quoiqu’il arrive, ils auront réussi à multiplier leurs marges par 10 alors que nous n’aurons même pas réussi à réactiver le réseau de couturières constitué par les paysans de montagne.

    La radio diffuse une émission politique qui oppose deux figures des mouvements de gauche et de droite. A bien y écouter, les deux protagonistes veulent la même chose en défendant des règles économiques différentes. Paul ne fait plus de politique, il doute que le rôle des politiciens est de donner des cours ex cathedra ou d’influencer la population. Plus aucun parti ne fait de vulgarisation, cette tâche est dévolue aux associations qui sont souvent noyautées par les amis de ces mêmes politiciens.  

    Arrivé à son travail, il appelle son chef resté à la maison pour recevoir son planning hebdomadaire. L’équivalent du travail d’une journée doit se faire 5 fois plus lentement. Après la déprime du confinement, le travail devient une épreuve angoissante d’appauvrissement. La seule question qui lui vient en tête est de retrouver un équilibre entre ce qu’il gagne et ce qu'il dépense.

    Amer, il se remémore la dernière discussion qu’il a eu dans un bar avec un ancien collègue inintéressant au possible pour laquelle il lui avait conseillé vivement de se mettre à la politique. 

     

    Antonio Gambuzza

  • Léman Bleu et les turpitudes d’un quatrième pouvoir médiéval

    Imprimer

    Alors que l’Humanité vit un événement sans précédent, à Genève le temps politique reprend ses droits mais de manière Pavlovienne. Le concept de droite et de gauche remonte à Louis XVI et malgré le progrès de la civilisation et de la vie sociale, nos politiciens complaisants jouent le jeu de médias d’un autre temps.

    Alors que je n’ai aucune critique à formuler contre des politiciens qui haranguent leurs militants sur des canaux privés, la légitimité d’une émission sur une chaîne subventionnée me rend perplexe. J’observe une production grand public qui aborde l'actualité non pas avec une lecture faite d’arguments et de contre-arguments mais d’un fil conducteur orienté vers un seul valable point de vue.

    Non content de jouir du privilège de commenter l’actualité, voilà qu’il faut encore s’instruire sur les talents graphiques d’un Ministre qui n’a pas failli sur le fonctionnement des institutions et qui agit en pleine légalité. L’urgence n‘a pas été décrétée par l’exécutif cantonal mais fédéral et cela prévoit que des aménagements extraordinaires soient réalisés afin de favoriser la reprise. Dans ce contexte, comment ouïr les critiques de l’action politique qui se déploie pendant le plein fonctionnement de nos institutions, la capacité des individus et/ou des associations à faire recours et le plein régime du pouvoir judiciaire.

    Je comprends que la refonte des aménagements suscite l’ire d’une partie de nos élus et c’est leur rôle que de le faire savoir. Je peux vivre avec le traitement de cette actualité avec un biais très orientés, même si celui-ci tourne autour d’une vision d’un pouvoir d’essence divine qui légitime le fonctionnement autour d'un seul Conseiller d’Etat, ne laissant pas la clairvoyance au Collège de s’organiser.

    En revanche, je ne comprends pas comment Léman Bleu laisse son journaliste phare qui a connu la joie de l’enseignement, l’ivresse des confidences fédérales et la sueur politique cantonale présenter le plus beau tutoriel pour se perdre en conjecture. Quand un Magistrat en mal de reconquête prend à son compte l’action judiciaire, foule au pied la probité du Ministère public et manipule la presse encourageant la population à se dénoncer. Ce sont les mêmes qui reprochaient le détournement de fonds publics à des fins de campagne.

    En visionnant cette mascarade et afin de combler le temps dévolu à la retransmission de ce rdv de 19h00, j’ai relevé que les participants sont passés d’un sujet à un autre pour enfin déclarer qu’ils étaient incapables de révéler le contexte dans lequel le Président du Conseil d’Etat aurait évoqué la fin de la collégialité, édifiant.

    Les propos ont tourné autour d’une possible manifestation cycliste illégale et mensuelle, du déclassement de l’œuvre pictural de Monsieur Dal Busco d’abord qualifié de chef-d’œuvre Baroque en pollution urbaine, de la notation des Magistrats par trois lourdauds avinés sur la terrasse du Carlton et des pleins pouvoirs à remettre aux mains de l’Oint de la République MCG.

    La seule et vraie subversion de ces 30 minutes de désinformations fût l’éloge de Madame Fontanet immédiatement reléguée au rang de femme insatisfaite qui porte le pantalon, toujours par un modérateur en recherche de contradicteurs.

    Jadis je fus un partisan de la reconquista de l’information par cet exclus du système. Aujourd’hui force est de constater que l’ancien dauphin est pire que le pouvoir qu’il prétendait retoquer. A croire que la subvention n’est que gabelle et l’émission homélie.

    CQFD


    Antonio Gambuzza

  • Les masques, les liqueurs Hydro-alcooliques et les discordes

    Imprimer

    Tout d’abord, je tiens à saluer ici le sang-froid de nos autorités qui ont endigué une pandémie en activant à temps des mesures sanitaires sans précédent. Depuis le 16 mars, l’ensemble du pays se terre dans une distance sociale soutenu par un arrêt économique quasi total. Je pourrais pondérer leur courage mais la décision s’est faite pendant que le nord de l’Europe balbutiait entre raillerie et calcul migratoire.

    Au bout de trois semaine, une presque normalité quotidienne s’est installée et la compréhension de la situation par chaque citoyen est plus ou moins équivalente. Les files d’attentes dans les magasins de premières nécessités sont respectées car la plus part d’entre nous ont la chance de pouvoir s’organiser pour éviter les cohues habituelles de 17h00.

    Afin de lever les mesures sanitaires en place, certains utilisent les différences observées entre les Nations et mettent en avant une moindre propagation du Covid-19 quand la population porte un masque. Ce que les graphiques ne montrent pas ce sont le nombre d’habitants au m2 et le degré de préparation des Nations mais ce qui me préoccupe, c’est la comparaison faite non pas pour mieux protéger la population mais afin de redémarrer l’activité économique. A cette fin, le port du masque sera utile lors de la prochaine pandémie car la population n’a pas accès à un remède qui lui garantit un retour de la santé qui ferait suite à une convalescence chez soi.

    Après la découverte d’une souche virale, un vaccin est disponible au bout de 4 mois  si l’OMS valide sa production et sa distribution (à partir de 50’) et nous en sommes loin. La seule façon de se prémunir contre cette loterie est donc ce ralentissement observé par l'ensemble des pays consommateurs occidentaux.

    Pourtant, certains sont prêts à vous sacrifier comme les généraux envoyaient les soldats dans les tranchées de Verdun. Le seul point commun que je partage avec eux est que la situation n’est pas tenable. Pour eux c'est la cause et de mon point de vu c'est le remède.

    Les prêts sans intérêts remboursables en 7 ans devront faire place à une déclaration de catastrophe naturelle exceptionnelle et ceci pour plusieurs raisons :

    • L’épidémie n’était pas prévisible (l’avant-dernière en 2015 est restée limitée en Asie).
    • Le caractère pandémique du Covid-19 est décrété par l’OMS depuis le 12 mars 2020.
    • Notre système économique ne permet pas de subventionner la production de bien et de service.
    • Il faut maintenir le savoir-faire et permettre aux entreprises d’investir.
    • Augmenter les charges non-déductibles d’exploitation.

    De plus pour les citoyennes et les citoyens les assurances jouent font de la sémantique entre épidémie et pandémie. Il faut donc les remettre dans le chemin vertueux de la solidarité et de l'exécution de leurs prestations.

    Toute les mesures qui visent à suppléer l’activité économique par de l’emprunt est vouée à ralentir la reprise alors que l’objectif est de la préparer. L’hypocrisie du taux zéro empêche la déduction fiscale du seul avantage de ce véhicule financier alors que la dette est fiscalisée. Cette approche doit changer et des garanties des services de Madame Fontanet doivent assurer les acteurs économiques de la non fiscalisation de ces emprunts.

    Gouverner c’est prévoir et la seule certitude que l’on peut avancer aujourd’hui, ce que le Conseil fédéral ne laissera pas déborder une autre fois.

     

    Antonio Gambuzza